‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 194 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

5° Enfin, siégeant sur des parties où les soins de propreté sont très-difficiles à renouveler, quelquesunes de ces lésions produisent, par l'absorption des gaz ou des liquides de décomposition qu'elles engendrent, un véritable empoisonnement miasmatique du jeune sujet. — Telles sont la suppuration si fétide du coryza syphilitique, les altérations sécrétantes du pourtour de l'anus et des parties génitales, les plaques muqueuses de la bouche.

Contre le péril qui naît de chacune de ces causes, à plus forte raison si plusieurs d'entre elles réunies le rendent double ou triple, il faut donc instituer un traitement local. Ce sera au praticien à prononcer sur son opportunité, à son effet à faire décider de sa durée. Je crois seulement pouvoir recommander de ne le prolonger qu'autant de temps qu'il est nécessaire pour enlever à la lésion l'élément de gravité qu'elle produisait par elle-même, en dehors du péril résultant de la diathèse même. Grâce à cette prudente réserve, les inconvénients du traitement local seront éludés. En dépouillant chaque altération de sa nocuité individuelle, si l'on peut ainsi s'exprimer, on lui laissera encore de quoi servir de critérium utile pour la détermination des limites à apporter au traitement général. — Ces observations préliminaires faites, je vais indiquer les moyens locaux les plus convenables contre chacune des lésions qui peuvent réclamer l'emploi de cette thérapeutique de région (*).

(') Le traitement du chancre et du bubon ne diffère en rien,

Fosses nasales. — Les fumigations et lotions émollientes doivent être proscrites du traitement du coryza syphilitique, à moins d'une inflammation très-intense. On en viendra de suite aux topiques à la fois désinfectants et spécifiques. Tous les jours, 5 ou 6 injections seront pratiquées avec une solution de sublimé. On devra aussi insuffler de la poudre, soit de calomel, soit de chlorure de chaux; et fréquemment, l'une puis l'autre alternativement. En même temps, on préviendra la formation des croûtes qui obstruent les narines par des fumigations aromatiques humides, et surtout en introduisant de temps en temps avec les barbes d'une plume un peu de cérat au calomel ou au protoiodure de mercure ( l ). Grâce à ces soins bien combinés, on prévient fort souvent des accidents mortels.

Face. — On doit ici remédier par des applications locales : 1° aux altérations qui menacent de laisser des cicatrices apparentes ou des difformités plus sérieuses; 2° à celles qui , couvrant le visage d'un masque immobile, gênent ou rendent douloureuses les fonctions qui s'y accomplissent. Dans les deux cas, il importe, avant tout, de faire tomber les croûtes qui empêchent d'agir directement sur le tissu malade. Or, voici, pour

chez le nouveau-né, de celui qu'on oppose à ces accidents sur l'adulte.

(') Pour 30 grammes de corps gras, de 1 à 2 grammes de calomel, ou de 5 à 15 décïgrammes de protoiodure de mercure.

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