PARTIE Y. THÉRAPEUTIQUE
condaires ou tertiaires; mais a-t-il le pouvoir de détruire la diathèse?... En fait, les récidives de la syphilis constitutionnelle sont nombreuses. Malgré le traitement le plus long, le plus exactement suivi, le mieux approprié à la nature des symptômes, on n'est jamais parfaitement sûr qu'ils ne reviendront pas. On n'a par conséquent jamais la certitude positive que le germe de la vérole est entièrement éteint, qu'il ne révélera point sa persistance par la naissance d'un enfant contaminé.
Cela étant — (et tous les praticiens de bonne foi, M. Ricord en tête, moi le plus humble, mais non le moins hautement, avouent aujourd'hui l'impossibilité de prévenir absolument ces récidives) — cela étant, on peut, sans affecter un scrupule exagéré, se demander : « Un homme qui a eu soit des symptômes de syphilis « constitutionnelle, soit seulement un chancre, est-il « jamais, quelques traitements qu'il ait subis, en état de « se marier sans danger pour ses enfants à venir? »
En mon âme et conscience, si j'étais sommé de répondre par oui ou par non, j'avoue que je n'oserais opter pour le premier sans craindre de trahir la vérité. Et cependant si l'on s'en tient à cette mesure rigoureuse, qui pourra y échapper, quis sustinebit (*)?
et celle de l'iode. Quelque gênant que puisse être ce mode d'administration, je l'ai constamment trouvé plus efficace que l'usage exclusif des médicaments où le mercure et l'iudure de potassium sont réunis.
(') Pendant que je rédigeais cette partie, j'ai eu un exemple frap-
Mettre un veto absolu sur l'union de tous ceux qui ont eu des antécédents de ce genre, ne serait-ce pas, au sein des excès de notre civilisation actuelle, travailler de bonne foi au très-procbain dépeuplement de la terre? Consulté à cet égard, le médecin devra donc établir des catégories. Ainsi :
Si l'individu n'a eu que des blennorrhagies et des chancres ; si les chancres étaient simples ; s'ils datent de plus de huit mois.... mariable.
Si le chancre est moins ancien... mariable après le laps de temps nécessaire pour parfaire ce délai total.
Si le chancre était induré... mariable, mais après un traitement mercuriel de 3 à 4 mois, pourvu qu'aucun symptôme général ne se déclare, et pourvu
pant des difficultés du rôle que le médecin a souvent à jouer dans de pareils cas.
Un jeune homme que j'avais traité et guéri, il y a deux ans, de ehancres'simplesavee bubon suppuré, voulant se marier, son beaupère futur vint chez moi aux renseignements. Comme il me pressait, m'adjurait sur l'honneur de lui déclarer si ses petits-fils ne risquaient rien, comme je voyais d'ailleurs en lui un homme instruit, sérieux, à-même, pensais-je, de tenir compte des molif's de mes réserves, je lui expliquai dans quelles limites la science permet de donner en cas semblable une garantie de santé. A peine eut-il appris qu'il n'y a pas en telle matière de sécurité absolue, il leva la séance ; et je sus depuis que le mariage en était resté à l'état d'avant-projet. Eus-je tout à fait raison de dévoiler à ce rude douleur les scrupules extrêmes dont l'expérience nous fait un devoir? Un langage plus en rapport avec les probabilités réelles ne serait-il pas licite en pareille circonstance? Les anciens médecins n'avaient-ils pas raison en fait, sinon en droit, de promettre, dans ces cas, une guérison radicale après deux ou trois mois de traitement mercuriel?... J'expose : à chacun de décider suivant ses lumières et sa conscience!