‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 151 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

thérapeutiques soient obscurs, il faut recommencer sans hésiter l'administration des antisyphilitiques. L'expérience prouve que, malgré la latence la plus prolongée du virus, malgré l'absence d'accidents constitutionnels depuis 4, 6, 10 ans, un individu peut procréer des enfants syphilitiques. Le fœtus, nouvel organe en quelque sorte, semble appeler plus particulièrement sur lui les jetées diathésiques pour lesquelles la force de réceptivité des autres parties de l'économie s'était peu à peu épuisée : et je ne fais qu'exprimer la stricte conséquence des observations colligées ci-dessus en formulant un pronostic sinistre sur la progéniture de ceux qui se trouvent dans une pareille situation. Les femmes paraissent exercer sous ce rapport une influence plus prononcée sur l'enfant ; ce qui ne doit pas étonner puisqu'elles lui fournissent l'ovule pour le former, à l'instant de la conception, puis le sang pour le nourrir, durant la gestation tout entière. Le traitement à employer variera nécessairement selon la période où l'avis du médecin sera requis ; c'est là la considération dominante. Le mercure convient lorsque le malade vient d'avoir un chancre induré, lorsqu'il présente des accidents secondaires. L'iodure de potassium reprend ses droits dès qu'il s'agit de phénomènes- tertiaires. Et cependant je ne sais si l'expérience étouffe en moi les suggestions de l'analogie, je ne sais si le souvenir des cas nombreux où le mercure donné seul a corrigé la viciation prolifique d'une famille, agit involontairement sur mon es-

prit, mais je serais infiniment moins porté ici que pour la médecine curative des adultes, à ordonner exclusivement les préparations d'iode. Tant de fois, dans les observations précédentes, on voit une femme, jusque-là condamnée à avorter ou à infecter ses enfants, avoir ensuite une progéniture saine à partir du moment où elle prit du mercure, que j'inclinerais fortement à l'associer toujours aux iodurés, dans des circonstances semblables. Peut-être est-il vrai de dire que l'aptitude à engendrer des enfants véroles doit figurer plutôt parmi les perturbations secondaires que parmi les tertiaires ! . . . En attendant que la théorie prononce sur cette hypothèse, la pratique ne démentant point les corollaires qu'on en peut tirer par rapport au choix du médicament, je crois prudent de la considérer comme fondée , ou du moins de se conduire comme si elle l'était.

Ainsi donc dans les cas bien spécifiés dont il est question, un traitement d'environ trois mois par le mercure ou par le mercure associé à l'iode (') est nécessaire pour donner aux futurs conjoints toute la sécurité possible sur la santé de leurs descendants.

Mais un cas plus délicat se présente et exige aussi une réponse. L'art arrête toutes les manifestations se-

(') Lorsque cette association me semble indiquée, je prescris toujours le mercure et l'iodure de potassium par doses alternées: soit une prise deliqueur de Van-Swieten le malin à jeun, puis une prise d'iodure quelques heures après le déjeuner; en réitérant cette double médication successive dans la soirée. 11 faut toujours laisser passer deux heures au moins entre l'ingestion du mercure

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