COPIE
Oïl appelle copie, par une singulière altération du véritable sens de ce mot, Toriginal, imprimé ou manuscrit , qui sert de modèle pour la composition.
S'il est avantageux pour un compositeur d'avoir une copie bien nette, peu chargée de ratures, dont les renvois soient clairement indiqués , et dans laquelle la ponctuation soit observée avec exactitude , les mêmes soins n'intéressent pas moijis un auteur , par la correction qui en résulte aux épreuves, et que cela assure jwur Timpression délinitive. 11 serait à désirer que toutes les personnes qui font imprimer fixassent leur attention sur cette vérité malheureusement trop démontrée par l'expérience, que, par l'effet d'une copie inexacte, une faute grossière en elle-même , mais cachée sous une légère apparence déraison, peut échapper à plusieurs lectures , jusqu'au tirage où il n'est souvent plus temps de la rele\'er. Cette recommandation , que nous nous permettons de faire aux auteurs dans leur propre intérêt , s'adresse plus particulièrement à ceux dont les ouvrages , traitant un sujet spécial, ne peuvent être compris que d'un petit nombre de lecteurs, et dont, par cette raison même, la copie doit être servilement suivie à la composition.
On ne doit pas être moins attentif dans le clioix des copies impiùnées ; car il en est beaucoup qui , pour la réimpression, ne piésentent pas moins de chances d'incorrection que n'en présenteraient souvent des copies manuscrites. Il faut donc , dans ce cas , ou choisir celle
des éditions précédentes qui passe pour être la plus correcte, ou faire lire par un correcteur celle que l'on adopte , lorsqu'elle est fauli\ e dans le texte ou dans la ponctuation. Ces précautions sont de la plus grande importance. Si on les néglige , les éditions vont toujours en se détériorant , puisqu'aux anciennes fautes , qui se perpétuent , se joignent en plus ou moins grand nombre celles qui résultent infailliblement de la réimpression.