‹ Traité de la syphilisChapitre 43 sur 70 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE TRAITEMENT DU CHANCRE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE TRAITEMENT DU CHANCRE

Lorsque l’inflammation qui naît du poison vénérien produit l’ulcération, elle persiste le plus souvent, sinon toujours, jusqu’à ce que Part en opèré la guérison; il n’en est point ainsi pour la gonorrhée, ainsi que je J'ai dit précédemment. Ce n’est sans doute point une chose facile que d'expliquer cette différence si tranchée entre deux espèces d’une même maladie ; mais je suis porté à croire qu’elle dépend de ce que dans le chancre l’inflammation s’étend et attaque toujours un nouveau terrain, ce qui produit une série non interrompue d’irritations et empêche que la maladie ne se guérisse spontanément.

De même que la gonorrhée, il est extrémement rare que les chancres ne présentent rien autre chose à prendre en considération que leur qualité vénérienne. Ils sont presque toujours modifiés par certaines conditions particulières où se trouve la constitution au moment de leur développement. C’est pourquoi leur traitement, tant local que constitutionnel, est susceptible de varier beaucoup; et c’est la connaissance de ces variations qui constitue le principal mérite du chirurgien. Pour cette raison , les symptômes concomitants réclament une grande attention. Le mercure est le moyen curatif des symptômes vénériens considérés abstractivement ; mais il n’existe aucun spécifique pour les autres symptômes, dont le traitement doit varier suivant la constitution ; il résulte de là, qu’il existe aucune espèce de médicament qui, joint avec le mercure, puisse réussir dans tous les cas, quoique les prétendus remè-

des secrets qu’on a préconisés soient de cette nature. Quelques cas, en effet , ne réclament rien autre chose que le mercure; d’autres demandent én outre l'usage de divers médicaments qui soient en rapport avec les conditions de la maladie, conditions que, dans beaucoup de cas, il n’est pas facile de déduire de l’apparence extérieure du chancre lui-même, mais qu’il faut découvrir par des essais répétés.

C’est probablement à cause de ces circonstances que le chancre est ordinairement plus long à guérir que la plupart des effets locaux qui dépendent d’une infection constitutionnelle, que ceux au moins qui ont leur siége dans les tissus muqueux, et cela, bien que le chancre puisse étre traité constitutionnellement et localement, tandis que Ja syphilis constitutionnelle ne peut être ordinairement traitée que constitutionnel lement. Il se passe le plus souvent un certain temps avant que le chancre

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