‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 101 sur 128 · ROULEAU · texte numérisé non relu

ROULEAU

Le rouleau est une composition de mélasse et de gélatine coulée sur un mandrin en bois. Les deux poignées sont adaptées à une bande de fer , recourbée en équerre à ses deux extrémités. Cette monture est maintenue par une trin^e également en fer, qui, traversant le mandrin dans sa longuem* , est fixée à l'un des bouts de la monture par une rivure et à l'autre par un écrou. Le diamètre du rouleau est de trois pouces environ.

FOUBNIER, l3

Pour fondre le rouleau , on fait détremper la gélatine dans Teau pendant vingt-quatre heures, en la retournant de six en six heures. La colle de Flandre est celle qui convient le mieux pour cet usage. Lorsque Teau , versée à fleur de la colle , a été absorbée par elle, on place la marmite qui la contient dans une autre marmite, pour que la colle fonde au bain-marie. On f 'écume, et, lorsqu'elle est entièrement dissoute, on y verse |^>areille quantité de mélasse , et on remue le tout pour que la fusion des deux substances soit générale.

On verse la composition dans un moule de zinc. Lorsqu'elle y est restée au moins douze heures , on en retire le roulecui, et on Pexpose à Pair pendant pareille durée , afin qu'il ait le temps de se rasseoir et d'acquérir la consistance qui lui est nécessaire.

Il y a des moules de différentes grandeurs, attendu que les formes plas ou moins pleines demandent des rouleaux plus ou moins longs.

Lorsqu'on refond de vieux rouleaux , il faut avoir soin de les laver préalablement avec de la lessive, pour les dégager de l'encre ou des autres corps étrangers qui pourraient y adhérer.

. La température influe beaucoup sur les rouleaux ; aussi doit-on en général en établir la fabrication dans un endroit où elle soit modérée. La gelée et le haie les durcissent , de même que l'humidité les amollit ; c'est pourquoi il est bon d'en avoir toujours en réserve une partie qui soient un peu plus forts en gélatine, et l'autre plus forts en mélasse, pour que les changements de temps ne puissent arrêter le travail des imprimeurs ou nuire à sa qualité.

L'encre se prend avec le rouleau , en rapprochant du cylindre. On le distiibue sur la table , et on le passé quatre ou six fois sur la forme. Lorsqu'on cesse de s'en servir, on le nettoie avec de la lessive et on Fenduit de vernis pour lui conserver son élasticité. L'eau ne lui donne qu'une souplesse momentanée; elle finit par le durcir.

TABLE-ENCfilER.

La table^encrier remplace Pencrier pour les presses qui se servent de rouleaux au lieu de balles.

Cette table est un peu plus large qu'elle n'est profonde. Sa largeur a pour mesure celle du cylindre; sa pi'o&ndeur est déterminée par Pespace nécessaire pour la distribution du rouleau.

A l'un des côtés de la table, et ce c6té se place dans le fond, est adaptée perpendiculairement une pièce de bois régnante, d'environ cinq pouces de hauteur. Cette pièce est doublée d'une plaque de cuivre. Devant elle, à environ deux lignes de distance , est placé un cylindre en fer de deux pouces et demi de diamètre. L'encre se met dans l'intervalle de la plaque de cuivre et du cylindre. Le cylindre est mu par une manivelle qui broie l'encre et qui en fournit à l'extrémité opposée de son diamètre une légère couche qui est prise par le rouleau.

Derrière la pièce de bois sont placées quatre fortes vis qui diminuent ou augmentent l'intervalle servant de réservoir pour l'encre. On resserre les vis , lorsqu'on s'aperçoit qu'elle vient trop abcmdamment. A la partie supérieure de la même pièce est adaptée une petite

aSo PARTIE II, CHAPITRE III.

plaqne de fer-blanc à charnière , qui se rabat sur Tenore et sur le cylindre pour les garantir de la poussière. La table doit en être également préservée , pendant la cessation du travail , par un carton ou une planchette à cet usage.

La table et le cylindre doivent être établis pour les proportions du format jésus.

Page 1