‹ Traité de la syphilisChapitre 38 sur 70 · II · texte numérisé non relu

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tions font éprouver est plutôt pénible qu'agréable. De même, la sensation dont le gland est le siége alors ne ressemble point à celle qui est perçue dans la même partie lorsque l'érection est l'effet d’un véritable désir; elle se rapproche davantage de celle qui se manifeste sur le gland immédiatement après le coït. Le priapisme qui naît spontanément est plus grave que celui qui est l'effet de l’inflammation, car il y a tout lieu de croire qu'il a pour cause une lésion incurable en elle-même, ou contre laquelle nous ne possédons aucun moyen de traitement.

Le priapisme qui est l’effet de l’inflammation des parties génitales, par exemple celui qui complique la gonorrhée, s’accompagne à peu près des mêmes symptômes que le priapisme spontané; mais, en général, la sensation qu’il fait éprouver est une sensation de douleur qui dérive de l’'inflammation des parties affectées.

Ce que je dis du priapisme ne doit s'appliquer qu’à celui qui constitue une maladie en lui-même, et non à celui qui n’est qu’un symptôme d’une maladie, comme cela s’observe fréquemment (*).

La pratique la plus répandue, dans le traitement de cette maladie, consiste à prescrire les antispasmodiques et les toniques de toute espèce, tels que le quinquina, la valériane, le muse et le camphre, ainsi que les bains froids. J’ai vu ce dernier moyen produire de bons effets; mais quelquefois il ne peut être supporté par la constitution, et alors les bains. chauds sont utiles. Dans beaucoup de cas, l’opium paraît avoir une action spécifique ; d’après cette circonstance, ce que je crois le plus convenable, en résumé, c’est d'essayer un traitement adoucissant.

La ra séminale, ou la sécrétion et l'émission de la semence sans érections , est l'inverse du priapisme, et elle constitue une maladie beaucoup plus grave que ce dernier. Elle peut se montrer à des degrés trèsdifférents, car elle comprend toutes les nuances d’irrégularité qui peuvent exister entre la corrélation exacte des actions des deux ordres d’organes et l’accomplissement isolé de la seule action des testicules; dans tous les cas il se fait une sécrétion et une évacuation trop promptes de la semence. De même que le priapisme, l'émission isolée du sperme n’a point sa source dans des désirs et dans des dispositions pour l’acte générateur; cependant, quand l'affection est légère, ces désirs et ces dispositions: peuvent exister, mais non dans la proportion convenable, un désir trèsfaible amenant, dans beaucoup de cas, l’effet plein et entier. La semence peut être sécrétée.si rapidement qu’il suffise d’une pensée, ou même d’un Simple attouchement pour la faire couler.

Les rêves peuvent déterminer cette évacuation plusieurs fois dans la même nuit; et même ces rêves peuvent être assez légers pour que le

(*) On lit dans l’édition de Home : « Un homme est atteint de priapisme depuis deux ans. Cette affection a pour origine une irritation de la vessie qui a disparu lorsque le priapisme s’est manifesté. Ce dernier ne se produit que pendant la nuit,

et le plus souvent pendant le sommeil, qu'il interrompt immédiatement, Les relations sexuelles le rendent plus intense, »

COMME UN EFFET DE LA GONORRHÉE. 403 malade n’en ait pas la conscience lorsque son sommeil est interrompu par l'émission du sperme. J’ai vu des cas où les testicules avaient une telle tendance à sécréter, que le moindre frottement sur le gland produisait une éjaculation. La simple action de marcher ou de monter à cheval a produit cet effet, à ma connaissance, et cela, à plusieurs reprises dans un très-court espace de temps.

Un jeune homme, âgé de vingt-quatre à vingt-cinq ans, qui se livrait moins que la plupart des hommes de son, âge aux plaisirs vénériens, était affecté de la maladie qui nous occupe. Il éjaculait trois ou quatre fois dans la nuit , et la même chose lui arrivait le jour s’il marchait vite ou s’il montait à cheval. Il lui était presque impossible de s’unir à une femme avant l'évacuation séminale , et dans cette évacuation il n’y avait presque aucune contraction spasmodique. Il avait essayé tous les prétendus. toniques, de même que les bains froids et les bains de mer, mais … iln’en avait retiré aucun avantage. En prenant, le soir, en se couchant, vingt gouttes de laudanum , il fit cesser les éjaculations nocturnes; et ‘ l'usage du même moyen, le matin, lui permit de marcher et de monter à cheval sans inconvénient. Bien que la maladie ne récidivât pas, je l’engageai à continuer ce traitement pendant quelque temps, afin que les parties s’accoutumassent à leur nouvel état d’intégrité; et j’ai lieu de croire que ce jeune homme est maintenant bien guéri. Comme la constitution s’habituait de plus en plus à l’opium, on jugea nécessaire d’en élever la dose.

Dans les cas de cette espèce, les mouvements spasmodiques qui accompagnent l'émission de la semence sont extrêmement faibles, et ils se reproduisent bientôt, car une première émission n’en prévient point une seconde. La constitution n’en est que peu affectée (*). Quand les testicules agissent seuls et que les parties accessoires ne contractent point du tout l’action qui en est la conséquence naturelle et nécessaire, cela constitue une maladie encore plus pénible; car la sécrétion n’est déterminée par aucune cause visible ou sensible, elle ne donne naissance à aucun effet visible ou sensible, et la liqueur séminale s'écoule comme les matières fécales et l’urine dans les cas où elles s’échappent sans le concours de la volonté. Dans quelques-uns de ces cas, on a remarqué que le sperme est plus liquide qu’à l'ordinaire.

Les actions morbides des organes génitaux présentent de nombreuses variétés; le cas suivant en offre un exemple.

Le malade a été atteint pendant plusieurs années d’un rétrécissement . de l’urètre pour lequel il a eu souvent recours à l’emploi des bougies; depuis quelque temps il a négligé ce moyen de traitement. Redoutant

(*) Dans l'acte vénérien, ce sont les spasmes qui affectent ordinairement la constitution, et cela, en proportion de leur violence, indépendamment de la sécrétion et de l'évacuation de la semence. Mais dans quelques cas, l'érection produit le même affaiblissement, lors même qu’elle se dissipe sans les spasmes qui accompagnent l'émission du sperme. | JT. HUNTER.

la

404 MALADIES QUI SONT CONSIDÉRÉES les conséquences du coït, il n’a eu aucune relation sexuelle depuis un temps considérable. II a souvent dans son sommeil des émissions involontaires de sperme qui le réveillent généralement au moment du paroxysme ; mais ce qui le surprend le plus, c’est qu’il éprouve souvent la sensation de léjaculation sans qu’il sorte aucune goutte de sperme par la verge, ce qui lui fait penser que dans ces cas la semence suit une marche rétrograde et pénètre dans la vessie. Il n’en est point toujours ainsi, car d’autres fois le sperme s’écoule au dehors. Lorsque la semence lui semble passer dans la vessie, il a une érection, un rêve , et s’éveille avec le même mode d'action, la même sensation et la même volupté,

que lorsque le liquide spermatique traverse l’urêtre, soit pendant un songe, soit pendant l’état de veille. Je pense que chez ce malade il se produit dans le bulbe de l’urètre , sans la présence de la semence , une irritation semblable à celle qui a lieu quand la semence arrive dans cette partie consécutivement à tous les phénomènes préparatoires naturels, d’où il résulte que les mêmes actions qui prennent naissance quand le sperme pénètre dans le bulbe, se manifestent également sous l'influence de cette irritation anormale. Il faut donc admettre, ou que la semence n’est point sécrétée, ou que si elle l’est, une action rétrograde se développe dans les muscles accélérateurs (bulbo-caverneux). Si la première hypothèse est l'expression de la vérité, on doit supposer que, dans l'état naturel, les actions des muscles accélérateurs n’ont pas pour cause excitatrice unique le stimulus de la présence de la semence dans le bulbe, mais qu’elles ont lieu parce qu’elles sont la terminaison de certaines actions qui les précèdent et qui font partie d’une série naturelle d'actions qui doivent se succéder. Ainsi, ‘elles peuvent être déterminées par un frottement ou par la pensée d’un frottement exercé sur la verge, sans que les testicules prennent part au phénomène, et alors le spasme est l'effet du frottement et non de la sécrétion du sperme.

Dans beaucoup de ces cäs de trouble fonctionnel, quand l'érection n’est pas forte, elle se dissipe sans émission de sperme; d’autres fois, il se produit une émission presque sans érection : mais cette circonstance n’est point un effet de la débilité, elle dépend de si manière dont l'esprit est affecté.

Dans un grand nombre des cas dont il vient d’être question, on retire souvent de grands avantages de lotions faites sur la verge, sur le scrotum et sur le périnée avec de l’eau froide ; pour rendre l’eau plus froide qu’elle n’est naturellement dans certaines saisons de l’année, on peut y ajouter du sel commun , et alors, il faut faire les lotions dans le moment où le sel est sur le point d’être entièrement dissous.

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