‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 193 sur 204 · PARTIE V. — THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. — THÉRAPEUTIQUE

disparaîtront par sa seule influence. On le doit ; car le degré de résistance de ces mêmes manifestations est le meilleur moyen qu'ait le médecin pour juger de l'opportunité de diminuer, d'augmenter, de suspendre ou de recommencer les remèdes antisyphilitiques. Si donc on aidait directement à leur guérison par des topiques, leur amendement s' opérant alors sous l'effet partiel ou exclusif de ceux-ci ne servirait plus à déterminer les indications du traitement général; et privé d'un de ses guides les plus sûrs, celui-ci pourrait ou être prolongé plus qu'il ne convient, ou plutôt être regardé, grâce à l'effacement hâtif des lésions apparentes, comme suffisant alors qu'il ne serait encore que très-incomplet.

Certaines exigences imposent cependant l'obligation de déroger à cette règle. La difformité caractéristique que la syphilis inflige à ses victimes leur fait souvent désirer d'être débarrassées au plutôt de ces stigmates compromettants. Mais si l'on est parfois forcé de céder à ce vœu chez les adultes, rien ne peut y engager pour le nouveau-né ; et s'il n'y avait que ce seul motif pour décider le médecin à accélérer par des applications topiques la disparition des altérations visibles, il devrait, à moins de difformité consécutive permanente à redouter, résister aux instances que les parents ou la nourrice lui adressent quelquefois à ce

sujet.

Mais d'autres indications plus légitimes se présentent assez fréquemment à cet âge. En raison de leur

nature, ou de leur étendue, les lésions syphilitiques, dans certaines circonstances, deviennent, indépendamment de l'action léthifère de la diathèse, des causes directes et sérieuses de dangers. Je range sous cinq chef distincts, mais pouvant coexister chez le même sujet, les cas où un pareil effet est à craindre.

1° Les lésions apportent des entraves à l'accomplissement de fonctions indispensahles à la vie. — Ainsi celles des lèvres, de la cavité buccale, des narines, rendent difficile ou impossible la préhension, la succion, la déglutition et la respiration.

2° D'autres réveillent des douleurs dont l'intensité et la continuité peuvent être fatales. — Les gerçures à la marge de l'anus, les croûtes épaisses et adhérentes du visage, les crevasses aux espaces interdigitaux, et généralement sur les membres au niveau des articulations, ont au plus haut degré ce caractère.

3° Quelques-unes épuiseraient le sujet par l'abondance des sécrétions séreuses ou purulentes qu'elles provoquent. — L'echtyma, le ppmphigus, les vastes plaques muqueuses, l'impétigo étendu auraient cet inconvénient.

4° Un chancre ou des plaques muqueuses buccales exposent la nourrice à contracter l'infection ; et ce danger, trop bien senti par elle, compromet la vie du nourrisson qu'il prive en tout ou en partie de sa nourriture naturelle. Il importe alors de hâter la guérison du symptôme transmissible ; et le traitement local fournit le meilleur moyen d'accélérer cette terminaison.

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