‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 72 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

Lorsque le mal, transmis selon ce procédé, passe successivement d'un individu à l'autre, est-il vrai, comme le dit Colles ('), quun troisième enfant infecté le sera plus promptement que le second, le quatrième plus vite que le troisième, etc.? Rien dans mes observations n'a confirmé cette opinion, sorte d'hyperbole, à ce que je crois, destinée uniquement, dans la pensée de son auteur, à présenter sous des couleurs plus vives les dangers de transmission à l'infini que présente l'affection vénérienne des enfants à la mamelle.

Est-il vrai, ainsi que l'affirme le même écrivain, que la maladie puisée à la source conqéniale, et communiquée ensuite à plusieurs individus, del'un à l'autre, donne lieu à des symptômes qui se ressemblent exactement chez tous? Cette particularité, qui, selon lui, est un des meilleurs traits distinctifs entre la syphilis acquise par chancre, et celle que propagent les lésions secondaires congéniales, n'a qu'une apparence de vérité. Si elle semble au premier abord soutenable, cela tient seulement à ce que la plupart des accidents constitutionnels chez l'enfant, se développant dans des conditions de structure pareilles, affectent par conséquent des formes, offrent une physionomie presque identiques.

Est-il vrai, enfin, comme on le lit dans Egan ( 2 ), que si un adulte a reçu la maladie d'un nouveau-né

(') Collent, de Ranking, p. 28!>.

( 2 ) The Dublin, quart, Joum., I8iC, p. 3iS.

qui l'avait apportée en naissant, les ravages seront chez lui plus sérieux, l'affection plus rebelle, les récidives plus fréquentes que s'il l'avait contractée par les voies ordinaires? — Rien n'autorise à le penser; et je crois qu'on aura pris pour une gravité plus grande de la maladie de l'adulte, cette propriété réellement plus forte qu'elle a, dans ces cas, de se communiquer d'individu à individu. De plus, développée par cette voie insidieuse qui ne laisse au patient ni souvenirs, ni avertissements, ne peut-elle pas, en effet, rester plus longtemps méconnue, sans traitement, et exercer impunément ses ravages? Il n'est que trop rationnel de le croire.

Mais ces distinctions entre la syphilis congéniale acquise et la syphilis par généralisation du virus chancreux ne sont ni les plus importantes ni les plus difficiles qu'il y ait ici à préciser. Une autre question bien autrement ardue se présente, quand on passe à la détermination des conditions d'évolution de la syphilis héréditaire proprement dite. Je l'énoncerai en ces ternies :

L'évolution des symptômes chez l'enfant diffèret-elle selon qu'il a reçu le germe du mal par la conception ou durant la grossesse? — El si elle diffère, en quoi consiste la différence ?

L'accord presque unanime des auteurs semble faire préjuger pour la première de ces questions, une solution affirmative. Consultez les traités spéciaux, interrogez les praticiens que l'expérience rend les plus compétents, vous trouverez au fond de leur langage à

Page 1