‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 148 sur 204 · THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE

Si les ressources de l'art n'avaient d'influence que sur les faits accomplis, la mission du médecin serait aussi restreinte que son pouvoir ; il aurait répondu à tout ce qu'on attend de lui quand il serait parvenu à administrer les remèdes spécifiques à l'époque, par la voie, sous la forme, à la dosent pendant la période de temps les plus convenables. Beaucoup d'auteurs, dans l'espèce, envisagent ainsi le rôle du praticien : ils se bornent à discuter l'indication de tel ou tel médicament, la prééminence du traitement direct sur l'indirect, à donner quelques formules usuelles pour l'appropriation de la médication à l'âge spécial ...., et tout est dit. J'en pourrais citer, et des plus récents, qui croient avoir épuisé la matière en dix lignes et demie de texte !

Les questions nombreuses qui se trouvent agitées dans les premières parties de ce travail doivent avoir déjà donné au lecteur un pressentiment de la manière bien différente dont je considère la thérapeutique. Car il n'est pas une de ces questions qui n'intéresse l'hon-

neur et la santé des familles; il n'en est pas une qui n'exige du médecin une solution catégorique ; il n'en est pas une enfin qui ne puisse l'exposer à des tiraillements, des sollicitations, des supercheries, des discussions ou récriminations pénibles. Or, comment portera-t-il cette responsabilité qui pèse sur lui sous tant de formes, s'il ne s'est pas fait d'avance par l'étude approfondie de chaque cas, une réponse positive pour chacune des demandes que sa conscience, que les parents, que les tribunaux lui adressent avec le légitime désir de s'éclairer sur les suites possibles de tel antécédent vénérien ou d'en guérir les fâcheuses conséquences réalisées? Pour être à la hauteur de sa situation, pour pouvoir prononcer des arrêts qui demeurent sans appel ou du moins sans motifs valables de cassation, pour opérer tout le bien que les progrès de la science comportent, il ne lui suffit pas de savoir manier le mercure ou l'iode, il doit aussi, il doit surtout connaître les moyens propres à dispenser de la nécessité d'y recourir.

Je divise donc cette partie en deux sections également importantes : Traitement préventif et traitement curalif.

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