‹ Traité de la typographie (volume 2)Chapitre 39 sur 124 · DES CONDITIONS ESSENTIELLES ET DES PARTIES INTÉGRANTES D'UN HFRE · texte numérisé non relu

DES CONDITIONS ESSENTIELLES ET DES PARTIES INTÉGRANTES D'UN HFRE

Un livre, de quelque nature, de quelque élendue qu'il soit, se compose généralement d'un texte et d'une ou de plusieurs parties , accessoires ou intégrantes , mais distinctes du texte. Toutes ces jwrtions d'un livre, prises séparément, sont en outre susceptibles de division. Nous allons examiner successivement toutes les circonstances qui peuvent se présenter, en n'appliquant cette analyse, purement ty{K)grapliique , qu'aux parties matérielles et non aux parties intellectuelles d'im ouvrage , dont la distribution n'appartient qu'à Fauteur. Notre lâche se bornera à exposer l'ordre suivant lequel cette disjjosition doit être faite, les rapports des parties entre elles, et les bases de leur composition. Nous traiterons donc d'abord des conditions fonda)nentales d'un livre, et ensuite des parties dans lesquelles il se divise naturellement.

Le format d'im ouvrage est le résultat du nombre de feuillets contenu dans chacune des feuilles dont il se compose. La feuille étant ployée en autant de parties égales qu'il y a de pages dans la forme, quelle que soit

la quantité de ces parties, chaque format tire son nom du nombre de feuillets on de la moitié du nombre de pages qu'elle renfenne. Ainsi l'iii-octavo renferme huit feuillets ou seize pages , Fin-folio deux feuillets ou quatre pages , etc.

Le format est la hase essentielle d'un ouvrage sous le rapport typographique ; c'est la condition première qui détermine toutes les autres, telles que la justification , la longueur des pages , la force des caractères à y employer ; souvent même elle règle la qualité et le degré d'épaisseur du papier qui doit servir au tirage. D faut savoir lui approprier ces diverses conditions, tant que des considérations majeures ne s'y opposent pas.

Les différents ybrma/5 usités dans l'imprimerie sont l'atlas, l'in-folio, l'in-quarto, l'in-octavo, l'in-douze, l'in-seize, l'in-dix-huit et l'in-trente-deux. Voilà du moins tous ceux dont l'usage est le plus fréquent. Les suivants , bien qu'on ne les emploie que dans des occasions beaucoup plus rares, sont cependant connus dans la librairie , où leiu' existence est attestée par des exemples plus ou moins nombreux. Les voici par ordre numérique : l'in-^-ingt-quatre , l'in-trente-six , l'inquarante - huit , l'in - soixante - quatre , l'in - soixantedouze , l'in-quatre-vingt-seize et l'in-cent-A'ingt-huit.

L.e format atlantique est celui qui ne contient qu'une page dans un côté entier de la feuille. Il n'est guère en usage que pour les placards, les textes destinés à accompagner des planches, des tables chronologiques, des tableau x synoptiques , pour des imprimés d'administration ou d'autres ouviages de même genre.

COMPOSITION. go

Vin-folio est le format où la feuille est ployée en deux. On l'emploie pour les impressions dans lesquelles on leut étaler un grand luxe typ)graphi(iue. Du reste, aimme il est en même temps le plus grand, le plus lourd, le moins cxjramode de tous les formats , il n'est guère d'usage que pour les ouvrages de recherches , et que l'on ne conserve dans ses bibliothèques que pour les consulter parfois, et non pour s'en servir habituellement. Il existe dans ce format des dictionnaires , et d'autres ouvrages de la même nature et composés dans le même but; mais, à présent qu'on en a reconnu tous les inconvénients, et surtout l'incommodité, que, d'ailleurs, on réimprime fort peu et que l'on compose encore moins de ces ouvrages auxquels il convenait, il semble devoir être prochainement rayé de la liste des formats reçus.

\Jin-quarto est également moins usité maintenant qu'il ne l'était autrefois. Cependant on l'emploie encore pour les dictionnaires , pour les mémoires , pour les ouvrages scientifiques, et généralement pour ceux dans lestiuels il se trouve des taljleaux ou de longues oj)éralions qui exigent une cerlaijie étendue dans la justification. Ce format n'est même plus employé pour des éditions de luxe parce qu'il est lourd et dépourvu d'élégance; on lui préfère encore l'in-folio, qui n'est guère moins portatif, et dont les proportions sont plus heureuses.

\J in-octavo est de tous les formats le seul qui soit susceptible de joindre l'élégance et la beauté à toutes les facilités que puisse offrir un li^'re. D réunit le suf-

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frage du lecteur et celui du bibliophile; parce qu'en même temps qu'il est commode pour celui qui s'en sert, il figure avec agrément dans une bibliothèque. Aussi la réunion de ces diverses qualités , qui paraissent inconciliables , lui ont-elles conféré le preipier rang dans l'empire de la bibliographie, dont il embrasse à lui seul presque tout le domaine. Cette prééminence, sotis le rapport de la vogue , est tellement marquée , qu'aucun ùxitre format ne saurait Ivii être comparé; et l'on peut avancer, sans exagération, que, de tous les volumes que l'imprimerie met au jour, les trois quarts sont in-octavo. L'in-octavo convient d'ailleurs à toutes sortes d'ouvrages : il lient le milieu pour les dimensions et pour les caractères entre tous les autres formats. Ce sont tous ces motifs qui contribuent à en rendre l'usage aussi fréquent.

JJ in-douze, qui vient après l'in-octa\o dans l'ordre de progressioir décroissante , le suit aussi iuunédiatement , quoique à une assez grande distance , pour le degré d'usage qui lui est assigné dans la typographie. Il est généralement adopté pour les livres classiques , pour les romans et antres ouvrages usuels, ce qui en rend l'emploi assez commun. Si on le considère sous le rapport matériel, c'est-à-dire sous celui de la composition et du tirage, on verra qu'il ne tient en rien des autres formats, et qu'il exige pour ses fonctions une manutention toute différente. C'est ce qui fait dire que c'est un format bâtard , et les ouvriers lui préfèrent tous les autres. Il n'est cependant pas d'un aspect désagréable ; ses proportions sont celles de l'in-octavo : il tient le

milieu entre l'in-octavo et l'in-seize , formats qui sont assez disLints l'un de l'autre pour qu'il y en ait un intermédiaire.

iJin-seize ne s'emploie que rarement ; non pas qu'il manque de régularité, car il lient de l'in-octavo, mais parce que sa forme est lourde et disgracieuse comme celle de l'in-quarto dont il est le quart.

JSin-dix-huit est d'im usage assez fréciuent. Il tient de l'in-douze; et la feuille du premier se compose de trois demi-feuilles du second.

Ici finit la série des formats primitifs; les autres ne sont que les composés et les multiples de ceux-là. Par exemple , Vin-vingt-quatre forme deux in-douze , l'intrente-deux quatre in-octavo, Yin-trente-six deux indix-huit. Comme ces divers formats n'ont rien de particulier, et qu'ils correspondent à leurs radicaux, il serait tout-à-fait superflu de s'arrêter à leur description. Les principes et les observations énoncés à l'égard des formats dont ils dérivent leur sont également applicables.

On reconnaît \e format d'un ouvrage aux signatures de ses feuilles : c'est là la seule indication positive à laquelle on doive s'arrêter. Il existe encore im autre moyen de distinguer certains formats entre eux ; ce moyen est d'une application moins générale que celui précédemment indiqué ; mais il vient à son appui , et peut être utile dans certaines circonstances aux personnes qui s'occupent de bibliograplùe. Voici en quoi il consiste. Les papiers à vergeures sont traversés dans leur largeur, et à des dis lances égales, par des raies parai-

lèles que Ton appelle pontuseaux. Leur direction, soil horizontale, soit perpendiculaii'e, peut procurer quelques renseignements sur la nature des formats ; méàs Tusage de celte indication ne peut serrir que dans certains cas ; quelquefois il est vicieux. D'abord il est nul pour les papiers vélins , qui n'ont jamais ni vergeures ni pontuseaux ; ensuite , lorsque dans plusieui-s formats consécutifs leur direction est la même, cette identité peut occasioner des erreurs , ou au moins laisser de l'incertitude.

Quoi qu'il en soit, et quelque rare que puisse être l'emploi de cet indice, nous allons faire connaîli'e la direction des pontuseaux dans cliaquc espèce déformât.

Ils sont perpendiculaires dans l'in-folio , l'in-octavo , l'in - dix -huit , Fin - trente - deux , l'in- soixante - douze , l'in-quatre-vingt-seize et l'in-cent-vingt-huit.

Ils sont horizontaux dans l'in-quarto , l'in-douze , l'inseize, l'in-trente-six , l'in-quarante-huit, l'in-soixantequalre.

Us peuvent avoir l'une et l'autre de ces directions dans l'in-vingt-quatre , suivant l'imposition de la feuille. Dans ce cas , on est olîligé de recourir exclusivement aux signatures.

Beaucoup de persomies, et même presque toutes celles qui ne sont pas initiées aux secrets de la typographie , s'imaginent que l'habitude de voir les livres donne la faciUté de distinguer le format d''\in ou^Tage au simple aperçu de ses dimensions; elles pensent qu'un format n'admet pas plusieurs grandeurs. C'est une erreur ; cai- , suivant la dimension du papier, il est facile de pren-

dre, par exemple , un in-dix-huit poui- un in-douze , el vice versa.

Le format d'un papier est sa dimension conformément à différentes mesures reçues. Voyez la nomenclature de ces formats à l'article Papier.

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