‹ Traité de la syphilisChapitre 43 sur 256 · VARIÉTÉS DE NOMBRE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS DE NOMBRE

multiples par dissémination, par éparpillement sur divers points du corps. — Exemples :

/ 3 à la région cervicale ;

\ 1 à la région sternale;

Cas de 7 gommes ainsi distribuées : /

) 2 sur 1 un des avant-bras ;

[ 1 à la jambe.

/ 2 aux bras (symétriquement) ;

^ 2 aux cuisses (symétriquement) ;

Cas de 8 gommes ainsi distribuées : 1 au cou ;

/ J à la jambe ;

2 au sein droit.

/ 4 à la tête ;

^ 3 aux jambes ;

Cas de 11 gommes ainsi distribuées: 2 aux avant-bras ;

I 1 sur l’épine de l’omoplate ;

1 à la main.

Eh bien, ici se présente une remarque digne d’intérêt, sur laquelle j’appelle le contrôle de mes confrères.

Il m’a semblé résulter de mon observation personnelle ce fait important, à savoir :

Oue la multiplicité gommeuse par groupement sur une région (gommes dites en bouquet ) ne comporte pas de signification pronostique mauvaise ;

Tandis que la multiplicité gommeuse par dissémination, éparpillement, coïncide presque toujours avec des syphilis sérieuses ou graves.

Inutile d’ajouter que je n’ai pas la raison de ce fait, si tant est d’ailleurs qu’il soit authentique, ce dont jugera une plus ample observation.

— Autre point de détail assez curieux. Il n’est pas rare que des gommes multiples par dissémination soient situées d’une façon tout à fait symétrique. Ainsi l’on a observé et relaté des cas de gommes localisées d’une façon presque rigoureusement symétrique, par exemple sur les mollets, sur les fesses, sur les régions épitrochléennes, etc. — Ce fait est-il explicable, comme l’a avancé M. Hallopeau, par une sorte de trouble sympathique de l’innervation trophique? Question à l’étude.

— Ce n’est pas tout, mais avec ce qui va suivre nous entrons dans le domaine des exceptions.

Les gommes sous-cutanées peuvent être bien autrement multiples que je viens de le dire. On en a compté, en quelques cas, jusqu’à 20, 27, 30, 35 et au delà sur le même malade. Cazenave a relaté le cas d’un malade dont les bras et les épaules étaient criblés de tumeurs gommeuses. « 11 yen avait certainement, dit-il, plus de 50... Les deux bras offraient un aspect des plus étranges; ils étaient tout bosselés et

GOMMES SOUS-CUTANÉES. VARIETES

présentaient une coloration cuivreuse bien manifeste ; quelques-unes même de ces tumeurs étaient creusées d’ulcères caractéristiques ». — Pour ma part, j’ai vu un malade (à la vérité tout à la fois scrofuleux, paludique et alcoolique) présenter à un moment donné une soixantaine de gommes sous-cutanées au cours d’une syphilis maligne.

Enfin, nous entrons dans l’extraordinaire avec le cas suivant, unique à ma connaissance. Lisfranc a raconté, dans le Bultelin de thérapeutique de 1845 (t. XXIX, p. 558) l’histoire d’un malade qui fut affecté de 160 tumeurs gommeuses. Et ces tumeurs étaient détaillé, car « les moins volumineuses avaient le volume d’une petite noix et la plus développée celui d’une petite poire. » On administra l’iodure de potassium. Après huit mois de ce traitement, il ne restait plus que 40 de ces tumeurs, les 120 autres ayant guéri par résolution.

Il est bon de connaître la possibilité de tels faits, mais il faut ne les prendre que pour ce qu’ils sont, à savoir des curiosités, des exceptions des plus rares.

III. — Variétés de volume. — Bien autrement importantes au point de vue pratique, et pour cause, comme on en va juger.

Comme moyenne usuelle, la tumeur gommeuse présente un volume variable entre celui d’une datte, d’une châtaigne et celui d’une noix, d’un petit œuf. Quelquefois encore elle atteint celui d’un œuf de dinde, et c’est déjà peu commun. Mais elle peut dépasser ces proportions et de beaucoup. Pour abréger, je vais citer immédiatement quelques cas extrêmes.

MM. Charrier et Renon ont relaté dans les Annales de dermatologie (1896) le cas d’une « gomme géante » du mollet, qui avait accru de 8 centimètres la circonférence de la jambe.

J’ai relaté devant la Société des hôpitaux l’histoire d’un malade qui présentait à la cuisse une gomme au moins grosse comme la moitié d’une tête de fœtus. Elle mesurait 8 à 10 centimètres comme diamètre horizontal et 14 centimètres comme diamètre vertical, avec une épaisseur variable suivant les points entre 2 et 6 centimètres.

Le DrMendeville a observé au Val-de-Grâce une tumeur gommeuse plus considérable encore. Celle-ci siégeait à la tête. Elle descendait de l’orbite au cou, qui était envahi dans une hauteur de 5 à 6 centimètres; d’autre part, horizontalement, elle s’étendait du nez à l’occiput. Donc, toute la moitié inférieure de la face, une partie du cou, et toute la moitié inférieure du crâne se trouvaient envahies et recouvertes par cette énorme production gommeuse.

Dans un cas relaté par le D1' de Amicis, une gomme monstrueuse occupait une large portion du dos, en s’étendant du rachis jusqu’à la ligne axillaire sur une hauteur de 21 centimètres, et avec dix centimètres d’épaisseur !

Pour être extraordinairement rares, les cas de ce genre n’en sont

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