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ÉVOLUTION

C’est donc là, comme le fait remarquer Marfan, une véritable cachexie pulmonaire.

« Dans d’autres cas, il s’agit au contraire d’une cachexie tertiaire que n’expliquent pas les altérations limitées du poumon, mais qui est due soit aux lésions scléro-gommeuses d’autres viscères, soit à l’artériosclérose, soit à la dégénérescence amyloïde ; le malade maigrit, prend un teint jaunâtre, devient albuminurique, présente des eedèmes, de la diarrhée, et succombe à cette cachexie » (Marfan).

Les signes physiques sont les suivants :

L 'inspection de la poitrine ne dénote presque jamais la déformation caractéristique du thorax des phtisiques, caractère négatif qui a son importance. La syphilis pousse en effet sur tous les terrains, sur les forts comme sur les faibles ; elle n’a pas l’action déphosphatisante de la tuberculose et ne compromet pas à distance la solidité de la charpente osseuse. Elle ne choisit pas, pour son développement, les individus à thorax étroit, déjà déformés, rétrécis et excavés. De là l’intégrité de la cage vertébro-costale.

Ainsi, dans l’observation indiscutable de Cube, on lit, à propos d’un malade à qui l’on avait prescrit une cure climatérique à Menton, tant son état paraissait sérieux : « thorax large et bien conformé ».

D’après Güntz, cité par Jacquin, la température locale reste normale au niveau des cavernes syphilitiques, tandis que, chez les tuberculeux, cette température locale est élevée.

Les signes physiques s’observent dans une région d’élection, à savoir la partie moyenne du poumon, surtout à droite. — Leur maximum se perçoit généralement eii arrière, au niveau de l’épine de l’omoplate, ou en avant, au niveau des troisième et quatrième côtes.

A la percussion , on trouve dans cette région une matité plus ou moins étendue. — Si la caverne est grande, il peut y avoir sonorité exagérée, et même bruit de pot fêlé.

Les vibrations thoraciques sont augmentées à la palpation.

A l'auscultation, apparaissent les signes cavitaires : souffle caverneux ou amphorique, râles bulleux, gargouillements, pectorioquie, etc.

Évolution. — L’évolution de la syphilis pulmonaire est essentiellement lente dans la forme que nous venons de décrire et qui est la forme ordinaire, celle dont la nature peut être affirmée. Il existe, en •effet, des formes à marche aiguë, dont nous donnerons plus loin des •exemples. — La forme que nous venons d’étudier peut durer des mois, des années même.

Elle peut aussi, à la manière des syphilides cutanées, régresser spontanément, surtout après évacuation des gommes dans les bronches (observation de Cube), mais alors elle récidive avec facilité.

SYPHILIS DU POUMON. — VARIÉTÉS

En l’absence de traitement antisyphilitique, la maladie évolue fatalement vers la mort, par suite ordinairement du progrès des lésions pulmonaires ou de la cachexie. Quelquefois encore, comme dans l’observation de Gouguenheim, la syphilis ouvre la porte à la tuberculose, et le sujet meurt d’infiltration tuberculeuse.

La syphilis, en pleine activité chez le malade, peut d’ailleurs aboutir à une terminaison mortelle par le fait d’une localisation viscérale grave, comme dans l’observation de Thiron où le patient, un étudiant en droit de vingt-sept ans, mourut d’hémorrhagie cérébrale.

Lorsqu’on a le bonheur de faire le diagnostic de la syphilis pulmonaire, on peut tout espérer du traitement. Les cas les plus graves peuvent guérir au delà de tout espoir, et on obtient des guérisons réellement miraculeuses. L’observation de M. Fournier, celle de MM. Gaucher et Dubousquet-Laborderie sont réellement extraordinaires à ce point de vue. « Lorsque la malade entra à Lourcine, dit M. Fournier, je ne croyais guère et personne n’aurait cru quelle dût en sortir autrement que parla porte de l’amphithéâtre. Elle en sortit par la grande porte et elle en est sortie triplement guérie et de sa lésion du pied, et de sa lésion du poumon, et de sa cachexie. » '< Cette enfant, disent MM. Gaucher et Dubousquet, est dans un état d’émaciation et de faiblesse voisin de la cachexie; elle tousse continuellement ; elle ne mange plus ; la température axillaire est de 39° ; le pouls à 140. L’état général, en un mot, est celui d’une phtisique arrivée à la dernière période. L’examen physique de la poitrine donne les résultats suivants : à la percussion, matité au sommet droit, en avant et en arrière ; de ce côté, souffle caverneux et gargouillement dans la fosse sus-épineuse ; gros râles sous-crépitants disséminés en avant et en arrière, dans toute la hauteur et des deux côtés de la poitrine. » Or, malgré tous ces symptômes graves, malgré l’étendue des lésions, cette jeune malade guérit en moins de deux mois, et cela d’une manière définitive.

Cela nous prouve que, comme l’a dit Ricord, avec la vérole, il n’est jamais rien d’absolument désespéré et que « tout est possible avec elle comme guérison, même l’impossible quelquefois ».

Variétés. — La syphilis pulmonaire présente plusieurs variétés. Le professeur Fournier en distingue trois :

1° Des cas latents;

2° Des cas à signes physiques et fonctionnels marqués, mais sans troubles de l’état général ; c’est la phtisie syphilitique « floride » ;

3° Des cas à troubles généraux graves associés aux lésions pulmonaires; c’est la phtisie syphilitique vraie.

Le professeur Dieulafoy, dans ses cliniques, amis en évidence deux formes aiguës : la première simulait la broncho-pneumonie tuberculeuse, et la seconde simulant la gangrène pulmonaire.

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