DE QUELQUES EFFETS CONSÉCUTIFS DU CHANCRE ET DE LEUR TRAITEMENT
Lorsque les chancres sont guéris et que toute virulence est détruite, il arrive quelquefois que le prépuce reste encore considérablement tuméfié ; cette tuméfaction entretient l'allongement et l’étroitesse morbides de ce repli qu’on ne peut porter en arrière sur le corps de la verge pour mettre le gland à découvert.
Dans beaucoup de cas, il n’existe aucun traitement à | opposer à cet état morbide; cependant il faut essayer tous les moyens possibles. La vapeur de l’eau chaude, les fomentations avec la cigue et les fumigations avec le cinabre sont souvent très-utiles.
Si malgré ces moyens les parties conservent leur volume et leur conformation vicieuse, il peut être utile d’exciser une partie du prépuce morbidement développé. C’est au chirurgien à déterminer la quantité de peau qui doit être enlevée. On peut en général exciser toute la partie qui fait saillie au delà du gland.
Le meilleur procédé opératoire consiste à enlever la partie exubérante avec lebistouri ; mais il faut avoir grand soin de bien distinguer d’abord le prépuce trop développé du gland. Après s’être parfaitement assuré de la position de ce dernier, la verge étant tenue horizontalement, on pratique à la face supérieure du prépuce une incision que l’on continue jusqu’à la face inférieure, avec précaution, car si l’incision était trop rapprochée du gland on OREATE grand risque de le léser. |
On peut faire cicatriser les parties sous l'influence de pansements simples ; car on peut considérer la surface divisée comme une plaie récente. Cependant la cicatrisation ne s’en effectue pas aussi facilement que celle d’une plaie pratiquée dans une partie entièrement saine. En effet , dans cette opération, on ne fait quéenlever une portion superflue d’un organe malade, et ce qui reste est malade, mais non assez pour entraîner à l’avenir des accidents.
Quelques soins sont nécessaires pendant la cicatrisation de la plaie, car la cicatrice peut se contracter et produire de nouveau un phimosis. Le malade lui-même peut mieux que personne prévenir cet accident, en ramenant souvent le prépuce sur le corps de la verge; mais cette manœuvre ne doit être tentée que lorsque la cicatrisation est presque achevée; : il faut l’exécuter lentement et avec beaucoup de précaution (*).
( Voir les notes de la page 428.
$ I. Des dispositions morbides nouvelles qui naissent pendant le trai- Ys tement des chancres.
Les chancres , tant chez les hommes que chez les femmes, acquièrent souvent, pendant le traitement, des dispositions nouvelles qui varient quant à leur nature. Quelques-unes ont pour effet de retarder la guérison, comme je l'ai dit, et, quand les parties sont guéries, elles les laissent dans un état de tuméfaction et d’indolence, ainsi qu’on vient de le voir pour les cas d’engorgement chronique du prépuce. D’autres fois, la nouvelle disposition morbide empêche la cure ou cicatrisation des parties, et souvent donne naissance à une maladie plus grave que celle d’où elle tire son origine. Ces nouvelles dispositions morbides produisent aussi dans les parties affectées des tumeurs dont il sera question ci-après.
Ces nouvelles dispositions morbides sont plus communes chez l’homme que chez la femme, et il est probable que cela dépend de la nature des parties qui en sont le siége. Elles ne se forment guère que lorsque l’inflammation a été violente; or, cette violence dépend de la nature des parties plutôt que de celle a la maladie, et par conséquent, elle est liée moins à la maladie qu'aux conditions que présentent les parties malades ou la constitution. Cependant on conçoit qu’elles puissent se développer lors même que l’inflammation n’a pas eu une grande intensité.
En général, on suppose qu’elles sont de nature cancéreuse ; mais je pense qu'il en est rarement ainsi, bien que cela ne soit point impossible.
On doit considérer comme des effets de ces nouvelles dispositions morbides, ces inflammations, ces suppurations et ces ulcérations continues et souvent avec exacerbations, qui s’étendent à la totalité du prépuce et même se propagent tout le long de la peau de la verge qui contracte une couleur livide, et sous l'influence desquelles le tissu cellulaire s’engorge et s’épaissit dans toutes les parties de la verge, de manière à accroître considérablement le volume de cet organe.
L'ulcération qui a son siége à la face interne du prépuce s accroît quelquefois, se dirige entre la peau et le corps de la verge, et produit des perforations en différents points, jusqu’à ce que toute la surface de lor- “gane se trouve criblée d’ulcères à bords frangés. Le gland subit souvent Je même sort, et une partie plus ou moins considérable en est détruite ; dans beaucoup de cas, l’urètre est entièrement détruit dans ce point par Vulcération, de sorte que l’urine s’écoule par une perforation située plus. où moins en arrière de son orifice naturel. Si l’on n’arrête les progrès de la maladie, l’ulcération continue ses ravages jusqu’à ce que les parties soient entièrement détruites. Je soupconne que, parmi ces cas, il en est quelques-uns qui sont de nature scrofuleuse.
Comme c’est une affection aiguë , il est nécessaire de la combattre immédiatement, s’il est possible; mais comme elle peut dépendre de diverses particularités de la constitution, et que ces particularités ne sont pas connues tout d’abord, aucune méthode rationnelle de traïtement ne