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RÉGLETTES

Les réglettes sont des morceaux de bois équarris sur tous les sens , et dont la largeur est prise sur des épaisseurs typographiques. Les plus minces sont sur quatre points , et elles suivent une progression croissante jusqu'à trente-six points environ. Lorsqxi'elles passent ce calibre, elles deviennent des }x)is. Leur longueur est indéterminée , parce qu'on les scie siùvant le besoin. Leur hauteur doit être la même (jue celle des cadrais et des espaces. On en fait quelquefois de la haixteur de la lettre , et elles servent de supports.

Les réglettes sont d'un emploi très-fréquent dans la formation des garnitures. Il est nécessaire qu'elles soient parfaitement dressées , et du bois le moins susceptible de travailler ou de se gonfler à l'eau. On se sert généralement aujourd'hui de réglettes en fonte, ce qui est incontestablement préférable.

Ce sont de petits morceaux de bois taillés en biseau, et de différentes largeurs. Placés entre le biseau et le fer du châssis , ils servent à serrer la forme. On les emploie aussi pour l'arrêter sur le marbre de la presse; dans ce cas, on les met entre le châssis et les cornières.

Le rang est une table en forme de piipiti'e, garnie cVun épais relîord le long de la partie inférieure, et soutenue à ses deux extrémités par un tréteau. C'est sur cet échafaudage que la casse est montée. On place ordinairement au-dessous du pupitre une, deux ou trois tablettes sur lesquelles on pose ses paquets de composition ou de distribution, les pages disposées pour l'imposition, et généralement tout ce qui est à l'usage du compositeur. Ces tablettes régnent d'un tréteau à l'autre. Il y a des rangs de deux casses; ceux-là doivent être soutenus vei's le milieu par un troisième tréteau.

La table et les tréteaux d'un rang étant destinés à supporter des poids souvent considérables, le bois de chêne est celui qui convient le mieux à leur construction. Les tablettes peuvent être en bois blanc.

La galée est une planche de forme rectangulaire, garnie en dessus d'un tasseau qui règne dans toute la longueur des deux côtés formant l'angle inférieur de la droite, et en dessous, de deux chevilles placées à des angles correspondanls, et qui servent à la fixer. Elle a pour objet de recevoir les lignes qui sortent du composteur, et qui sont appuyées sur son rebord, jusqu'à ce que , étant en nombre suthsant pour former une page , on les lie ensemble pour les changer de place.

L'épaisseur de la galée doit être proportionnée à la

force et an jioids des caractères qu'elle doit contenir ; elle est, dans son mininuim , de six lignes , et de dixhuit dans son maximum. Quant à sa dimension , qui éprouve des variations plus marquées, elle est déterminée ordinairement par le format des pages à l'usage desquelles elle est destinée. La galée , telle qxie nous venons de la décrire , est celle dont l'emploi est le plus général. Elle sert dans tous les petits formats et jusfiu'à l'jn-octiivo inclusivement, parce que dans tous ces cas on peut facilement enlever la page avec les deux mains pour la transjK)rter ailleui-s. Mais celles dont on se sert pour les compositions in-quarto et infolio sont d'une construction différente; et voici ce qui les distingue des autres, outre la supériorité de leur tlimension. Le côté de la galée qui est parallèle à sa base, c'est-à-dire celui qui concourt à former l'angle suj»érieur de la droite, est également bordé d'un tasseau semblable à celui des deux autres , en sorte qu'il ne reste qu'un côté découvert. La jKirtie qui forme le corps de la galée est à double fond; elle se compose de deux planches , dont l'une est fixe : l'autre , en forme de tiroir, entre et sort au moyen de rainures pratiquées sous les tasseaux et d'une poignée attenant au côté ouvert. A l'aide de cette seconde planche, que l'on nomme coulisse , on enlève facilement la page que les deux mains du compositeur ne jwurraient embrasser, et on la glisse rapidement sur le porte-page, ou sur le marbre si l'on doit l'imposer de suite. On place sa galée dans un sens diagonal, sur la partie droite du liaut-decasse , qui est d'un usage beauconp moins fréquent que

igo PARTIE I, CHAPITRE VI.

le reste , et l'on a soin de Tarrèter solidement en l'accrochant aux cassetins parles chevilles , et de lui donner une position telle que les lignes qu'elle contient ne soient pas exposées à tomber.

Les galées exigent le plus grand soin dans leur confection. Elles doivent être dressées avec xxne justesse exti'ême, surtout dans les angles, où l'équerre doit être parfait. Sans cette condition , le compositeur , qui repasse souvent dans la. galée la justification de ses lignes, pourrail être induit en erreur par l'inégalité du coin et des côtés ; il se livrerait à iin travail dont il reconnaîtrait ensuite l'inutilité, en se voyant obligé de rétablir les choses dans leur premier état. Il est aussi très-important qu'on emploie à leur fabrication un bois qui ne soit pas de nature à se fendre ou à se cintrer, en un mot qui soit le moins possible sujet à travailler. Les bords de la galée n'ayant d'autre objet que de maintenir les lignes , il n'est pas nécessaire qu'ils aient plus de cinq lignes de hauteur; et même l'excédant serait nuisible et empêcherait l'ouvrier de manier librement ou de reprendre à sa volonté les lignes qu'il a placées dans la galée.

Il y a une autre espèce de galée , qui consiste simplement dans une planche à rebords placée en pente , et plus ou moins longue et large , suivant que le permet l'emplacement qui y est destiné. Elle sert aux metteurs en pages, qui ont des parties de composition à consers'er, telles que les lignes de pied, liti'es courants, pages blanches, etc., qui peuvent redevenir nécessaires dans le cours de l'ouvrage. Ces galées servent aussi à recevoir les gros caractères et les lettres de deux points, qui , plus

faciles à eiidoinm.ager , se délcriorent promptement dans des casses ou dans des ciisseaux. A cet effet, on établit , au moyen de réglettes minces , des séparations verticales dont rbitervalle est mesuré sur la force de corps des lettres; on place dans chacun de ces casselins les dill'érentes sortes par ordre alphabétique, en nietl^mt Toeil en dehoi-s ; elles se trouvent ainsi préservées du contact des autres lettres.

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