‹ Traité de la typographie (volume 2)Chapitre 62 sur 124 · ABRÉVIATIONS · texte numérisé non relu

ABRÉVIATIONS

On se servait autrefois de Aoy elles afl'ectées d'un signe particulier, aii moyen desquelles on retranchait la consonne m ou n dont ces Toy elles pouvaient être suivies. Dans le latin , on représentait la conjonction enclitique que par la consonne q suivie d'un point-virgule. Ces sortes d'abréviations , dont le but primitif était sans dotite de faciliter dans certains cas l'espacement des mots, avaient reçu par la suite vme application générale ; et le temps a^■ait converti en règle absolue ce qui n'était originairement que facultatif. Mais cet abus, qui avait le double inconvénient, en défigurant les mots, d'en rendre l'aspect moins agréable et la lecture plus pénible , excita les réclamations du plus grand nombre des lecteurs, dont le sentiment doit toujours prévaloir sur les autres considérations purement typographiques. Force fut donc aux imprimeurs de revenir de cette bizarre coutume aux principes naturels dont elle les avait fait dévier, et ils ne purent même la maintenir comme

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exception. Dès-lors ils adoptèrent un système d'abréviations plus approprié aux besoins de l'art, et en outre plus intelligible , en se bornant à abréger dans quelques textes ceilains mots qui s'y reproduisaient fréquemment.

Uiuis le corps des ouvrages, généralement on doit user avec sobriété de ce pri^ilège, qui n'est guère réservé qu'aux ouvrages scientifiques où certaines répétitions sont inévitables, et où il tempère ce qu'elles ont de fatigant pour l'œil. Les conunentaires admettent plus facilement l'emploi des abréviations ; il y est même essentiel : les noms d'auteurs, les titres et parties d'ouvrages auxquels on renvoie, s'y mettent rarement en entier. Les tables, index , additions marginales , et en général les parties d'un volume autres que son texte proprement dit, en sont également susceptibles.

Ce que nous venons de dire des abréviations et de leur application souvent arbitraire démontre l'impossibilité de prescrire des règles particulières à cet égard ; nous nous Iwrnerons donc à des observations générales.

Les adverbes numériques primo , secundo , etc. , s'expriment par leur nombre en chiffres arabes suivis d'un 0 supérieur. Ainsi on imprime toujours de cette manière : i», 2», S», etc.

Les noms de nombres ordinaxix, au lieu de se mettre en toutes lettres, sont souvent abrégés; leur nombre, soit en chiffres romains , soit en chiffres arabes , selon le cas, et suivi d'iine supérieur, remplace l'adjectif numérique qui en est formé. Le nom de nombre premier , première f eu égard à la différence de sa tei-minaison, s'abrège en i'' , i^^.

l66 PARTIE I, CHAPITRE V.

Il en est de même pour certains formais de livres dont les noms peuvent s'aljréger ainsi : in-f» , in-4'* , in-S".

Les ouvrages de sciences ou d'arts , qui ont leurs abréviations particulières , doivent en porter la liste en tête du livre. Tels sont les dictioimaires , pour lesquels principalement cette ressource est précieuse, à cause du grand nombre de mots qui se représentent à chaque article, et qui , réduits souvent à une seule lettre ou à uiie syllabe , ont en même temps l'avantage d'occuper une moindre place , et d'accélérer la lecture en simplifiant les signes des idées.

Les mots abrégés par apocope, c'est-à-dire ceux dont on retranche une partie cjuelconque à la terminaison , doivent être suivis d'un point, cormne signe d'abréviation , indépendamment des autres signes de ponctuation que la position de ces mots peut exiger après eux. Seulement on ne répéterait pas le point , si l'un de ces mots se trouvait à la fin d'une phrase, position que l'on doit généralement éviter.

Les mots abrégés par syncope , c'est-à-dire ceux dont on retranche une partie intérieure, et dont la ^terminaison est indiquée en lettres supérieures, ne prennent pas le point comme les autres. Faute à nous de pouvoir présenter des règles à cet égard, eu raison de la grande diversité des mots que l'on peut se trouver dans la nécessité d'abréger , nous nous bornerons à dire qu'il faut, autant que possible , conserver le radical du mot, afin c|u'il soit toujours recoiuiaissable , et qu'on ne doit jamais, à moins d'un besoin absolu , aljréger un mot de sa syllabe finale.

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