‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 49 sur 128 · ALINÉA · texte numérisé non relu

ALINÉA

Quoique ce mot s'explique de lui-même , et semble n'avoir pas besoin de définition , U est nécessaire toutefois d^ faire oonnaitre les variations qu'il pisut recevoir , tant dans sa valeur même , que dans sa disposition typograpliique.

L'alinéa sert à marquer dans le discours une pause

plus prononcée, plus définitive que le point, qui est dans la ponctuation le signe de la plus grande valeur. Ainsi , lorsque Pon passe d'un fait ou d^un raisonne- 'ment à un autre ^ ou d'une partie de sujet à une autre partie , il ne suffit pas d'indiquer que la phrase est terminée ; il faut encore séparer nan-seulement par un point d'arrêt plus marqué , mais même par un certain intervalle, les différentes périodes du discours : tel est le but de l'alinéa.

Dans la prose, il sert bien, comme son nom le fait entendre, à reporter à une autre ligne la suite du sujet que l'on traite j mais il serait peut-être convenable qu'il eût, pour la poésie, une dénomination différente, pu'sqne chaque vers commence de fait une nouvelle ligne. Quoi qu'il en soit de son impropriété dans oe dernier cas, admettons-le ou plutût maintenons-le ici comme un terme de convention , tout en remettant le mot couplet (déjà reçu, en ce sens, dans le llmgage littéraire ) , ou quelque mot analogue qui nous semblerait plus exact et plus conforme à ce genre de texte.

Dans les ouvrages en prose et dans les pièoes de vers de même mesure , la première ligne des alinéas est renfoncée d'un cadratin. Quelquefois, lorsque cette ligne est trop serrée , on se permet de prendi*e quelques points sur le cadratin pour jeter un peu plus d'espace entre les mots. H est, en effet, moins ridicule de voir ce blanc un peu diminué que des mots trop rapprochés Its uns des autres; cependant c'est encore une licence dont il faut s'abstenir le plus possible.

Dans les pièoes en vers libres , où les renfoncements

compositiojî; 121

indiquent les di£férencefl de mesures , on marque les alinéas par une ligne de blanc Dans la poésie divisée par strophes , ou par stances, on les sépare par un nombre plus ou moins grand d^interligues déterminé par la longueur de la page , mais approchant autant que possible de la valeur d^une ligne.

Quelquefois dans la prose même on sépare certains alinéas par une ligne de blanc, lorsque Tordre du discours exige luie transition plus marquée.

. On ne commence pas une page par la dernière ligne d!un alinéa , à moins qu^elle ne soit pleine.

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