‹ Traité de la syphilisChapitre 198 sur 256 · DILATATION BRONCHIQUE SANS SCLÉROSE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

DILATATION BRONCHIQUE SANS SCLÉROSE PULMONAIRE

où il n’y a que de la sclérose. Il n’y a aucune gomme dans le tissu pulmonaire environnant.

Un certain nombre de gommes bronchiques sont calcifiées; elles renferment à leur centre de petites pierres entourées d’une coque fibreuse, détachables delà paroi en raclant leur surface avec le couteau, et du volume d’une tête d’épingle à un pois. — A l’analyse, «ces concrétions sont formées de carbonate et de phosphate de chaux.

La muqueuse bronchique est irrégulière, déprimée ou ulcérée ; nulle part on ne la trouve normale. Elle est recouverte d’un liquide séro-purulent.

Le parenchyme pulmonaire intermédiaire est parcouru par des tractus fibreux peu épais; nulle part on n’y remarque cependant l’aspect de la pneumonie interstitielle syphilitique.

Les ganglions du hile pulmonaire sont volumineux, non adhérents aux parties voisines; aucun n’a subi l’infiltration calcaire.

Il n’y a pas de lésions de la langue, du larynx, delà trachée, ni de la portion initiale des grosses bronches. Enfin, il n’y a pas de tubercules des sommets.

Confirmant la nature syphilitique des lésions, se présentent en outre, dans cette même autopsie, un foie ficelé des plus nets, accompagné d’un certain degré de dégénérescence amyloïde, avec hypertrophie des ganglions du hile du foie ; — de plus, hypertrophie et induration des ganglions pancréatiques et prévertébraux, périsplénite et sclérose de la rate, sclérose rénale avec plaques fibreuses souscorticales et dégénérescence amyloïde, athérome des artères cérébrales, surtout au niveau du tronc basilaire, etc.

Enfin, l’examen histologique du parenchyme pulmonaire et de la paroi des bronches montrait un épaississement énorme du tissu conjonctif péri-lobulaire et péri-acineux. C’est un tissu adulte, formé de grosses travées, sans accumulation par places de cellules embryonnaires. La paroi des alvéoles est épaissie, mais leur calibre n’est pas oblitéré par des masses épithéliales ; on ne voit que quelques cellules desquamées dont le noyau se colore bien. La pneumonie est donc ainsi très peu prononcée.

La paroi des bronches, par contre, ne laisse plus reconnaître aucun élément normal : fibres musculaires, fibres élastiques, glandes, cartilages ont disparu, pour faire place à un tissu fibreux qui contient des amas considérables de cellules embryonnaires, dont le noyau se colore difficilement. Parfois on rencontre un débris de cartilage épaissi, dont les cellules ont proliféré et dont le tissu interstitiel a perdu sa transparence normale. — L’épithélium bronchique n’existe plus que par rares endroits ; il a perdu ses cils vibratiles. — La muqueuse est transformée en un tissu ■embryonnaire parcouru par des vaisseaux dont la paroi est épaissie.

SYPHILIS DU POUMON

— Le tissu scléreux bronchique s’étend à la périphérie et gagne les alvéoles qu’il étouffe et déforme. »

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