DU TRAITEMENT DES SYMPTOMES ACCIDENTELS DE LA GONORRHÉE
Les symptômes dont je vais m'occuper Mt que des phénomènes accidentels de la gonorrhée vénérienne, et n’étant point de nature syphilitique, puisqu'ils ne sont que l'effet de l’irritation de l’urètre, on doit les traiter de la même manière que s'ils étaient produits par toute autre cause.
SI. Hémorragie de l’urètre. |
Jai déjà fait observer que quand l’inflammation est violente ou s'étend le long du canal de l’urêtre, il se fait souvent un écoulement de sang, qui est fourni par les vaisseaux de ce canal. Le baume de copahu pris à l’intérieur a été employé avec avantage pour combattre ces hémorragies, et il est à supposer que toutes les térébenthines peuvent être également utiles. Les injections astringentes ne m'ont offert aucun avantage en pareil cas, et quelquefois je les ai soupçonnées d’avoir été la cause de l'hémorragie urétrale. Ces hémorragies disparaissent toujours à l’époque ordinaire de la guérison de la gonorrhée (*).
$ II. Des moyens de prévenir les érections douloureuses.
Dans beaucoup de cas, l’opium donné à l’intérieur paraît avoir une
(*) Les hémorragies de l’urètre dans la gonorrhée sont avantageuses et doivent être rarement combattues. Cependant, si la perte de sang devenait très-abondante et qu'il fût nécessaire de l'arrêter, le meilleur remède consisterait dans l’application du froid, au moyen d’une vessie remplie de glace qu'on placerait sur le périnée. G. G. B.
Les hémorragies de l’urètre arrivent par exhalation ou sont la conséquence d’une déchirure qui a souvent lieu dans la blennorrhagie avec érection cordée. Elles peuvent être quelquefois avantageuses. Contrairement à l'observation de Huntér, le copahu et les térébenthines ont peu d’action contre elles, et peuvent même être nuisibles.
Lorsque la perte de sang est considérable, il faut ia combattre. Le repos, les injections froides, la glace ‘sur les parties voisines, arrêtent souvent l'écoulement du sang ; mais lorsque l'hémorragie tient à une rupture de vaisseau , comme cela arrive chez les malades qui se rompent la corde, comme on le dit vulgairement, on est quelquefois forcé d’avoir recours à la compression. Cette compression se fait, pour Vurètre , à l’aide d’une sonde; et si l’hémorragie persiste, on peut y ajouter l’action “extérieure d’une bandelette circulaire, pour la partie antérieure de la verge, et d'un tampon sur la région du périnée. P. Ricorn.
grande efficacité pour prévenir les érections douloureuses. Vingt gouttes
de teinture thébaïque prises en se couchant procurent du soulagement
pendant toute la nuit. La cigué paraît aussi être douée de quelque vertu.
$ IIL. Du traitement de la cordée. F
Au début de ce symptôme morbide, la saignée du bras est souvent utile; mais il est plus immédiatement avantageux de tirer du sang de la partie même, au moyen des sangsues; et, en effet, on observé souvent un soulagement remarquable à la suite de la rupture d’un vaisseau de l’urètre qui fournit une hémorragie considérable. On diminue souvent la souffrance en soumettant la verge à un courant d’eau chaude. Les cataplasmes ont aussi des effets avantageux, et les fomentations ainsi que les cataplasmes peuvent devenir plus efficaces, dans beaucoup de cas, pour dissiper l’inflammation, par laddition du camphre. L’opium pris à l’intérieur est remarquablement utile, surtout s’il est associé avec le camphre. Mais l’opium agit plutôt en diminuant la douleur qu’en faisant cesser l’inflammation, bien qu’on puisse dire qu’en prévenant les érections il écarte la cause immédiate de la cordée (*).
Quand la cordée persiste après la cessation des autres symptômes, il n’y a plus rien ou presque rien à faire sous forme d’évacuations, car l’inflammation est domptée, et il ne reste plus qu’un de ses effets, qui doit se dissiper graduellement par l’absorption de la lymphe coagulable extravasée. Les émissions sanguines ne peuvent done plus être employées ici. Les frictions mercurielles sur le siége du mal favorisent labsorption de la lymphe, car l'expérience a démontré que le mercure a beaucoup d’efficacité pour exciter l'absorption. Le frottement en lui-même est utile. Dans un cas que j’ai observé, après que tous les modes de traitement employés ordinairement avaient été essayés en vain, l'usage de la cigue parut amener des résultats très-marqués. L’électricité peut être avantageuse. Souvent il arrive que la cordée est beaucoup plus longue à se dissiper que l’écoulement ou la douleur; mais il n’en résulte aucune fâcheuse conséquence. Sa décroissance est graduelle et uniforme, comme celle de la plupart des effets de l’inflammation.
J'ai vu le quinquina contribuer puissamment à guérir la cordée ou ses suites, dans les cas où ce symptôme paraît être de nature spasmodique. Les moyens évacuants, soit locaux, soit généraux, sont alors généralement nuisibles.
$ IV. Du traitement de la suppuration des glandes de l’urètre.
Les suppurations des glandes de l’urètre doivent être traitées comme les chancres. On doit donc prescrire le mercure, comme il sera expliqué plus loin.
(*) Je suis absolument de l'avis de Hunter. Le camphre est le plus puissant de tous les sédatifs pour les érections, quoi qu’aient écrit des théoriciens modernes; et l’on doit ajouter que l’expérience, plus forte que toutes les doctrines et tous les raisonnements, enseigne que l’opium est son meilleur adjuvant. …P. RiCORD.
LT
Si la suppuration s'établit dans les glandes de Cowper, il faut donner une attention spéciale à ce phénomène morbide. L’abcès doit être ouvert largement et de bonne heure, car le pus pourrait se frayer une route dans le serotum ou dans l’urêtre, ce qui aurait des conséquences graves. Ici également il faut prescrire l'emploi du mercure, et peut-être même aussi largement que dans les cas où il y a un bubon. Ea un mot, le traitement doit être le même que celui des ulcères vénériens; et, sous ce rapport, il diffère du traitement des abcès qui sont la conséquence d’un rétrécissement (*).
$ V. Du traitement de l'irritation sympathique de la vessie.
Quand la gonorrhée s’étend jusqu’à la vessie, elle donne naissance à une affection qui est extrêmement pénible, mais qui entraîne rarement des accidents sérieux. Cependant je pense que, dans certains cas, elle a jeté dans ce viscère les germes d’une irritation qui est devenue très-douloureuse et s’est accompagnée de dangers.
Les lavements opiacés, si rien dans la constitution ne s’oppose à leur usage, procurent un soulagement temporaire très-marqué. Les bains chauds sont utiles, mais non dans tous les cas; et souvent on retire de bons effets de la saignée pratiquée largement, si le malade est pléthorique. Les applications de sangsues au périnée sont également avantageuses. Mais, dans quelques constitutions, la saignée est plus nuisible qu’utile; et il faut être prudent dans l'emploi de ce moyen évacuant, car, dans beaucoup de cas, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer, les symptômes qui ont leur siége dans la vessie sont plutôt l’effet d’une affection sympathique que celui d’une véritable inflammation. Comme cette affection de la vessie persiste souvent pendant un temps considérable, donne naissance à d’autres sympathies dans les organes environnants, et n’est pas le moins du monde amendée par les méthodes de traitement qui sont communément employées, je conseille de tenter les moyens suivants : appliquer un emplâtre opiacé sur le pubis, ou dans la région lombaire où les nerfs de la vessie prennent leur origine; placer un petit vésicatoire sur le périnée; ce dernier moyen produit de bons effets dans les irritations de la vessie qui reconnaissent d’autres causes (**).
$ VI. Du traitement du gonfiement des testicules.
Lorsque le testicule sympathise avec l’urètre ou avec la vessie, et qu’il
(*) L'expérience n'a point confirmé cette doctrine. Les suppurations des glandes de l'urètre ne sont pas très-rares dans la gonorrhée; elles se guérissent facilement sans l'usage du mercure, et ne sont jamais suivies de symptômes d'infection générale, rt G. G. B.
Je partage complétement l'opinion de M. Babington. . P. Rrcorp.
(**) L’irritation du col de la vessie est une chose assez fréquente dans le cours de la blennorrhagie urétrale. Cette irritation, qui s’accompagne de ténesme vésical et d’une excrétion souvent sanguine, par un mécanisme analogue à celui des hémorroiïdes, cède surtout à l'emploi des quarts de lavements froids opiacés. P, Riconrn.
270 DE LA GONORRHÉE, | est enflammé, le repos ést le meilleur moyen de traitement auquel on puisse avoir recours. La position horizontale du corps est celle où le malade souffre le moins, car c’est celle où la circulation se fait le plus librement. Si le malade ne peut garder la position horizontale, il est absolument nécessaire que le testicule soit bien soutenu; les malades s ’empressent de recourir à cette précaution, dès qu’ils ont ressenti le bien-être qui en résulte. | -
On ne peut établir aucune méthode particulière de traitement contre cette affection (*); elle doit être traitée comme l’inflammation en général, par les émissions Sanguines et les purgatifs, si la constitution réclame l'emploi de ces moyens, par les fomentations et par les catapiasmes. La saignée au moyen des sangsues se montre souvent utile. Il est impossible de se rendre bien compte de l’efficacité de ce dernier moyen, car les vaisseaux du scrotum ont bien peu de connexions avec ceux du testicule.
(*) Le traitement de l’épididymite est peut-être “celui is ’on peut le plus méthodiquement formuler.
Saignée du bras lorsqu'il existe une réaction générale, Application de sangsues sur le trajet du canal inguinal et au périnée, lorsque les symptômes inflammatoires restent locaux, s
S'il existe un épanchement dans la tunique vaginale, il faut l’évacuer à l'aide d'une ponction, quelle que soit la période de la maladie à laquelle on est arrivé.
Lorsque le cordon n’est pas trop engorgé, que le tissu cellulaire sous-scrotal n’est pas le siége d’une inflammation phlegmoneuse, et à plus forte raison quand il n’y a pas de tendance à la suppuration, ou d'abeès formé, qu’on a déjà calmé la réaction inflam matoire par les antiphlogistiques, et évacué la sérosité de la tunique vaginale, dans les cas de complication d'hydrocèle, la meilleure méthode de traitement est celle que j'ai empruntée à M, Frike de Hambourg, et qui consiste dans l'emploi de la come pression, Cette compression se fait à d'aide de bandelettes de sparadrap de vigo cum mercurio, placées cireulairement sur l'organe malade, en commencant par un tour placé à la naissance du cordon testiculaire, et en descendant cylindriquement jusqu’à la partie inférieure du testicule, Cela terminé, on comprime la partie inférieure avec de petites bandelettes croisées et serrées de bas en haut en sautoir, pour former une espèce de panier qui complète l'appareil.
La compression ainsi exactement appliquée, doit donner, pour éondition de succès, une demi-heure ou une heure après son application, un soulagement qui n'avait pas suivi jusque-là les autres moyens. Dans le cas contraire où la douleur irait en crois- . sant, il faut se hâter de l'enlever si on ne veut pas avoir d'accidents.
Lorsque les malades peuvent supporter là compression, il faut avoir le soin de la renouveler 4 mesure que l'organe malade diminue ou se flétrit en quelque sorte sous
son influence. Si on n'est pas attentif à remplir cette indication, on ne tarde pas à avoir de fâchenses réactions.
Lorsqu’à cause des contre-indications signalées, on ne peut pas avoir recours à la compreësion, tout en remplissant les autres conditions du traitement, on retire de très-bons effets des onctions mercurielles directes employées concurremment avec les fomentations ou les cataplasmes émollients. ‘
Les sangsues en applications répétées et en petit nombre, d’après la méthode de.
M. Lisfranc, sont d’un très-grand secours, ainsi que le calomel pris à l'intérieur.
+ P, Rrcorn,
Comme je ne considère point le gonflement du testicule comme étant de nature vénérienne, je ne crois pas. que l’emploi du mercure soit utile dans les cas qui nous occupent, tant que l’inflammation persiste; mais il offre des avantages quand l’inflammation est dissipée et que l’induration seule reste (*),
On a recommandé les vomitifs contre le gonflement testiculaire, et quel-
quefois ils produisent de bons effets. J’ai vu un vomitif faire disparaître presque subitement un gonflement de cette nature. Les effets du vomissement dépendent probablement de la sympathie qui existe entre l'estomac et le testicule. Les opiacés sont utiles, comme ils le sont dans la plupart des irritations de ces organes. Lorsque le gonflement du testicule vient à passer à la suppuration, ce qui arrive rarement, il ne réclame pas d’autre traitement que celui des suppurations ordinaires, et il n’est pas nécessaire d’administrer le mercure.
Dans la description de la maladie qui nous occupe, j'ai fait remarquer que, lorsque le testicule vient à s’engorger consécutivement à une gonorrhée, l'écoulement cesse, ou que, 1dfsque l'écoulement cesse, le testicule se tuméfie; c’est ce que la plupart des auteurs ont observé. Mais quel est le phénomène qui agit comme cause, quel est celui qui n’est qu’un effet? C’est ce qu’on n’a pas encore bien déterminé. On a observé aussi que c’est lorsque l’écoulement reparaît que le testicule manifeste les premiers symptômes de guérison; de sorte que le testicule ayant perdu son action sym: pathique, l’action primitive est rétablie dans l’urètre, Ici encore, on n’a point déterminé où est la cause, où est l’effet; mais, partant de l’hypothèse que la suppression de l'écoulement urétral est la cause de l’engorgement testiculaire, on a attribué ce dernier aux moyens employés dans le traitement de la gonorrhée, et quelques personnes en ont accusé les injections (**).
Un grand nombre de médecins ont conseillé, et quelques-uns ont tenté de provoquer le retour de l'écoulement; maïs les méthodes suivies pour atteindre ce but n'étaient point fondées sur des principes exacts. Bromfield paraît être le premier qui ait recommandé un traitement en harmonie avec cette théorie; ce traitement consistait à renouveler l’irritation sup-
. pürative dans l’urètre par l’introduction des bougies. Je n’ai point observé que cette pratique ait été suivie des avantages qu’on en attendait, et que l'idée première pouvait faire espérer. Quelques médecins ont été plus loin, ils ont recommandé d'introduire du pus vénérien dans l’urètre; mais cette pratique n’est qu’une création imaginaire, et est fondée sur la supposition
(*) Bien que l'emploi des mercuriaux ne soit point indiqué ici dans le but de neutraliser le virus vénérien, cependant l’expérience a démontré que le calomel est de la plis grande utilité, même dans la période aiguë de l’inflammation du testicule. Il est probable que ce médicament agit ici, comme dans beaucoup d’autres cas d’inflammation adhésive, par l'influence qu’il exerce sur la circulation capillaire de la partie enflammée. 11 faut toujours en combiner l'emploi avec celui des purgatifs, et, en général, avec celui des saignées locales. G. G. B,.
(**) Voir la note, p. 222
sr
que le gonflement du testicule n’est produit que par une irritation vénérienne; mais j'ai déjà fait remarquer an il peut reconnaître d’autres causes (*).
Ils ‘écoule, en général, beaucoup de temps avant que le gonflement du testicule se soit dissipé entièrement , bien qu’il diminue d’abord plus rapidement que les gonflements de la même glande produits par d’autres causes. Avant de diminuer de volume, le testicule devient ordinairement plus mou, et c’est ordinairement à sa face antérieure que ce ramollissement s’observe d’abord. Peu à peu, la totalité de la tumeur se ramollit, et ensuite elle diminue. Il se passe encore beaucoup plus de temps, quelquefois même des années, avant que l’épididyme soit revenu à son état naturel. Quelquefois, il ne recouvre jamais son volume et sa mollesse ordinaires. Mais cela importe peu, car la persistance dela simple induration de Pépididyme n’entraîne ordinairement aucun inconvénient, bien qu’il puisse arriver parfois que des testicules dans cet état deviennent complétement inutiles. Je n’ai jamais eu occasion d’examiner le testicule d’un homme qui eût été atteint d’une manière authentique de la maladie en question; mais j'ai disséqué des testicules dont l’épididyme offrait extérieurement au toucher la même apparence, et dont le conduit déférent était oblitéré. Toutefois, je pense que cet accident arrive rarement; car on voit des malades dont les deux testicules sont atteints d’engorgement, et. qui cepen-' dant ensuite conservent la faculté d’éjaculer comme auparavant (**).
C’est dans cette période de la maladie que l’on peut retirer des avantages des applications résolutives, telles que les frictions avec le mercure uni au camphre. De même, on peut avec avantage employer des fumigations aromatiques, afin de stimuler les vaisseaux absorbants à s’emparer
(*) L'expérience m'a appris que non-seulement il n’y a pas de bénéfice à rappeler l'écoulement, mais que souvent il y a danger, et qu’on ne peut compter sur une entière guérison de l’épididymite blennorrhagique que lorsque aussi l'écoulement est complétement tari.
Mais si la méthode de Bromfeld est dangereuse, il y a encore bien plus d’inconvénient à introduire un nouveau pus vénérieu dans l’urètre; car, en prenant du pus réputé vénérien qu’on n'aurait pas préalablement essayé par l’inoculation, on s’exposerait à communiquer la syphilis à un malade qui jusque-là n’avait qu’une simple blennorrhagie. P. Ricorn.
(*) L'induration qui persiste après l’inflammation du testicule, ne paraît pas, dans la plupart des cas, gêner en rien ses fonctions. L'oblitération du conduit déférent est un accident rare, et l'induration qui souvent persiste dans l’épididyme est ordinairement l'effet de la déposition de la Iymphe plastique dans le tissu cellulaire qui unit ses circonvolutions, ou d'un simple épaississement des membranes qui l’envelôppent. Et, bien qu'il ne soit pas rare que quelques-uns des vaisseaux efférénts soient complétement oblitérés et convertis en des cordons solides, une telle altération ne peut avoir de gravité si elle ne porte sur la totalité de ces vaisseaux, car ceux dont la cavité reste libre suffisent pour porter la semence dans le conduit déféreut.
dre CD:
‘Quelques dissections m'ont donné les méines résuliats, + P. Riconp. DR.
de la substance superflue. she lots a rendu de grands services dans quelques cas. ,
$ VII. Du déclin et de la terminaison des symptômes de la , gonorrhée.
Le déclin de la maladie se reconnaît, en général, à la diminution de quelques-uns ou de la totalité des symptômes que j'ai décrits plus haut. La douleur locale devient moins vive ou se réduit à un prurit semblable à celui qui est ressenti au début de plusieurs gonorrhées , et enfin disparaît entièrement; la sensation de lassitude qui avait son siége dans le voisinage des lombes et des hanches, dans les testicules et dans le scrotum, cesse d'être perçue; enfin la coloration rouge-cerise et la transparence du gland disparaissent graduellement, Tels sont les signes les plus certains de la diminution de la maladie,
… L’écoulement devient moins abondant, ou, s’il ne diminue pas, il se montre plus blanc, puis plus pâle encore, et peu à peu il devient de plus en plus gluant et visqueux, ce qui a toujours été considéré comme le signe * Le plus certain d’une guérison prochaine, Quand la matière de l'écoulement devient plus visqueuse, c’est qu’elle perd ses qualités pour revêtir les caractères du liquide qui lubrifie naturellement le canal, et de celui qui semble - préparer le coït, Mais elle est très-variable dans son aspect, ce qui dépend souvent du genre de vie, de l'exercice que prend le malade, et de diverses autres causes.
Souvent les symptômes disparaissent complétement et les malades se croient guéris; puis les mêmes symptômes se renouvellent, le plus souvent avec moins d'intensité que la première fois, mais, dans quelques cas, avec autant et même avec plus de violence. Quelquefois cette récidive a lieu après un temps très-long. J’ai vu les symptômes de la gonorrhée- se reproduire un mois après que toute trace de la maladie avait disparu. Toutefois, ces récidives durent rarement longtemps. On n’a point encore décidé jusqu’à quel point cette seconde attaque doït être considérée comme étant de nature vénérienne. La seule circonstance qui pût en démontrer la qualité vénérienne, ce serait que la maladie eût été communiquée à une personne saine. Je ne prétends point dire quelle est la nature de la maladie lorsqu'elle récidive peu de temps après la cessation des premiers symptômes; mais je suis très-porté à croire que, lorsque le malade est resté bien portant pendant un mois, la récidive ne peut pas être vénérienne. Cela n’est qu’une conjecture; et, si nous voulions poursuivre nos raison= nements sur ce sujet, il nous serait facile de déduire une opinion précisément opposée. En effet, si les parties peuvent revenir à un certain mode : d'action, l’inflammation et la suppuration, on ne voit pas pourquoi elles ne contracteraient pas également de nouveau le mode spécifique d’action. Toutefois, comme l'effet ordinaire de l’irritation est la suppuration, et que la suppuration spécifique exige pour être formée une irritation de nature particulière, il est plus facile de concevoir que les parties puissent con-