III. — SYPHILIS DES BRONCHES
La syphilis aune prédilection toute particulière pour les bronches. Elle y est certainement plus fréquente que dans toute autre partie de l’arbre respiratoire. La plupart des autopsies de syphilis pulmonaire nous montrent même des gommes échelonnées le long des bronches à partir du hile ; cette localisation est due sans doute à la propagation lymphatique de la syphilis et à la pénétration de celle-ci dans le parenchyme pulmonaire par l’intermédiaire des lymphatiques et ganglions péribronchiques.
Malgré cette fréquence, ce que nous avons dit de la syphilis de la trachée nous permettra d’autant plus d’écourter ce chapitre que, très ordinairement, syphilis trachéale et syphilis bronchique sont associées.
Types morbides. — La syphilis bronchique s’observe à la période secondaire et à la période tertiaire.
Elle revêt des types très différents :
1° Bronchite catarrhale.
2° Gomme bronchique.
3° Syphilis scléro-gommeuse et rétrécissement bronchique.
4° Dilatation bronchique.
5° Sclérose pulmonaire avec dilatation bronchique.
I. Bronchite catarrhale. — La bronchite catarrhale s’observe surtout à la période secondaire, au moment de la roséole ou des éruptions papuleuses diffuses. Elle ne se traduit que par bien peu de symptômes fonctionnels : toux et expectoration muqueuse. Encore, les dits symptômes sont-ils plus en rapport avec la trachéite qu’avec la bronchite. L’auscultation, en plus, révèle des ronchus^et des râles sibilants disséminés.
J’ai été témoin d’un cas de bronchite catarrhale de nature certainement syphilitique au cours de la période tertiaire. On me demandera comment je puis affirmer la nature syphilitique d’un accident semblable. Il me semble qu’il ne peut pas y avoir le moindre doute dans les conditions où il s’est développé. Il s’agissait d’une femme syphilitique depuis plusieurs années qui, au cours d’accidents syphilitiques divers (ulcération de l’aile du nez, syphilides papulo-tuberculeuses du voile du palais, ulcération gommeuse du doigt, etc.), fit un érythème tertiaire circiné généralisé, mais plus particulièrement étendu au tronc et au thorax. Parallèlement à cet érythème, sans refroidissement connu, en dehors de toute épidémie grippale, dans une saison tempérée, cette femme fut prise progressivement de toux et d’expectoration muco-purulente, en même temps que se manifes- Traité de la syphilis. II. — 45