‹ Traité de la typographie (volume 2)Chapitre 61 sur 124 · DIVISION · texte numérisé non relu

DIVISION

On appelle ainsi la faculté qu'a le compositeur de couper, à la fin d'une ligne de prose, im mot en deux parties, et de rejeter la seconde au commencement de la ligne suivante. Cette faculté toutefois a des bornes , et nous allons indiquer celles dans lesquelles on doit la resserrer.

D'abord il est de règle qu'on ne sépare que les syllabes.

On ne doit pas diviser un mot de deux syllabes dont la dernière est muette, à moins de nécessité impérieuse; encore cet arrangement n'est-il supportable à l'œil que lorsque la syllalje rejelée a trois ou quatre lettres, comme dans ces mots : ai -ment, nom-bres , etc. ;, à plus forte raison ne doit -on pas rejeter une syllabe muette , lorsque le mot divisé est plus que dissyllabique.

COMPOSITION. l63

On ne divise jamais un mol de manière ù laisser à la fin d'une ligne, ou à reporter au commencement de la suivante, une syllabe formée par une seule lettre.

Lorsqu'un mot composé se divise au jjoint de la jonction de ses parties intégrantes , si la fin de l'une de ces parties et le commencement de l'autre ne sont pas fondus dans la même syllabe, la division doit isoler les deux mots primitifs.

Par exemple, pour les mois, constitution, institution, un comjjositeur qui ignorerait leur oljinologie formerait les divisions ainsi qu'il sixit : cons-titution , îns - titution ; il faudrait, au contraire, les former comme ci -après : con-stitution, in-stitution. Cette règle , qui s'applique à une foiile d'autres mots dans la langue française, tient à la nécessité d'indiquer toujours ses racines et ses élymologies dans l'art typogra- [diique, qui tire son premier lustre de la science grammaticale.

11 ne faut pas diviser un mot d'une page à l'autre , surtout depuis la suppression des réclames.

Excepté dans le cas des mois composés , on ne place jamais la division entre deux voyelles bien qu'appartenant à deux syllabes diflërentes , non plus que devant ou après une consonne double , comme le x. Deux divisions consécutives sont tolérées ; mais plus répétées elles choquent la vue.

La division a pour but de faciliter la régularité de l'espacement; mais elle n'en est pas moins une licence. Si l'égalité des espaces est d'un bon effet dans un livre , la rareté des divisions est également appréciée; il faut

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donc , suivant les positions , s'attacher à éviter entre ces deux défauts celui qui serait le plus ridicule.

La diuision est généralement figurée par vuie petite barre horizontale , mais quelquefois par deux barres placées parallèlement l'une sous l'autre. Celte forme est préférable, en ce qu'elle la distingue du trait d'union, avec lequel elle pourrait être confondue dans certains cas. Il y en a sur plusieurs épaisseurs pour la facilité de la composition ; la plus forte est sur demicadratin.

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