‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 13 sur 128 · INTERLIGNES · texte numérisé non relu

INTERLIGNES

Les inierlignes sont des lames de fonte dont le principal emploi est de séparer les lignes entre elles , ainsi que ce nom le fait connaître.

L'épaisseur et la longueur dés inierlignes subissent de nombreuses variations. Il en existe, depuis un point d'épaisseur jusqu'à six, avec les forces de corps fractionnaires. On n'en fond pas au-dessous d'un point, si ce n'est avec un alliage particulier ; encore n'en peut-on pas faire sur ce corps de toutes les longueurs , ni même au-delà de la justification d'un in-octovo. Celles de six points sont les plus fortes que l'on fasse généralement, quoique souvent on interligue davantage; mais; dans ce

3o PARTIS I, CHAPITRE I.

cas , on les combine avec de plus minces, pour obftenir l'épaisseur demandée.

La longueur des interlignes est extrêmement variable dans ses proportions relatives. Cette irrégularité tient à ce que les justifications , qui exigent des interUgnes de leur mesure, se créent successivement , et que la diversité des goûts influe sur leur formation plutôt que les calculs fixes qui devraient sans cesse y présider.

Voici quelle est notre opinion à Tégard de la création d'une échelle ^interlignes.

Nous supposons une imprimerie qui s'élève, ou qui renouvelle , soit intégralement , soit en détail , toute cette partie de son matériel.

Regardant comme abusive la ûicilité que l'on a de modifier arbitrairement la longueur des interligne, nous voudrions assujettir cette longueur à une progression unifi)rme , en établissant toutefois , pour certaines classes de formats, plusieurs séries de degrés. A l'aide du typomètre, et pour plus de sûreté en cas de fonte ultérieure, nous choisirions pour la base de cette opération un nombre entier de points typographiques , et même un nombre divisible par une force de corps usitée , comme trois , quatre, six points , etc.

Nous prendrions, par exemple, pour point de départ de l'échelle ascendante V interligne de 120 points, et nous distinguerions quatre classes , différenciées l'une de l'autre par le degré servant de terme de proportion.

La ii^ classe oomprendi'ait dix degrés ^ interlignes , de quatre points chacun, et.oonséquemment monterait de lao à 160 points.

COMPOSITION. 5l

La anie aurait quatorze degrés de six points; elle oonunencerait à 162 points , et finirait à 24^.

La 3^® ocnnprendsait huit degrés de douze points,

de tt58 à 354.

La 4™^ aurait le degré de seize points, et en oontien* drait huit-, elle monterait de 368 à 496 points.

Dans la première de ces catégories seraient compris les petits foinnats , depuis Fin-trente-six jusqu'à Fin- «eize. Quant aux formats inférieurs et aux justifications de colonnes , comme ce» cas sont plus rares , leurs interlignes seraient Tobjet d'une fonte particulière , et non assujettie aux mêmes règles que les autres. La seoonde commencerait au petit in-douze et finirait au grand in-octavo. Les degrés n'en sauraient être trop multipliés , parce que les interlignes de cette série sont d'un usage très-fréquent. La troisième serait destinée aux in-quarto , et la quatrième aux in-folio.

Quant à la force de corps de ces interlignes ^ elle serait le plus souvent déterminée par la nécessité du moment. Cependant celles des deux premières classes pourraient provisoirement être fondues sur deux et sur trois points, les autres sur trois et sur quatre, ces épaissenrs étant dans un rapport assez constant avec les formats.

Les interlignes devraient être désignées par des numéros d'ordre d'une seule série pour toute l'échelle.

Lorsque des interlignes du même numéro seraient fendues sur deux épaisseurs très-rapprochées, on pourrait en dbtinguer une par un cran pratiqué à l'une de ses extrémités.

n se présente fréquemment des formats pour lesquels il n'existe pas à' interlignes assez longues. Dans ce cas on en met deux au boiit Tune de l'autre , égales d'épaisseur, mais différentes de longueur , pour que les lignes ne fléchissent pas dans le milieu. Lorsqu'on se sert de ces interlignes de deux pièces , il faut avoir soin de les alterner dans leur position. Cette seule précaution peut assurer la solidité de la page.

Les interlignes servent aussi à jeter des blancs; mais il faut les ménager , et se servir le plus possible de cadrats.

Le compositeur dépose ordinairement ses interlignes dans l'un des cassetins du haut le moins usuels et en même temps le plus à portée de la main.

Les interlignes doivent être placées dans une réserve en forme de casier , dont chaque compartiment porte pour étiquette le numéro , la longueur et la force de corps de chaque sorte.

Nous devons avouer que l'étendue de ce plan pour^ rait ne pas convenir à toutes les imprimeries ; mais il sera toujours facile d'en faire l'application en réduisant le nombre de degrés de cette échelle , et en changeant leur valeur. Nous l'offîrons donc moins comme règle que comme exemple, et pour prouver l'utilité d'ime base et d'une mesure établies sur des calculs invariables.

Aucune loi typographique ne détermine la force de VinterlignejSvàyant le format et le caractère, ni son absence totale. Cette condition est soumise aux règles du goût ou à des convenances éventuelles.

CHIFFBES.

Les chiffres wat les signes représentatifs des nombres. Il est certains nombres qui , suivant une convention typographique , sont parties intégrantes de différentes séries d'objets qu'il devient inutSe d'exprimer , parce que la position constamment imiforme des chiffres les fait suffisamment connaître. Ainsi ,^lorsqu'en ouvrant un livre on aperçoit à la ligne de tête un nombre placé , soit au milieu de cette ligne s'il n'y a pas de titre courant , soit dans le cas contraire à l'extrémité de la ligne près de la mai'que extérieure , on sait que ce nombre appartient à la série des folios , bien qu'il ne soit acoom{»gné d'aucune indication. On sait pareillement que le nombre placé au commencement de la ligne de ped est le signe de la tomaison , et que celui qui est rejeté à l'autre bout désigne la feuille ou partie de feuille, suivant la règle fixée à cet égard pour chaque format.

n y a deux espèces de chiffres : arabes et romains. Quoique dans certains cas on se serve indifféremment des uns et des autres , leur emploi est néanmoins assez généralement spécial pour que l'on puisse en établir la distinction.

Les chiffres arabes sont d'un usage plus fréquent : d'abord parce que leurs formes , différentes de celles des lettres, préviennent toute concision entre ces divers signes ; ensuite parce que ces formes , étant plus simples , facilitent l'étude du lecteur, comme elles abrègent le travail du typographe.

FOURIOER. 4

L'utilité de cette sorte de chiffres n'est jamais plus sensible que dans les ouvrages de calcul et de mathématiques; en e£fet , par leur moyen, les nombres ^ ainsi que les différentes catégories dont ils se composent , peuvent être rangés dans un alignement parfait, facilité très-importante, et qui a dû contribuer puissanoment aux progrès des travaux scientifiques. En général le» noms de nombres cardinaux sont exprimés en chiffrti arabes.

Il n'y a point de chiffres italiques, ou au moins il en existe fort peu , et Ton n'en fait plus dans les fonderies, la forme droite étant regardée comme incomparablement préférable pour l'alignement vertical des nombres nécessaire dans les opérations d'arithmétique.

Chaque caractère doit avoir des chiffres supérieurs, àaat £xa. se sert principalement pour les renvois de notes.

Les chiffres arabes sont tous fondus sur une épaisseur commune , qui est le demi-cadratin du corps. Cette identité de mesure est de la plus grande utilité dans les tableaux dont les colonnes contiennent des nombres, tant pour l'alignement des chiffres que pour la justification des lignes , qui n'ont pas besoin dans ce cas d'être passées au composteur.

On commence à fondi'e des chiffres qui ont entre eux une même hauteur d'œil. Cette imitation du goût anglais est assez heureuse; elle donne aux nombres un aspect à la fois plus saillant et plus régulier.

Les chiffres romains s'emploient assez communément dans les titres , par la raison qu'ils cadrent mieux avec

les capîtaleB ( paûqn'ils en sont eux-mêmes ) que les chiffres arabes , qui généralement ont Poeil d'une lettre bas-de-casse. Ils sont italiques ou romains , suivant que rejdge leur position. Ils se mettent également en petites et en grandes capitales , et suivent en cela la proportion des mois qui entrent dans la même ligue. Avec le basde«<;asse, ils se mettent plus ordinairement en grandes, et notamment dans le cas où ils accompagnent un nom propre, comme Louis IX, Henri IV.

On ne se sert de chiffres romains pour numéroter les pages que lorsquMl y a deux paginations différentes dans un volume.

Voici Farrangement des grandes capitales pour la représentation des nombres , avec rmdication de leur valeur :

I un.

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