PARTIE 111. — PRONOSTIC
choc beaucoup mieux que l'adulte; des affections dont le danger s'accroît, au contraire, en raison directe de l'âge. Telles sont les fièvres éruptives et notamment la variole; exemple d'autant plus probant, qu'elle offre avec la syphilis la double analogie d'une maladie virulente, et d'une maladie dont les manifestations retentissent principalement sur le système tégumentaire.
Secondement, en supposant — ce qui est vrai — que la débilité spéciale au premier âge fût pour quelque chose dans la sévérité qu'y affectela vérole, est-il logique de croire que ce soit là tout? Eh quoi! en vertu de cette seule différence, une maladie qui n'est, chez l'adulte ('), qu'exceptionnellement dangereuse, surexceptionnellement mortelle, deviendrait une des causes de mort les plus actives qui moissonnent les enfants à la mamelle!
Puis, si cette différence était le seul agent à considérer ici, on devrait voir son influence continuer, en décroissant, il est vrai, mais continuer d'une manière sensible jusqu'à l'âge adulte. Ainsi les nourrissons atteints accidentellement de chancres primitifs subiraient les mêmes chances de mort que ceux qui tiennent l'infection de leurs parents. Les enfants de quatorze à quinze ans qui contractent la syphilis par le coït verraient sa marche précipitée et son pronostic,
(') La mortalité de l'hôpital des vénériens est la plus faible de tous les hôpitaux de Paris. Elle est de 1 sur 203, celle de l'Hôtel* Uieu étant de 1 sur 9.
relativement à celui de la vérole de l'adulte, funeste en raison directe de leur jeunesse. 11 y aurait, en un mot, des degrés de gravité selon l'âge. Or, rien n'est plus faux. La vérole, si souvent mortelle pour le nouveau-né quand elle lui vient de ses parents, ne compromet presque jamais ses jours quand elle lui a été fortuitement inoculée par un chancre primitif d'adulte. Enfin, quelle qu'en soit l'origine, elle n'a ni une autre évolution, ni des périls plus sérieux pour l'adolescence que pour l'âge mûr.
Troisièmement enfin , la syphilis congéniale n'affecte ni les allures, ni la marche, ni l'enchaînement de symptômes de la syphilis des adultes. Pour peu (pion l'ait observée, il est facile de voir que ce sont là deux maladies semblables, mais non pas identiques; que si leur pronostic diffère, c'est moins en raison de l'âge des sujets qu'elles frappent que par la nature, le génie particulier à chacune d'elles. Produisant, avant aucun signe caractéristique, une sorte d'atrophie, de rabougrissement dans l'ensemble de l'individu ; éclatant ensuite sur cent points preiqu'à la fois ; s'accompagnant dès les premiers jours de lésions viscérales inconnues à la syphilis acquise ; contagieuse par ses moindres symptômes, la vérole congéniale ne doit être comparée qu'à elle-même, et c'est à sa force bien plus qu'à la faiblesse de ses victimes qu'il faut demander le secret des dangers particuliers qu'elle recèle.
Celte source d'erreurs évitée, la vérité n'en reslc