PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE
mercure plutôt qu'en ordonnant le premier seul, qu'il conviendra de chercher à en tirer parti. Cette conduite est de rigueur dans l'intérêt du malade ; et, disons-le, elle se trouve heureusement conforme à ce que la raison fait pressentir; car les symptômes graves et profonds du nouveau-né ressemblent beaucoup moins aux accidents tertiaires de l'adulte qu'à ceux qu'on appelle de transition. Or (il n'est plus aujourd'hui un praticien qui l'ignore), le remède le plus efficace contre ces derniers n'est pas l'iode seul, mais bien l'iode et le mercure donnés simultanément. En essayant ces deux agents de concert contre les altérations sérieuses de la syphilis congéniale, on satisferait donc aux suggestions les plus légitimes de l'analogie expérimentale en même temps qu'aux règles de la prudence la plus scrupuleuse.
Avoir fixé les limites et les vertus de l'iodure de potassium dans le cas spécial qui nous occupe, c'est implicitement avoir déterminé celles du mercure ; car telle est la spécificité d'attribution de ces deux médicaments que l'action curativedel'un commence précisément où celle de l'autre finit, et que l'impuissance avérée du premier, contre un symptôme, est la meilleure garantie du pouvoir que le second possédera pour le combattre. Cette appropriation à des cas distincts, précieuse ressource pour le praticien, est une simplification non moins avantageuse pour l'auteur syphilographe qui y trouve le moyen d'abréger sa tâche sans la laisser incomplète, puisque l'indication
du mercure (sauf la réserve spécifiée ci-dessus sur leur adjonction) existe partout où celle de l'iode manque.
C'est dire que le mercure formera, en syphilis congéniale, la base ordinaire et essentielle des prescriptions du médecin. Une réflexion bien simple montre à quel point il convient contre les symptômes des nouveau-nés : c'est que leur traitement n'a rien acquis en sûreté ni en promptitude depuis la découverte de l'iodure de potassium. Les anciens n'administraient que le mercure; ils les guérissaient tout aussi bien que nous. Il est donc permis de tenter quelque chose en même temps que le mercure, en sus de lui; mais rien ne nous autoriserait à l'abandonner, à lui substituer un remède différent. C'est toujours dans ses préparations qu'il faut chercher le spécifique des accidents congéniaux sous quelque forme qu'ils se manifestent.
Si, cependant, l'enfant ne tenait pas la vérole de ses parents; s'il l'avait contractée par cause accidentelle, par suite d'un chancre primitif; si la maladie, après avoir parcouru sa phase secondaire, en était arrivée aux phénomènes tertiaires, l'identité parfaite de cause et d'effet entre cette affection et celle des adultes indiquerait impérieusement les iodurés, à l'exclusion des mercuriaux.
i 5. — Sous quelle forme pharmaceutique doit on administrer le médicament antisjphililique ?
11 ne peut être question ici des préceptes à suivre dans l'administration des médicaments à la nourrice