PARTIE I. — ÉTIOLOGIE
tendu les accidents primitifs n'en seraient pas moins l'objet d'un traitement actif, de peur de l'infection au passage, s'ils persistaient encore au moment de la parti! ri tion.)
D'un autre côté, et dans ce même cas, l'enfant qui naîtrait, sain en apparence , d'une femme devenue syphilitique seulement au huitième ou au neuvième mois, pourrait être confié à une nourrice, sans crainte de lui communiquer la maladie, garantie que l'on n'a pas , à beaucoup près, s'il est né d'une mère infectée dans les premiers mois.
Mais, c'est à de nouvelles et plus multipliées observations de fixer définitivement ces questions , que je devais soulever, mais qui sont trop graves pour être résolues à l'aide de simples présomptions ou de faits en nombre encore insuffisant.
§ 3. — Influence combinée des deux parents.
Si, au moment du coït fécondant, le père et la mère étaient tous les deux en proie à la syphilis constitutionnelle, l'infection de l'enfant est, dit-on, obligatoire, certaine. Tous les syphilograph.es sont d'accord sur ce point ; et les auteurs les plus modernes , MM. Maisonneuve et Montanier ('), n'ont fait que résumer les opinions émises avant eux en affirmant que dans ce cas « l'enfant n'a aucune chance d'échapper à l'infection, qu'elle est fatale. »
(') Traité prat. des mal. vénèr., 1853, p. 369.
Je crois, pour moi, que l'on s'est un peu hâté de conclure, et qu'un arrêt aussi grave méritait au moins des considérants plus approfondis. Il faut d'abord tenir compte des conditions syphilitiques où se trouve placé chacun des deux parents ; car s'ils sont, à l'instant de l'engendrement, sous l'influence d'une diathèse affaiblie par son ancienneté, par l'action de nombreux traitements, etc., il y aura là, à coup sur, pourle produit de la conception, quelques circonstances rassurantes. Au pis aller, l'infection de son père et de sa mère ne peut mettre contre lui que deux chances nuisibles au lieu d'une. Mais si la maladie de chacun d'eux est légère, ne peut-il pas arriver que cette chance double soit en somme moins grave pour lui que celle , unique , dont l'un des parents, gravement atteint, aurait menacé sa santé à venir? A mes yeux la réponse n'est pas douteuse. Et quoique il y ait alors presque certitude de voir naître un enfant syphilitique, je ne puis penser qu'il y ait plus qu'une presque certitude.
La proposition que je viens d'examiner me conduit à l'étude d'un sujet plus important. On a depuis longtemps remarqué que , dans un ménage où l'un des deux époux est seul syphilitique , tous les enfants ne viennent pas au monde atteints de la maladie. Parlois, ainsi que M. Sallion (') l'a vu, entre deux couches affligées par une pareille terminaison, il s'en place
(') Compte rendu du congrès de Nantes, p. 1 16.