II
tracter de nouveau le mode d’action le plus ordinaire, que les deux modes d'action à la fois. Il est possible, cependant, que dans les cas qui nous occupent l’action syphilitique soit seulement suspendue, comme cela a lieu pendant l’espace de temps qui sépare l'infection de la manifestation de la maladie.
Chez les femmes, la récidive des symptômés, et principalement de l’écoulement, est plus fréquente que chez les hommes. L’écoulement gonorrhéique étant semblable à celui qu’on désigne sous le nom de flueurs. blanches, il est souvent pris pour cé dernier, et il n’attire point lattention, bien qu’il soit peut-être aussi virulent que les écoulements du canal de l’urêtre chez l’homme. |
On n’a point encore établi la ligne de démarcation entre la gonorrhée et la blennorrhée ou le suintement habituel. En effet, la cessation de linflammation et de la douleur, et la modification de la matière de l’écoulement, ne sont point des preuves de la destruction du virus. La persistance de l’inflammation n’est pas plus nécessaire pour la production du poison spécifique que pour celle de la blennorrhée. C’est ce qui résulte des deux observations qui ont été rapportées plus haut (p. 202 et p. 203).
La première de ces observations démontre que Pinflammation n’est point nécessaire à l'existence du poison vénérien ; tandis que, au contraire, l'inflammation peut exister après que le pus sécrété a cessé d’être syphilitique. J’ai vu des cas où l’inflammation et l’écoulement ont persisté pendant une année, même avec une grande intensité, et où pourtant des relations sans réserve avec les femmes qui en étaient atteintes ne faisaient point contracter la maladie. Toutefois, ce résultat n’est point une preuve absolue qu'il n'existait plus de virus dans lamatière de l'écoulement (*.
(*) La distinction que Hunter veut établir entre la gouorrhée et la blennorrhée est - loin d’être admise de la même manière par tous les syphilographes. |
Ainsi qu’on a pu le voir, Hunter, qui croit la gonorrhée virulente, pense que la principale différence, à part la moindre intensité des symptômes, tient à l’absence complète du virus dans la blennorrhée proprement dite; mais les raisons qu'il donne sont loin de le convaincre lui-même de la justesse de cette distinction. La possibilité de transmettre la maladie, ou le défaut ne contagion, ne saurait conduire à une conclusion absolue dans ce sens.
La blennorrhée est à la blennorrhagie ou à la gonorrhée, ce que l’état chronique est à l’état aigu, dans les inflammations en général. Il n’y a pas plus de cause virulente en action dans un cas que dans l’autre, mais seulement des différences d'intensité dans l’état morbide , d’où résultent des différences dans les symptômes, et, en particulier, dans la sécrétion, plus où moins purulente dans l’état aigu, plus ou moins muqueuse dans l’état chronique. J
En ramenant ainsi la blennorrhagie aux conditions générales des autres inflammations catarrhales, on s’expliqne , sans besoin d’hypothèses, les récrudescences faciles, les interruptions plus ou moins longues, les récidives ét les nouvelles affections. On trouve, sans la nécessité de la présence ou de l'absence du virus, la raison des qualités contagieuses ou de l’innocuité des sécrétions morbides. Et, tandis qu’on sort, avec lopirion rationnelle de Bell, de l'incertitude dans laquelle Hunter nous laisse ici, On arrive à conclure, d’une manière certaine, que plus la sécrétion est-puru-.
lente, et plus alors, en vertu de ses qualités irritantes, elle peut agir comme cause de contagion, restant au contraire sans effet, quand elle passe à l’état muqueux, On comprend facilement qu’un écoulement devenu inoffensif, dans ces dernières conditions,
puisse, en repassant à l’état aigu, devenir de nouveau transmissible, et se rendre compte des observations que Hunter fait de vains efforts pour expliquer, ainsi que de l'opinion, par trop réservée, de Wathely, qui croit les écoulements purement mu-
queux encore contagieux. P, Ricorp.
276 DE LA GONORRHEE.