PARTIE I. ÎÏTIOLOCIE
par M. Baumes ne montre aucune maladie. Au bout de treize jours, l'enfant prend des pustules d'ecthyma syphilitique aux fesses, à la poitrine, aux joues. On la guérit par le traitement mercuriel. — M. Michon et M. Bouchut ( l ) ont -vu à la Pitié une femme qui avait gagné la vérole, au premier mois de sa grossesse, et avait eu des pustules plates sur le corps et dans les cheveux. L'enfant né à sept mois offrait des plaques muqueuses et des pustules rouges, brunâtres, cuivrées, sur les jambes et les bras ; onyxis à tous les doigts et à tous les orteils. Il ne vécut que trois jours. L'autopsie ne révéla l'existence d'aucune lésion viscérale. — Marie Fill... ( 2 ) fut affectée, au sixième mois de sa grossesse, de pustules sèches plus ou moins élevées sur toute la surface des grandes et petites lèvres, au périnée et à l'anus. Elle ne subit pas de traitement. Elle accoucha à huit mois d'une fdle qui eut au bout de huit jours des pustules vénériennes aux fesses età l'anus. Guérison par les frictions. — Madame B... (l'une de mes clientes) prit par contagion des tubercules muqueux au gosier et eut ensuite les signes les mieux accentués d'une syphilis constitutionnelle. L'infection eut lieu au commencement du septième mois. Elle méconnut son mal et ne fit aucun traitement. Son enfant, né à terme, succomba à cinq mois, malgré un traitement actif, aux suites d'un pempbigus, avec des tubercules muqueux sur diverses parties du corps.
(') Bouchul, ouvrage cité, p. 859.
( 2 ) Berlin, p. 135.
48 DE LA SYPHILIS DUS NOUVE.MHNÉS.
Du dépouillement de ces onze cas , sommairement «'■nonces, il ressort que jamais la syphilis contractée par la mère, soit avant la quatrième semaine . soit après le septième mois révolu , n'a été une cause de syphilis pour le fœtus. Ce dernier terme de sept mois avait déjà été fixé à priori par Ahernethy. Peut-être de nouvelles observations viendront -elles ébranler cette conséquence, reculer les limites que je me crois autorisé à poser. Mais il est probable que la différence, si elle apparaît, ne sera point de nature à démentir l'immunité dont je regarde le fœtus comme assuré aux deux extrêmes de sa vie intra-utérine.
Ces recherches n'ont pas seulement un objet de curiosité ou un but abstrait de précision scientifique. Si elles aboutissaient à une certitude, elles apporteraient à la pratique des ressources précieuses. En premier lieu, on sait que les médicaments anti-syphilitiques sont mal supportés pendant l'état semi-pathologique qui existe souvent durant les derniers mois de la grossesse. Si une femme contracte la syphilis à cette époque (') il serait donc fort utile de savoir que la santé de son enfant ne réclame pas de traitement spécifique, et qu'on n'aura à l'instituer avec une certaine vigueur avant l'accouchement, que si les symptômes sont, chez la mère , dune extrême gravité. (Bien en-
(') Le fait ne doit point être aussi rare qu'on pourrait le penser au premier abord; car Parent-Duchatelet n'a fait que constater une -vérité en remarquant que les femmes parvenues à un degré avancé de la grossesse sont plus recherchées par certains hommes, justement ceux qui peuvent le plus les infecter.