‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 167 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

solution de continuité, le mamelon peut bien s'affecter de chancres ou de tubercules muqueux, puisque d'après la remarque de M. Egan lui-même, les gardiennes de l'enfant, les drifnurses, reçoivent quelquefois de lui la maladie par l'effet de simples contacts. Mais enfin, c'est déjà beaucoup, dans une transmission qui compte tant de modes de production, de pouvoir annihiler celui qui est à la fois le plus usuel et le plus actif.

Il est d'autres moyens de diminuer encore les chances de contagion pour la nourrice. La tétine artificielle réalise sous ce rapport d'assez précieuses conditions prophylactiques. — Une femme, citée par V. Cl.Guérard ('), put allaiter sans accident un enfant syphilitique, en s'astreignant à enduire son mamelon d'un corps gras avant de le donner à téter, puis à le lotionner ensuite avec une solution de chlorure de chaux. Dans le même but, M. Lallemand recommande ( 2 ) de laver le bout du sein, dès qu'il sort des lèvres d'un nourrisson suspect, avec une solution de sublimé, puis avec du lait pour enlever la saveur mercurielle qui pourrait causer ensuite de la répugnance à l'enfant. Ce conseil, basé, ce semble, sur la propriété supposée au mercure de neutraliser sur place le virus, me paraît moins bon à suivre que l'autre.

Ce n'est point par le fait seul de l'allaitement que les nourrices sont exposées à l'infection. Tout contact

(') Journ. de Siébold, 1. c.

( ! ) Journ. umv., t. XXVH.

avec l'enfant malade la leur peut donner. J'en tire la conséquence (et elle me paraît incontestable, après les faits rapportés dans la troisième partie), que, indépendamment de la nourrice, toutes les personnes qui ont avec un nouveau-né syphilitique des rapports habituels peuvent contracter par ce fait la maladie vénérienne. Les précautions prophylactiques exposées ci-dessus leur sont donc parfaitement applicables.

Enfin la nourrice, une fois infectée, peut devenir l'agent d'une contagion souvent multiple, à son mari, à ses propres enfants. Il faut donc que le médecin l'avertisse, ainsi qu'eux-mêmes, du danger qu'il y aurait dans des relations imprudentes entre eux, tant que la maladie persiste chez elle.

Page 1