BALLES
La balle se compose d^un morceau de bois creux , de forme conique , un peu arrondi vers le milieu , au sommet duquel est ajusté un manche également en bois ; de deux cuirs taillés en rond , dont Tun sert de doublure , et qui se fixent l'un et Fautre, avec des clous y à la base du bois de balle; et d'un tampon de laine , qui remplit la cavité du bois et le vide formé par le cuir.
Les cuirs de chien sont préférables aux cuirs de moU'» ton; ils gardent mieux l'encre et durent plus longtemps. Les vieux servent de doublure. Les clous dont on se sert sont carrés , et ont de quatre à cinq lignes de longueur.
Voici de quelle manière on monte les battes à neuf.
On fait tremper les cuirs pendant douze heures en* viron; on les roulé ensuite , et tenant une extrémité de chaque main on les détire le long d'une corde; on les enveloppe d'une maculature , et on les corroie avec le pied , en ayant soin de choisir la partie la plus unie du plancher et de se servir d'une semelle non cloutée, afin que le cuir ne puisse être endommagé par aucun corps tranchant.
TIRAGE. 25l
Cette opération faite , et renouvelée jusqu^à ce que le cuir soit suffisamment assoupli , on remplit le bois d^une laine neuve ou nouvellement cardée , et disposée par bandes, afin qu^il n'y ait pas d'intervalles , et que le cuir soit tendu dans toutes ses parties» Le cuir est provisoirement fixé avec quatre clous , placés à égale dis> tance. On l'arrête ensuite définitivement, de manière à ce que les clous portent à la fois sur le pli du cuir et sur la doublure.
Lorsque les deux bailes sont ainsi montées, on les imbibe de vernis , pour les préparer à recevoir l'encre. On enlève ensuite ce vernis avec un couteau à lame ronde et non affilée , en remontant des bords du cuir vers son milieu. Cette opération s'appelle ratisser les halles»
On prend ensuite de l'encre , on distribue les halles^ on les décharge sur une feuille de papier collé, placée entre elles deux ; puis on reprend de l'encre , on touche pour s'assurer ai elles sont prises , et on recommence cette opération jusqu'à oe qu'elles soient encrées bien à propos.
On trouve quelquefois des cuirs qui n'ont pas été suffisamment dégi*aissés par le mégissier. Dans ce cas, on les saupoudre de cendre fine ^ et on les met en presse , pour en exprimer l'huile qui combat le vernis.
Lorsque Touvrier interrompt son travail pour quelques instants, il doit en laisser une aux chevilles et suspendre l'autre à une corde. Le contact les rendrait teigneuses.
Elles doivent toujours être démontées à la fin de la journée.