‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 187 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

les doses moyennes qu'on donne aux adultes doivent alors être réduites au quart ou au tiers. » Je vois aussi que M. Landmann a guéri un nourrisson très-gravement affecté, en lui administrant quotidiennementjusqu'à 4 centigrammes de mercure soluble de Hahnemann, outre des lotions avec la solution de deulochlorure (*). — J'appuie de toutes mes forces cette réaction salutaire. Au point de vue thérapeutique, la syphilis infantile, pour moi, comprend deux espèces : l'une qui ne consiste qu'en lésions extérieures et n'affecte pas sensiblement la constitution ; l'autre qui occasionne undépérissementgénéral, rapidement mortel si le mal est abandonné à lui-même. Or, s'il est permis de temporiser avec la première, de chercher alors les remèdes les moins irritants, de sacrifier quelque peu au jucundè, il n'en est plus ainsi dans la seconde. Quand les forces vitales étaient compromises dès la vie intra-utérine ; quand les viscères essentiels sont vraisemblablement lésés ; quand la naissance elle-même suscite de nouveaux dangers en retranchant au fœtus l'élément de nutrition qu'il prenait de sa mère et en multipliant les causes extérieures provocatrices des manifestations diathésiques.... alors tout délai est fatal, tout ménagement peut devenir meurtrier. A mes yeux, marchander les doses quand la mort est là et qu'on a le spécifique sous la main, est une aberration qu'on s'étonnera quelque jour d'avoir vue conserver son em-

(') ,lnn. méd. de la Flandre occidentale, 1852, p. 408.

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pire jusqu'à notre époque. Et, pour le dire en deux mots, puisqu'on sait guérir, puisqu'on guérit presque toujours les adultes, je me demande pourquoi, même traités à temps, on laisse si souvent succomber les nouveau-nés.

Je n'oublie pas cependant que la dose curative n'est pas celle qu'on avale, mais celle qui s'absorbe. Sans doute, pris à quantité susceptible d'irriter, les remèdes antisyphilitiques cessent par cela même d'agir sur la maladie. Mais il y a ici une distinction capitale à rappeler. Les accidents principaux que le mercure produit sont de deux sortes : l'inflammation du tube digestif et le ptyalisme. Or chacun a sa signification particulière. Le premier peut arriver bien avant que la dose nécessaire pour guérir ait été atteinte. Le second, au contraire, ne survient guère que si l'on touche à cette dose. L'un est donc un danger sans compensation aucune : l'autre porte avec lui son enseignement ; car il montre que l'action mercurielle gagne la limite où elle va devenir suffisante, passé laquelle elle pourrait nuire. De là une double conséquence : évitez l'irritation gastro-intestinale ; évitez-la toujours, autant que possible, même de loin. Mais attendez au contraire qu'un certain degré d'agacement des gencives, d'odeur mercurielle à la bouche se manifeste. Lorsqu'il y a danger de mort, comme dans la syphilis congéniale, ce précieux critérium peut seul indiquer à quel point il convient de porter l'administration du remède. Il faut donc aller jusque-là; car, au-dessous, on risquerait de

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