GARNITURES
Les garnitures sont les intervalles qui séparent les pages dans une forme , et qui représentent les marges du papier. Elles varient quant à l'épaisseur et à la longueur, eu égard à la diversité des formats.
On se servait autrefois ( et aujourd'hui même on s'en sert encore dans un certain nombre d'imprimeries ) de bois pour établir les garnitures. Cette méthode était sujette à une foule d'inconvénients dont il
suffira d'indi(iuer les plus graves. Ces bois étaient trèsrarement assez égaux en épaisseur pour que les intervalles fussent identiques; et, au moment du tirage, il était diflicile d'obtenir un registre parfait. Après le lavage de la forme, s'il arrivait qu'elle restât plusieurs jours imposée, les bois se séchaient et se resserraient, d'où il résultait de fréquentes décompositions des formes , notamment dans le temps des chaleurs. Les bois , une fois coupés pour un ouvrage, étaient rarement employés à d'autres , et il fallait les renouveler fréquemment.
L'opinion générale des imprimeurs sur l'imperfection de cette méthode engagea les fondeurs à s'approprier ce genre d'exploitation. Cette innovation fit naître différents systèmes , dont voici le résultat sommaire.
On a établi une échelle de proportion, applicable à la fois à l'épaisseur et à la longueur de ces plombs. On a pris pour cela une mesure commune qui a servi d'unité , telle par exemple qu'un Saint- Augustin, ou douze pouils typographiques.
Il existe dans un même système plusieurs épaisseurs , qui sont toutes divisibles par l'iuiité primitive; du reste elles se inodifient à l'aide de réglettes ou d'interlignes. Quant aux longueurs, on les forme par la combinaison de différents nmnéros.
Les garnitures ne varient pas seulement suivant les formats, mais encore , dans le même format , suivant la justification. Leur emploi est la partie sans contredit la plus délicate et la plus importante de l'imposition , puisqu'elles déterminent les marges d'une feuille, ce qui
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influe essentiellement sur Faspecl agréable ou disgracieux d'un livre. 11 est presque impossible de présenter à cet égard un corps de principes très-complet; mais nous pouvons indiquer , comme les plus générales et les moms susceptibles d'exceptions , les règles qui suivent.
1°. Les garnitures de tèle et de fond étant invariables et indépendantes de la distribution plus ou moins égale des marges extérieures qui se fait au tirage , et les feuilles ne devant jamais être ébarbées de ces côtés-là, ces blancs sont ordinairement moindres d'un tiers que ceux du dehors qui leur correspondent.
2°. Les blancs dans lesquels il y a coupure lorsqu'on plie les feuilles doivent être un peu élargis proportionnellement aux autres, parce que cette opération peut endommager les marges, mais cependant rester un peu moins larges que les bords de la feuille, qui sont exposés aux inégalités du papier et au placement irrégulier de la feuiUe sur le tympan. Cet excédant en faveur des fausses marges doit se composer de la partie destinée à être ébarbée au brochage.
3°. L.es garnitures d'un labeur ne peuvent être invariablement établies que sur une feuiUe du papier qui doit être employé à son tirage. Il y a , dans les papiers de même format, des différences de dimensions plus ou moins marquées , mais toujours telles qu'elles apportent à la distribution des blancs certaines modiCcations plus ou moins sensibles.
4°. Dans les impositions qui nécessitent des coupures là où le blanc n'est pas partagé également , toutes les fois
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qu'on n'est pas guidé par les trous des pointures, comme ou Test d:ins l'in-douze, il est d'usage d'indiquer par des tilets les endroits où le plioir doit passer. Ainsi , dans l'in-dix-hnit, il est bon d'en mettre en tète de chacun des trois cartons intercalaires.
Les garnitures des deux formes qui composent une feuille doivent toujours être parfaitement identiques, pour que le registre puisse être fait. Cette conformité doit exister également pour toutes celles qui peuvent être établies sur im labeur ; la première, une fois faiteet approuvée, doit servir de modèle à toutes les autres.
Les garnitures fondues suivant le meilleur des systèmes actuels sont percées dans la longueur à de certaines distances, et reçoivent des supports pareillement en fonte, ou en liége, qui, au tirage, sont d'une trèsgrande utilité.
On appelle bois en général les biseaux et les réglettes <[ui se trouvent dans la forme , ainsi que les garnitures lorsqu'elles sont faites avec cette substance. Dans ce dernier cas , ils se divisent en bois de têtes , de fonds et de marges.
Les bois n'ont ordinairement que huit lignes an plus de hauteur. Quelquefois cependant on se sert de biseaux et de réglettes qui sont de la même hauteur que la lettre. C'est de préférence le chêne que l'on emploie pour confectionner les bois; û faut qu'il soit vieux, parce qu'il est aloi-s moins susceptible de se déjeter; il doit être équarri avec soin.
l86 PARTIE I, CHAPITRE VI.
Les biseaux sont des morceaux de bois qui entourent les caractères d'une forme sur trois parties du cliâssis, le bas et les deux côtés. Il entre quatre biseaux dans la garniture d'une forme pleine , savoir , deux grands (un sur chaque ligne latérale ) , et deux petits dont la tête est à la barre du châssis , et qui aboutissent perpendiculairement à chacun des grands biseaux. Pour les impositions qui se font dans des ramelles, deux biseaux suffisent quelquefois.
Les biseaux sont droits dans un sens , et dans l'autre taillés en biais pour recevoir les coins, qui se placent entre eux et le fer du châssis. Leur épaisseur est indéterminée ; elle ne doit pas être constamment la même , parce qu'il arrive que différentes impositions exigent des biseaux de forces tout opposées. La seule condition importante , dans tous les cas , c'est que la pente n'en soit pas trop roide , mais au contraire tracée d'une manière insensible. 11 y a des biseaux d'une couche, c'est-àdire propres seulement à l'un des deux côtés d'mie forme, et d'autres de deux couches, qui conviennent également à l'un et à l'autre sens.
Les biseaux sont généralement de la hauteur des garnitures^ On en fait, dans certains cas, qui approchent de celle du caractère et qui supportent les bords de la forme.
Il est ti'ès-important que les biseaux soient dressés avec soin , afin que la forme soit bien serrée. Pour
assurer sa solidité, il est également convenable que le lx>is des biseaux soit de Ixmne qualité.