‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 184 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

lorsqu'on veut instituer le traitement indirect. Qu'elle sente l'action des remèdes sans en être incommodée, c'est le seul but que l'on doive se proposer; et, pour l'atteindre, il n'y a qu'à consulter les auteurs spéciaux qui ont tracé les règles de la thérapeutique antisyphilitique dans la maladie des adultes.

Le traitement direct, le seul dont nous ayons à nous occuper, comprend deux classes bien distinctes d'agents : ceux de la médication interne, ceux de la médication externe.

A. — Médication interne. — La seule forme sous laquelle on puisse faire prendre aux enfants les remèdes consiste à les dissoudre ou à les suspendre dans un liquide, ou à les délayer dans un excipient mou et de saveur agréable, tel que le miel et les gelées. Le lait, l'eau sucrée, un peu plus tard le bouillon conviennent parfaitement comme véhicules des médicaments liquides ou solubles. Dans ces cas, Doublet et Bertin employaient habituellement une cuillerée du mélange suivant :

Gomme arabique 12 grammes.

Sucre 10 gr.

Faites dissoudre dans eau bouillante : 375 gr.

Quant aux substances pulvérulentes ou insolubles dans l'eau, il est plus simple de les donner dans une cuillerée de potage ou de panade. Le calomel, si l'on juge utile d'y avoir recours, sera très-utilement mélangé avec du sucre en poudre.

Les enfants de cet âge ne peuvent avaler de pilules. Je n'aurais pas même pris la peine d'en faire la remarque, si je ne les voyais conseillées par un des auteurs qui ont cependant traité le plus pratiquement la question, par Lamauve.

Les sirops sont encore un excellent véhicule, surtout pour les enfants de quelques mois. Ils ingèrent très-aisément l'iodure de potassium dans du sirop d'écorce d'orange ou de menthe poivrée. — La méthode de M. Henriette pour faire avaler les médicaments introduits par les narines rendra souvent, dans cette circonstance, de grands services.

Quant à l'espèce de préparation à laquelle il convient de donner la préférence, je dois dire qu'il importe moins d'en avoir un grand nombre à sa disposition que de savoir choisir la meilleure. Je m'attache fort peu à les varier, à les remplacer l'une par l'autre ; mais je tiens beaucoup à en surveiller la pureté chimique et la soigneuse manipulation officinale. Une bonne recette suffit; et, c'est bien inutilement que nous ferions figurer dans ces pages le fastidieux catalogue de toutes les formules que la spéculation a imaginées et propagées pour cette médecine spéciale.

Il est d'abord certains remèdes qui doivent être écartés, du moins comme méthode générale de traitement. Ainsi le calomel qui purge et ne s'absorbe pas. le protoiodure, si difficile à administrer et qui porte plus que tout autre à la salivation, doivent être réservés pour les cas exceptionnels , savoir : le calomel,

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