TITRE
U y a dans la typographie plysieurs espèces de titreSé Les trois principales sont le titre proprement dit ou frontispice, le faux'titre , et le titre courent.
Le titre ou frontispice d'un ouvrage est une page qui se place au commencement d'un volume , pour faire connaître et la dénomination de l'ouvrage, et la matière qu'il traite , et le nom de son auteur. Cette page est naturellement la plus remarquable de tout le volume , parce que c'est sur elle que se porte d'abord l'attention et qu'elle insiste le plus , tant pour le fond que pour la forme. Comme c'est le titre d'un ouvrage qui , sous ce double rapport, en donne au lecteur la première idée , et que cette sensation primitive , soit qu'elle flatte, soit qu'elle offusque l'esprit ou les yeux, y laisse souvent une impression plus ou moins durable , l'auteur et le typographe doivent réunir leurs efforts pour opérer une prévention favorable. L'un , par la simplicité
et la brièveté qu'il mettra dans la rédactioin du titre, doit donner one idée complète autant que pooaîble da Gontenu de l'ouvrage, en s'attachant toutefois à Btinra- 1er la curiosité du lecteur; l'auti'e, par l'heureuse combinaison des lettres et l'habile disposition des lignes , doit offrir à l'œil du connaisseur un aspect régulier sans monotonie , et agréablement varié. Sans élever nos prétentions jusqu'à vouloir donner aux écrivains des préceptes de style » nous nous permettrons , à titre de conseil ou simplement d'observation , de leur recommander , seulement pour les titres de leurs productions, la précision et la clarté. Souvent la forme de cette page, qui au fond est d'un intérêt très-secondaire, acquiert tme importance majeure par l'influence qu'elle exerce sur celte masse de lecteura frivoles qui n'achètent des livres que pour satisfaire leurs yeux, ou qui cèdent à la séduction du titre.
Ce conseil ne saurait s'appliqper , sans doute , aux productions du génie, consacrées par le temps et par un mérite incontestable , et dont le succès est indépendant de ces faibles considérations ; mais il s'adresse surtout aux auteurs qui , débutant dans la carrière littéraire , et privés des avantages d'une grande réputation , livrent à un public léger et généralement mal prévenu la frêle existence de leur premier-né. Pour nous, que l'expérience a instruits à juger ces différents effets, qui sommes continuellement à portée de passer en revue et d'envisager d'un œil indifférent et impartial les ouvrages de tous genres auxquels nous procurons les h<mneurs de la publicité, nous nous permettrons de leur
COMPOSITION. laS
interdire cet amas de mots ambitieux y cet étalage de titres et de qualités, qui domient souvent au livre un vernis défavorable; et nous les engagerons à se renfermer dans les bornes d^une modestie bien entendue, quant à ce qui les concerne personnellement, comme à ne rien dire au-delà de ce qui est rigoureusement nécessaire pour faire connaître au lecteur Tobjet de leur ouvrage*
Quant à la pai*tie typographique du titre , quoiqu^on ne puisse guère lui appliquer une théorie invariable à cause de la grande diversité et des difficultés nombreuses qui s*y rencontrent , nous nous efforcerons néanmoins de réunir et de présenter ici les différentes dispositions sanctionnées par Tusage et par le goût , afin d'en former , s^il est possible , un coi*ps de principes pom* cette partie. Si cette méthode ne .peut suppléer entièrement au tact qui manque souvent aux ouvriers chargés de composer les titres et aux correcteurs qui négligent d'en rectifier les défauts , nous espérons que les uns et les autres y puiseront des préceptes généraux qui , s'ils veulent bien s^en pénétrer avec quelque attention, les empêcheront du moins de s'écarter des premières notions da bon goût. Nous allons donc établir et développer les principales régies qui concernent la disposition des titres.
Le premier soin d'un ouvrier qui a un titre à composer doit être de lire attentivement la matière que ce titre doit contenir, et, après s'être pénétré du degré d'importance de chacune de ses parties , de distribuer les mots , et de former les lignes de manière à faire émaner de l'importance apparente de ces indications
rimportance réeU« des idées qu'elles présentent , le lecteur devant naturellement proportionner son attention à l'impression transmise à son esprit par l'organe visuel. La disposition que nous prescrivons ici est souvent contrariée par la nécessité de se conformer aux usages de la ty pc^raphie , ou au moins de respecter des règles dont on ne s'est jamais écarté. Dans des cas semblables (et ces cas se reproduisent fréquemment, surtout dans les petits formats où la gène de l'ouvrier à cet égard est encore aggravée par le défaut d'espace) , le grand talent du compositeur , ou de celui qui le dirige dans ce travail, est de concevoir et d'exécuter une distribution de lignes telle que les mots que renferme chacune d'elles offrent un sens complet autant que possible , et y figurent suivant l'importance de leur objet, en conservant toutefois un aspect agréable et régulier : il conciliera ainsi l'utiUté du titre avec l'intérêt de l'art.
Il serait impossible de prescrire une marche invariable pour la composition des titres, La diversité des matières , celle du nombre de lignes , et beaucoup d^autrès circonstances de tout genre s'opposent à ce qde rarement deux titres soient faits d'après les mêmes bases; aussi serait-il ridicule de prétendre indiquer comme règles les caractères et les dispositions à adopter pour chaque format. On ne peut donner à cet égard que des préceptes négatifs , c'est-à-dire signaler les défauts qu'il convient d'éviter , toutes les fois qu'il n'en résultera pas , sous d'autres rapports , des effets trop Moquants,
On se gardera donc : i» de commencer un titre par
une ligne pleine ou par celle qui offrirait les phis gros caractères de la page; dans le cas de nécessité absolue , il faut chercher à prévenir cet inconvénient en plaçant Farticle seul en ligne perdue , si cela est pos^ sible , ou par tout autre moyen auquel on pourra recourir; 20 de composer du même caractère deux ou plusieurs Ugaes consécutives , à moins qu'elles ne forment un sommaire ; car dans un titre soigné , on n'emploie jamais deux fois le même caractère , lorsqu'il y a moyen de s'en dispenser ; 3° de faire deux on plusieurs lignes consécutives ou rapprochées de même longueur , si ce n'est encore dans un sommaire ; or , il est toujoui'S possible d'éviter cette faute eu grossissant ou en a£Gûblissant les lignes suivant le besoin ; 4° de donner à trois lignes consécutives , ou plus , la forme d'un culde-lampe, c'est-à-dire d'un cône droit ou renversé. Cette disposition n'est supportable que pour la parlie inférieure de la page, laquelle peut se terminer en pointe. La forme ovale est celle qu'il convient de donner , autant que possible , au contour du titre»
Pour qu'un titre soit bien fait et qu'il flatte l'œil du lecrtear, ou plutôt de l'amateur, il ne suffît donc pas que la combinaison des différents caractères soit telle qu'elle doit être d'après les règles de la typc^raphie , et que les lignes considérées isolément, offrent toutes les convenances relatives; il faut encore que la réunion de ces lignes présente , par une distribution agréable et bien conçue, un ensemble harmonieux, semblable à ces productions des beaux-arts qui excitent en nous une . admiration spontanée et font naître daqs
notre imaginalion le sentiment du beau. Or , pour arriver à ce degré de perfection où doivent tendre les efforts d'un typographe zélé, il y a deux conditions essentielles à observer , ce sont la proportion des caractères , relativement au format et à leur position respective; puis la répartition bien combinée des interlignes et des espaces.
U serait superflu y ainsi que nous venons de le dire , d'indiquer les caractères à employer pour les titres dans les différents formats. La force des caractères est déterminée et par la largeur des pages et par le contenu des lignes; seulement on doit toujours avoir soin de les approprier les uns aux autres, de les espacer convenablement , et de conserver entre les lignes im intervalle raisonnable. Leur proportion réciproque exige la même attention; elle doit toujours être réglée par le degré d'importance relative des idées exprimées par chacune des lignes. L'usage et le goût suppléeront à l'impossibilité où l'on est de donner à cet égard des règles positives et invariables, à cause de la multiplicité et de la diversité des circonstances qui peuvent se présenter y et dont l'influence inévitable , en y apportant autant de changements et de modiîications , détruiraient cette théorie.
Les distances des lignes entre elles doivent aussi être proportionnées au nombre de lignes du titre, mais toujours de façon que les différentes parties dont il se compose soient bien distinctes , et que leur séparation soit indiquée par un blanc un peu plus fort. Nous entendons par ces mots parties du titre, les divers
membreftde phrases susceptibles d'être présentés isolément comme servant de transition d'un objet à un autre. Tels sont le titre proprement dit, ou la dénomination de l'ouvrage; les idées accessoires qui s'y rattachent, comme les sommaires ou développements dont il est souvent accompagné; le nom de l'auteur et ses qualités; celui de l'éditem* , annotateur ou traducteur ; la cote du volume; le lieu et la date de l'impression; le nom de l'imprimeur ou du libraire-éditeur ; le millésime , etc.
Lorsqu'un titre est chargé , c'est-à-dire quand la matière en est abondante, il faut, pour le simplifier à l'oeil autant que possible , ne mettre en lignes saillantes et détachées des autres que les mots qui doivent indispensablement ressortir , et réduire en sommaires les parties d'un intérêt secondaire , tels que les développements du titre placés ordinairement sous la rubrique d'tm de ces mots : précédé, accompagné, suivi , etc. Cette méthode a le double avantage de conserver les espaces nécessaires , et de faciliter la lecture en réunissant dans un seul caractère un certain nombre de lignes qui , étant distinctes l'une de l'autre et paraissant offrir chacune un intérêt particulier, fatigueraient et la vue et l'esprit. De même que l'auteur ne doit dire que ce qui est strictement nécessaire , et en outre Pexprimer avec toute la brièveté possible ; de son côté, le typographe doit centraUser les idées de même catégorie , les resserrer dans le cadre le plus étroit possible, et, de concert avec l'auteur, s'attacher à ne présenter à l'o&il que des sommi tés.
Dans le cas contraire, c'est-à-dire lorsque la rédaction
en est natarellement siipple et brève , alors il est permi» de multiplier les lignes; mais cette nudité apparente, lorsqu'elle est déguisée arec art, devient une simplicité noble , que rixomme de goût apprécie et recherche.' Néanmoins, comme la disposition du titre exige quelquefois que Ton fasse une ou plusieurs lignes de plus pour que la page présente une forme agréable, il est permis de mettre en ligne perdue soit Tarticle le, la, les , qui peut précéder le titre, soit la particule oonjonctive de ou la préposition par, qui lient deux parties de phrase , soit la conjonction ou , qui est le signe d'un double titre, U est permis aussi, dans le cas où le titre est composé d'un très-petit nombre de lignes , et qu'il y a trop d'intervalle entre elles , de raccourcir la page , pour faire disparaître les blancs ridicules ou superflus qui résulteraient d'un excès de laconisme.
Les mots qui servent à distinguer les différentes périodes du titre, tels que précédé, accompagné , suivi, et autres également en usage , se mettent ordinairement en lignes perdues ; et comme ils ne servent qu'à indiquer la transition d'une partie à une autre, on peut se servir, pour les composer, de petites capitales trèsfines.
La tomaison du volume se place après la Aérie entière des diverses portions du titre , et précède immédiatement le fleuron ou filet qui sépare le haut de la page de sa partie inférieure.
Celte partie inférieure contient ordinairement le nom de la ville où l'ouvrage s'imprime , ou \fi lieu de la mise en vente ; an-dessous, le nom de l'imprimeur , ou , de
préférence, celai du libraire chargé du débit. Lorsqu^il y a plusieurs noms à placer , cliacun doit être rangé séparément et sur autant de Lignes. On place à gauche le mot chez, auquel aboutit une accolade qui embrasse la totalité des lignes dénominatives ; ou bien on ne le met qn^à la première , et on le remplace aux suivantes par im moins. Quelquefois même on retranche la préposition ou le signe équivalent , ce qui donne plus d'élégance. Si le nombre de ces lignes était trop considérable y il vaudrait mieux ne mettre au bas de la page que le nom de rimprimeur, et rejeter au verso du fofiX'titre , c^est-à-dire en regard du titre , le nom de la ville et ceux des libraires. Si ces derniers noms peuvent se placer au titre , ce qui est plus convenable , on met au verso du faux-titre le nom de Timprimeur. Dans tous les cas , il faut toujours mettre au titre même le nom de la ville, soit qu'il se rapporte au lieu de l'impression de l'ouvrage ou bien à celui de sa publication. Le millésime , qui sert de date à l'impression , termine la page, et doit être séparé par un filet de l'indication précédente. On le met , soit en chiffres arabes , soit en chiffres romains. Cette seconde manière est préférable pour la grâce du titre; l'autre, pour la facilité de la lecture. Les chiffres arabes , souvent inégaux sous le rapport de la hauteur , privent de régularité la base du frontispice , celle de toutes les parties qui semble en avoir le plus de besoin.
Lorsqu'une ligne, dont l'importance dans im titre exige qu'elle soit présentée d'une manière très-saillante, contient trop de lettres pour entrer dans la
r FOURKIEB. 8
128 PARTIE ï, CHAPITRE III.
justification , soit à cause de la longueur des mots dont elle se compose, soit par leur trop grand nombre, il vaut mieux allonger un peu la justification , si toutefois cette licence suffit pour donner à la ligne une apparence convenable.
On laisse ordinairement dans un titre une séparation entre sa partie supérieure , qui se compose du titre proprement dit, de ses développements, de la tomaison du volume , etc. , et sa partie inférieure. L'usage est de remplir ce blanc par un fleuron où par un filet. Ces ornements , quels qu'ils soient, se placent à égale distance des deux parties du titre. On ne doit toutefois employer de fleuron que lorsque la place est sufiisante pour qu'il ne soit pas trop resserré entre les deux lignes qu'il sépare , ce qui exige une distance d'au moins un cadrât de Parangon. Il faut , eu outre , que les attributs qu'il renferme soient autant que possible appropriés à la nature de l'ouvrage que le titre annonce. Lorsque le titre est chargé , on doit s'en tenir à un filet anglais , ombré ou orné. Quelquefois on y place le chiffre , c'està-dire les initiales entrelacées , du libraire ou de l'imprimeur. Autrefois ce dernier y plaçait sa devise jointe à l'emblème qu'elle accompagnait.
Le verso du titre doit toujours être entièrement l^anc. G)mme les lignes du titre sont toutes différentes entre elles, ce qui rend impossible d'établir au tirage un registre comme pour les pages de matière , le contrefoulage , portant parfois sur les intervalles des lignes , donnerait au titre un aspect désagréable.
Nous pensons avoir fait connaître ici sm* la compo-
fiitioB du titre toutes les données typographiques «usceptibles d'être généralisées et érigées en préceptes et avoir présenté une théorie assez complète à cet égard. Il est vrai que leur application , soumise à une mul'tittide de circonstances moditicatives , rencontre beaucoup de difficultés ; mais c'eût été un travail aussi inutile que pénible de vouloir o£frir des exemples qu'on n'aurait pas trouvé l'occasion d'imiter. Nous croyons, d'ailleurs , en avoir dit assez pour mettre sur la bonne voie les personnes à l'instruction desqueyes cet uuvrage est consacré; et, si nous n'avons pu leur apprendre à bien faire , nos conseils serviront au moins à les détourner de faire mal. Pour acquérir la connaissance des régies de l'art et le talent de l'exécution, l'expérience et l'étude des bons modèles leur seront d'un plus grand secours que le système le mieux établi. Dans cet état , comme dans tout autre , il est des ouvriers chez lesquels le tact et le soin suppléent à l'étude , et qui saisissent avec rapidité ce que d'autres plus expérimentés ne coui^ivent que lentement.
\jQ faux'titre est la première page d'un Jivre j il précède le frontispice , et contient simplement la dénomination de l'ouvrage, avec la cote du volume, qui en est séparée par un petit filet. Il sert en quelque sorte d'annonce au grand titre, et.se place presque au milieu de la page , avec un peu moins de blanc en tête qu'en pied. Son utilité n'est réelle que pour les collections , parce que dans ce ca»>là il sert de titre général , tandis que le frontispice porte seulement le titre du volume en tête duquel il est placé, avec une tomaison également
l5o PARTIE I, CHAPITRE III.
-partielle. On fait usage néanmoins du faux^titre pour tous les livres un peu volumineux, quoiqu'il soit purement de luxe en toute auti*e circonstance. On se dispense d'en mettre un aux brochures , toutes les fois que son placement peut entraîner quelques dérangements, ou à moins quHl ne reste deux pages pour compléter une feuille. On place ordinairement à sou verso le nom de rimprimeur ou celui du libraire , c^est-a-dire celui de ces deux noms qui ne doit pas être mis au bas du frontispice. On y place aussi quelquefois les errata , avis au relieur , ou autres remarques de ce genre sur lesquelles il est nécessaire de fixer d'abord les regards du lecteur. Les titres courants sont les lignes de tête dans les* quelles on fait entrer, avec le folio, le titre de l'ouvrage, que l'on répète à chaque page du. volume. On compose ordinairement ces lignes en petites capitales du même corps que le texte de l'ouvrage , ou , ce qui est mieux encore, en grandes capitales, quand on a la place nécessaire. Ils se mettent au milieu de la justification. On espace les lettres d'un point ou d'un point et demi quand la matière le permet, et les mots d'un demicadratin environ , en ayant soin que les folios en soient toujours séparés au moins par un cadratiu. Si le titre peut entrer dans une ligne , on le place aux pages paires, c'est-^-dire aux versos; et si l'ouvrage est coupé par chapitres , livres , chants ou autres divisions , on -les indique en tête des rectos. Une pièce de théâtre porte pour titres courants, au verso son titi'e, et au recto le numéro de l'acte et de celui de la scène. Ces nombres se mettent toujours en chiffres romains.
COMPOSITION. l3l
On doit toujours faire en sorte que les titres courants soient complets le plus possible , sous le rapport des indications qu'ils doivent contenir.
Lorsqu'un volume se compose de plusieurs parties bien distinctes , il faut avoir soin que les titres courants changent en même temps que ces différentes parties , lorsqu'elles ne font pas corps avec l'ouvrage. Par exemple, supposons un livre composé d'une préface, de la matière proprement dite, de notes et de tables; les titres courants devront nécessairement porter successivement chaque nom de ces grandes divisions de l'oiivrage. Ce renouvellement doit avoir lieu à fortiori dans les volumes coUectifs et qui se composent de parties entièrement sépai'ées. Bien que, dans les cas ci-dessus énoncés, les caractères soient variés suivant l'importance de chacune des parties , et qu'ainsi ceux du texte soient plus petits que ceux de la préface et plus gros que ceux des notes et des tables , cependant on les maintient toujours , soit en petites capitales , soit en grandes capitales du caractère du texte , suivant la marche adoptée d*abord. La même régularité s'observe pour les chiffres des signatures.
fl est à remarquer que les ouvrages qui portent aux rectos les numéros de leurs divisions prennent ordinairement ceux de la fin de la page. Ainsi , par exemple , un dictionnaire , qui indique en télé de chaque colonne la première syllabe t)u le radical des mots qu'elle contient, dans le cas où cette syllabe peut vwier dans le corps de la colonne , adopte pour titre courant celle qui commence le dernier mot qui s'y trouve.
l5ti PARTIE I, CHAPITRE III.
TeUeft sont, pour les tUret coarantâ, les dépositions les plus généralemeut usitées. Il en est encore d'auti^s qui sont déterminées souvent par le goût des auteurs , quelquefois par la nécessité, ou par une utilité réelle; mais il est impossible, vu leur grande diversité, de les faire connaître; nous ajouterons seulement que tous les procédés, à cet égard, peuvent s'employer toutes les fois qu'ils ne blessent ni le bon sens , ni les principes typographiques qui font régie pour cet objet et qui viennent d'être indiqués.
On donne généralement le nom de titres à toutes les phrases qui , dans le cours d'un volume, se placent en ligne perdue , soit pour marquer des divisions, soit pour en faire connaître la matière. Lorsqu'ils excèdent une ligne, ik prennent le nom de sommaires.
TABLE
La table d'un ouvrage en est une espèce de résumé , plus ou. moins succinct, suivant les points de vue sous lesquels elle le présente. Ou elle n'est que la simple énumération des parties dont il se compose , avec l'indication sommaire du contenu de chacune d'elles; ou bien elle est analytique , dans un ouvrage d'une certaine étendue et susceptible d'être l'objet de fréquentes reclierches à cause de l'abondance des matières qui s'y trouvent renfermées ; alors elle ofifre le tableau complet de tous les sujets différents qu'il a pu traiter , et embrasse à la fois les époques , les faits , les noms des lieux et ceux des personnes dont il fait mention.
COMPOSITION. l33
La premièi'e de ces espèces de tables est aufiBsante en général pour les <»ivrages purement littéraires et du domaine de Timagination , ouvrages écrits pour Funiyersalilé des lecteurs. Quant aux traités de sciences ou d^arLs, et tous autres livres descriptifs ou didactiques, oesnme ils ont une desliuatiou spéciale qui influe sur la langue en créant de nouveaux ternies ou en modifiant la valeur de ceux qui existent^ Fauteur doit éclairer le lecteur sur toutes ces iimovations, et placer à la table des définitions nouvelles , ou renvoyer aux endroits susceptibles de jdoaner les explications nécessaires. De plus , comme la plupart des ouvrages de ce genre doivesat pouvoir être consultés partiellement , même après, lecture complète , le relevé exact de tous les points di~ vers qvCiX embrasse et leur indication isolée deviennent une condition importante de son existence typographique. Elle doit donc portev sur le fond de Touvrage et sur sa forme , c'est-à*dire être à la fois un vocabulaire et une analyse des faits.
Un ouvrage qui forme plusieurs volumes doit avoir à la fin de chacun d^eux une table particulière qui indique les divisions qvCU. comprend, indépendamment de la table raisonnée que Ton renvoie à la fin de Touvrage, si toutefois il en demande une. Une tMe , de quelque nature qu^elle soit, est d^une grande utilité dans un volume; mais cette commodité cesserait d'exister et deviendrait même pour le lecteur une source d'inoon^ vémeuts, sHl ne la trouvait dooUement exacte, ç'eslr* »-dire complète dicns sa teneur, et fidèle dans ses renvois.
l34 PARTIE I, CHAPITRE III.
Les tables simples se placent soit en tête du volume, soit à la fin , mais se tirent toujours en dernier lieu , excepté dans le cas de réimpression identique. Chaque article l'envoie à la page , et suit la progression ascendante des folios. .SUl contient plusieurs lignes, on le dispose en sonunaire. L'indicaticm de la page est toujours rejetée au bout de la ligne, et FintervaUe est rempli par des points. Le mot page s^exprime une seule f(HS, suit au premier, folio cité, soit au-dessus et dans l'alignement des chiffres. Les grandes divisions du volume se mettent en capitales et en ligues perdues. On emploie ordinairement pour ce genre de composition un caractère inférieur au texte de deux degrés au moins. Lorsqu'une tcAle forme plnsiem's pages , il est convenable de la mettre en recto; mais souvent on la place suivant le besoin local.
Les tables analytiques de matières se disposent dans l'ordre alphabétique. Elles renvoient au tome et à la page. Quelquefois on substitue à ce dernier renvoi ce~ lui du chapitre, paragraphe, ou autre partie de l'ouvrage , pourvu que les titres courants en portent l'indication , et que cette division soit assez fréquente pour ne pas occasioner de longues recherches : ce système est préférable , eu ce qu'il épargne lors de la réimpression le soin de renouveler les folios , et qu'il préserve des er^ reurs qui naissent de ces changements. Pour éviter de répéter à chaque article les mots tome, page, ou antres qui peuvent accompagner les chiffres de renvois, il convient de différencier les signes des nombres. Par exemple, celui du tome peut être placé en premier lieu et
COMPOSITION. i35
exprimé eh grandes capitales , celui de la division adoptée dans Touvrage en petites capitales, et le fcdio en chifires arabes. Voilà trois espèces de chiffres dont la différence peut faire distinguer- la valeur des objets sous -entendus qu'ils indiquent. Quelque marche que Ton suive pour ces abréviations, le lecteur doit toujcnirs en être prévenu par un avis placé en tête de la table.
Lorsqu'une table a une certaine étendue , on la met à deux colonnes , dans les in-octavo et formats supérieurs , même aux dépens de la jusiiiicaticxa. D en résulte un double avantage. D'abord on gagne une partie du blanc que nécessite dans les grandes lignes la multiplicité des articles ; ensuite cette disposition permet d'employer un plus petit caractère. Les articles se mettent également en alinéas ou en sommaires : dans le premier cas , . on épargne la perte d'espace exigée par les rentrées ; dans le second , la première ligne de chaque article est mieux détachée et plus saUlante. Le mot qui commence Tarticle et qui en fait le sujet doit être, ou en italique , ou en petites capitales^ On sépare les colonnes par un filet régnant dans toute la hauteur, ou par un simple blanc.