‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 144 sur 204 · PARTIE IV. MÉDECINE LÉGALE · texte numérisé non relu

PARTIE IV. MÉDECINE LÉGALE

commencé sur lui avant le quinzième jour de sa naissance, est un précieux indice pour remonter à la source du mal. D'abord, il innocente les parents, en écartant et l'infection congéniale cmi ne se traduit jamais par de telles lésions, et l'infection héréditaire dont les effets auraient été plus hâtifs. Il ne faut pas néanmoins se presser d'incriminer par cela seul la nourrice ; car d'autres personnes peuvent avoir propagé le germe contagieux : mais c'est déjà beaucoup pour l'expert que de n'avoir plus à diriger ses recherches du côté des parents.

§ 9. — Désintéressement.

Une raison, très-puissante pour les gens du monde, se formule par eux dans ces termes : celui qui se plaint est toujours celui qui a droit. En effet, dit-on, irait-il étaler en public une maladie honteuse, s'il n'y avait pas chez lui la certitude d'un tort indûment souffert et dont il est juste qu'il soit indemnisé ? Cette réflexion a une certaine force ; mais elle serait plus légitimement applicable aux familles des enfants qu'aux nourrices. En effet les parents du nourrisson attachent ordinairement plus de prix au secret et moins d'importance à une réparation pécuniaire. La nourrice se trouve placée dans des conditions tout opposées. Elle craint peu de divulguer sa maladie, qu'elle appelle un malheur ; et elle a, en général, beaucoup à attendre de gens mieux partagés qu'elle sous le l'apport de la fortune. — Je ne veux pas dire

par là que toute nourrice cherche à exploiter. Mais il est vrai, cependant, que c'est plutôt de son côté que le médecin-rapporteur aura à se tenir en garde contre les accusations mensongères. En thèse générale, la cupidité peut faire à autant de nourrices simuler la vérole, qu'à des parents la peur du scandale la faire dissimuler.

Il arrive néanmoins parfois qu'une nourrice infectée ne s'est point portée plaignante, et qu'on n'est appelé à l'examiner que par suite de l'action intentée contre elle. Dans ce cas spécial, elle est entièrement au-dessus du soupçon que je viens d'exprimer ; et elle a droit d'être crue dans toutes celles de ses affirmations qui portent sur des faits antérieurs, sur des faits dont elle seule peut avoir connaissance.

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