‹ Traité de la syphilisChapitre 53 sur 256 · DEUX GRANDS TYPES · texte numérisé non relu

DEUX GRANDS TYPES

5° Enfin, une dernière modalité des plus curieuses et des plus intéressantes au point de vue séméiologique est celle que j’ai décrite sous le nom de groupement en arceaux conjugués. Elle consiste en ceci : une série d’arcades éruptives se réunissant par leurs extrémités, c’est-à-dire conjuguées bout à bout. — Ce dispositif est presque spécial à la syphilis et à une forme particulière du psoriasis dite psoriasis gyrata. — On en trouvera un très beau spécimen au Musée de l’hôpital Saint-Louis sur la pièce portant le n° 195.

Ces divers détails de topographie éruptive pourront, au premier abord, paraître minutieux, méticuleux. Qu’on se garde de les considérer comme tels. Car, d’une part, ce sont eux qui frappent l’observateur au premier coup d’œil, en conférant à l’ensemble éruptif un aspect spécial, une physionomie particulière; et, d’autre part, ils ne sont pas sans constituer pour le diagnostic différentiel des signes de haute valeur. Bien souvent même, comme nous le verrons par ce qui va suivre, ils composent pour les syphilides tertiaires ce qu’il n’est pas d’exagération à qualifier d 'objectivité révélatrice.

Division. — Bien que très variées de formes objectives, les syphilides tertiaires n’en sont pas moins réductibles à deux types, qu’on peut qualifier des dénominations suivantes:

SYPHILIDES TUBERCULEUSES;

Et SYPHILIDES TUBERCULO-ULCÉREUSES.

Les premières sont encore dites : Syphilides tuberculeuses sèches, et les secondes syphilides gommeuses, syphilides gommeuses ulcératives, etc.

Ces deux types, au surplus, sont extrêmement voisins l’un de l’autre et très souvent associés, combinés en clinique. Ce sont des types frères, a-t-on dit très justement.

Et, en effet, ils procèdent l’un et l’autre initialement de lésions identiques, qui divergent seulement plus tard comme évolution terminale.

Originairement, ils sont constitués par une prolifération surabondante de jeunes cellules qui infiltrent l’épaisseur du derme, en dissocient les fibres et en affectent également les vaisseaux.

Mais, ultérieurement, cet exsudât bifurque en deux directions. Ainsi :

Tantôt il reste ce qu’il est, tout en se condensant d une façon progressive, pour aboutir à une véritable sclérose du derme dont il étouffe et détruit les parties nobles; puis il se résorbe en atrophiant les tissus ( sclérose cutanée). D’où, comme terme ultime, cicatrice atrophique de la peau.

Et tantôt, au contraire, il s’altère sur place, subit une dégénérescence granuleuse de ses éléments, se nécrobiose et forme un bourbillon cutané interstitiel, lequel, en sa qualité de tissu mort, est éliminé par suppuration et ulcération.

SYPHILIDES TERTIAIRES.

De ces deux processus, le premier constitue la syphilide tuberculeuse sèche, et le second la syphilide tuberculo-ulcéreuse, véritable gomme cutanée, gomme interstitielle du derme.

Telles sont les deux lésions que nous avons maintenant à étudier quant à leurs caractères cliniques.

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