‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 71 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

de désignations encore plus minutieuses, on trouve que 45 ont subi les premiers effets de la maladie avant les 30 jours écoulés depuis la naissance. De ces 45 sujets, 24 ont été frappés avant le quinzième jour, et 10 avant le huitième.

Nos lecteurs trouveront d'eux-mêmes dans ce tableau les indications dont ils ont besoin et sauront bien remarquer : 1 ° que la plus fréquente proportion des poussées constitutionnelles chez le nouveau-né tombe avant la lin du premier mois de son existence (*) ; 2° qu'une fois le troisième mois révolu, il n'y a plus que bien peu de chances de voir apparaître des accidents de ce genre.

§ 2. — Rapport de la marche du mal avec son mode particulier d'origine.

Un enfant venu au monde sans tache originelle contracte accidentellement un chancre primitif. Il subit, en ce cas, les phases successives et le développement de la diathèse, absolument à l'instar de l'adulte qui se serait exposé à l'infection par le coït. Comme lui il

(') Nous avions en l'idée d'apporter plus de précision au langage de ces chifl'res en déterminant la moyenne de la durée de l'incubation. Nous avions, pour cela, divisé le nombre total des jours par le nombre total des cas. Mais ce résultat est tout à fait erroné à cause de l'influence excessive qu'exercent, sur le compte ainsi dressé, quelques cas très-rares, à échéance fort longue. Aussi, n'est-ce que pour montrer les méprises, où conduisent de semblables calculs, que nous dirons que la moyenne qui en résulte serait de 4i jours!

peut échapper à la diffusion du virus dans l'organisme et en être quitte pour un ulcère local de quelques semaines de durée. Si, au contraire, l'empoisonnement de l'économie a lieu, on remarque que les périodes qui en marquent le progrès se succèdent ehez lui avec un peu plus de rapidité que chez l'homme fait ; circonstance qu'explique assez l'activité singulière des fonctions, celle surtout de la circulation, à cet âge où la croissance leur imprime à toutes un élan hors de proportion avec le type qu'elles garderont ultérieurement.

Lorsque, au lieu d'un chancre primitif, c'est du contact avec une lésion concjéniale que la maladie du nouveau-né résulte, elle réalise plus promptement encore ses effets généraux. Dans ces cas l'intervalle qui existe entre la déposition du principe infectieux et l'apparition de symptômes sur d'autres parties du corps est si court que, quand ces symptômes sont eux-mêmes des lésions contagieuses, telles que les tuhercules muqueux, on est porté à croire, ce qui est quelquefois la vérité, qu'ils ont aussi été produits par le contact direct de la partie où ils se montrent avec l'individu qui a été l'agent de contamination. Mais lorsque c'est une syphilide sèche, une roséole, qui se déclare, on n'a plus la ressource de cette explication ; et il faut bien alors admettre comme cause unique de son apparition précoce l'extrême rapidité avec laquelle le germe, d'abord local, envahit tous les systèmes organiques de l'enfant.

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