PRONOSTIC
Dire que la syphilis a plus de gravilé chez les nouveau-nés que chez l'adulte ne serait qu'exprimer une vérité banale. Conçue en de pareils termes, cette proposition n'aboutirait qu'à une assertion sans portée ; car si personne n'en contestait la justesse, personne non plus n'en apercevrait les conséquences pratiques. Il suffit d'ouvrir une page des nosographies qui traitent de cette affection, d'entrer dans un hôpital consacré à son traitement, pour prendre une idée de la mortalité proportionnellement énorme qui pèse à cet âge sur ses victimes. Mais ni la raison ni l'humanité ne peuvent se satisfaire de données aussi vagues : l'une a le droit de demander le motif de cette fatalité particulière; l'autre veut connaître les résultats par lesquels elle se traduit, afin d'en deviner, par les effets, le remède. Cherchons donc d'abord pourquoi, puis en quoi la syphilis congéniale est plus grave. Ce sera étudier le pronostic aux points de vue qui permettent d'en tirer les plus fructueux corollaires, dans ses deux modes étiologiquc et symptomatplogique.