PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE
répétés, ils laisseraient fort souvent encore marcher la maladie et progresser les désordres qu'on a tant d'intérêt à arrêter de bonne heure. Bien au contraire, administrés de temps en temps, tous les trois ou quatre jours par exemple, durant le traitement endermique. ils concourent d'abord à assurer l'effet curatif des frictions; et, plus directement, à accélérer la guérison grâce à la quantité de mercure que toute la surface de la peau absorbe pendant l'immersion Le biclilorure de mercure est la préparation qu'on emploie presque exclusivement pour ces bains.
Je ne parlerai point ici des lotions, onctions, applications d'emplâtres, fumigations. Malgré l'influence qu'ils exercent sur la maladie générale, ces divers moyens sont ordinairement considérés comme faisant partie du traitement local. Je renvoie donc au chapitre consacré à ce traitement ce que j'ai à en dire.
| G. A quelle dose el selon quelle progression convient-il de donner le médicament?
Cette questionest une des plus importantes, celle de toutes peut-être qui appelle le plus instamment une réforme radicale. Je tiens à le dire bien haut : Tous les préceptes en vigueur à cet égard sont dictés par la prudence, aucun par la juste entente des nécessités thérapeutiques réelles. Il n'est pas d'auteur qui n'indique la dose à respecter; bien peu tiennent compte de celle qu'il faut atteindre. Certes, la délicatesse de l'enfant, la susceptibilité de ses organes digestifs, expliquent de
telles appréhensions ; mais elles ne doivent pas m'empêcher d'en signaler l'excès. La pratique générale sur ce point pèche, il faut le reconnaître, par trop de timidité. On se retranche derrière la crainte des irritations gastro-intestinales, sous la circonspection dont l'expérience fait, dit-on, un devoir, et l'on oublie l'effrayante et rapide férocité de la maladie. Aussi qu'arrive-t-il? Pour ne pas nuire, le médecin manque l'occasion de servir; et, trop souvent, de peur d'irriter son malade, il l'a laissé périr.
Je n'aurais qu'à prendre au hasard pour justifier ces remarques. La dose initiale recommandée dans la plupart des ouvrages est tellement faible qu'elle en devient presque insignifiante. Bertin la fixe à un douzième ou à un vingt-quatrième de grain de sublimé par jour. Lamauve, un peu plus hardi, recommande cependant de n'en jamais donner plus d'un sixième de grain dans la journée. M. Berlherand ne commence que par le douzième de grain. M. Cullerier ordonne d'abord le seizième de grain ; il est vrai qu'il va ensuite jusqu'au quart et qu'il administre concurremment des bains mercuriels. Mais de tous le plus méticuleux est M.. Baumes qui prescrit d'abord un 20 me ou même un 30 mc de grain, pour arriver ensuite progressivement à un 8 me ou à un quart, mais seulement s'il s'agit d'un enfant sevré.
Quelques auteurs toutefois n'ont pas craint d'adopter une pratique plus décidée. M. Bassereau, dans son chapitre sur les syphilides des nouveau-nés, dit: «que