‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 56 sur 128 · ADDITIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS

Les additions sont des espèces de notes placées à la marge extérieure de la page, sans renvoi, et alignées en tête avec le commencement de la matière à laquelle elles ont rapport. Le but ordinaire de ces notes marginales, dont l'emploi se remarque le plus fréquemment dans les^ livres d'histoire, est de rapporter les dates , de nrésoiter le résumé très - succinct des événements , et de faire connaître, par le nom des auteurs ou le titre des ouvrages, les sources auxquelles on. a puisé. L«nr utilité ne se réduit pas à cette seule classe de livres; les voyages , les traités de sciences et d'arts , et généralement les ouvrages de faits, lonqn'ils sont aooaai|A-*

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gués d^adeUtions, o£freiit au lecteur un avimtage univsrs^ement apprécié , celui de melLre sous ses yeux toutes les sommités d^un ouvrage, et de lui en fÎEÛre oonceroir rapidement la marche et le dessein.

Les additions, -preaMOït sur la marge naturelle d'une page , doivent être composées dans un caractère assez fin pour que la justification puisse en être trés-resserxée, et que, dans le cas où plusieurs d'entre elles seraient susceptibles de quelque développement, elles ne forment pas plus de huit à dix lignes. On doit employer pour les additions, lorsque rien d'ailleurs ne modifie cette rè^e , un caractère qui soit à celui des notes comme celui-ci est au caractère du texte. Ainsi, supposons un texte en cicéro; les notes seront en petit -romain, et les additions en. petit-texte. Leur justification se prend, non sur des interlignes , car il en existe rarement d'aussi courtes, mais sur des cadrats, soit de gros-canon, double-canon, ou autres corps supérieurs, afin de remplir avec leurs cadrats les intervalles plus ou moins grands qui séparent les additions. Ordinairement on n'interligne pas les additions j cependant , si l'on juge que cela' doive produire un meilleur effet , il est j&cile de jeter entre leurs h'gnes des espaces égales , du même corps que les cadrats qui servent de justificati(Hi.

Pour isoler la colonne ^additions de la page qu'elle accompagne , on se sert d'interlignes ou de réglettes. Quant à l'épaisseur de cette séparation , elle doit être proportionnée à la grandeur du format et à la largeur des additions : pour l'in-octavo , par exemple , elle est en général de quatre à six points.

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Lorsqiie la jtiBtificaliaii de V addition n'a pas plus de trente à cinquante points , comme cela arrive toujours pour Tin-douze et pour l'in-octavo , quelquefois même pour l'in-quarto , au lieu de disposer chaque tidditwn en forme d^alinéa , ce qui occasionerait une foule de divisions et des espacements larges on serrés d'une manière ridicule, il est préférable alors pour le coup d'œil de distribuer les mots en lignes inégales et placées en vedetles , ce qui leur donne l'aspect d'un titre.

On peut couper une addition d'une page à une autre, pourvu toutefois qu'on ne soit pas forcé de ne rejeter qu'une seule ligne. L'alignement de Vaddition avec le bas de la page a plus d'importance.

Au-dessous du format in-douze il n'est guère possible de placer des additions , en raison de l'exiguité des marges dans les formats inférieurs.

Autrefois on abusait de l'emploi des additions , et l'on plaçait en mai*ge les notes que l'on rejette maintenant au bas des pages ou à la fin des chapitres. Il en résultait pour le lecteur une confusion qui est peutêtre la cause du discrédit dans lequel elles sont tombées. Les difficultés typographiques communément attachées à ce travail , tant pour la composition que pour le tirage des feuilles , ont pu contribuer aussi à cette défaveur. Sous le rapport.de la facilité des recherches j nous nous plaindrons toujours , avec la majorité des lecteurs , de voir cet usage se perdre de jour en jour.

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KOTES.

Il est à remarquer que dans la plupart des anciens li-vres les notes se mettaient en additions , c^est-à-dire à côté du texte et à sa marge extérieure. Cette méthode, qui déÇgurait les pages et les rendait irréguliéres et inégales entre elles , a été sinon rejetée absolument, du moins considérablement modifiée. On ne Ta maintenue que pour les cas où il était nécessaire que Tceil se portât , en même temps que sur le texte , sur certains ajoutés qu'on ne s'abstenait d'y réunir que pour ne pas entraver la marche du discours. Nous avons examiné , dans l'article précédent , les différentes occasions dans lesquelles les jiotea devaient rester marginales; nous éviterons donc d'en parler de nouveau, et nous nous bornerons à indiquer celles qui en doivent être distinguées , et les modes divers que leur disposition peut subir.

Indépendamment de la différence qui existe entre, les additions et les noies proprement dites , il est bon de diviser ces dernières eii plusieurs genres particuliers. Les unes portent sur un mot ou sur un fait ; telles sont, par exemple, les remarques grammaticales ou chronologiques, les rapprochements historiques ou littéraires. Les autres , d'un objet plus étendu , ont le caractère de dissertations, et embrassent l'ensemble d'un ouvrage, ou du moins ses principaux points de vue. Les premières , devant suivre immédiatement dans Tesprit du lecteur le mot, l'expression, la locution ou i la phrase qui y a donné Ueu , se placent en bas de la

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page. Quant à celles qui par leur développement pourraient nuire à la i*apidité de la lecture , il faut les ranger dans la seconde classe , et les reporter à la fin de Touyrage , ou de Tune de ses divisions , si elles lui sont particulièrement relatives.

Le caractère des notes doit toujours être d^environ deux points au-dessous de celui du texte. Toutefois ce rapport, applicable aux caractères moyens et les plus usuels, varie pour les plus petits ainsi que pour les plus gros.

Voici, sauf les modifications que la nécessité peut. y apporter, les projMr lions que Tusage a consacrées à cet ^^d.

TSXTB. NOTES.

Gros-Romain. Saint- Augustin.

6ro»-Texte. Gicéro.

Saint-Augustin. Philosophie.

Gicéro. Petit-Romain.

Philosophie. Gaillarde.

Petit-Romain. Petit-Texte, Mignonne.

Gaillarde. Nompareille.

Petit-Texte et Mignonne. Parisienne.

Il existe des caractères intermédiaires quant à#rQeil , et que Ton distingue des caractères primitifs , ainsi que nous Favons déjà dit , par la qualification de grot-œU ou petit-œil, N^ea pouvant faire mention à cause de leur diversité touC-à-fait arbitraire , nous ne pouvons que recommander, dans les nombre^ises anomi^ies qu^elles occasionent, de se rapprocher le plus possible des principes énoncés ci^dessus.

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Les TWies du bas des pages se séparent du texte soit par un filet maigre régnant , soit simplement par un blanc assez fort pour empêcher toute confusion. Lorsque ces notes sont très-abondantes , et qu^on veut employer, pour gagner de Fespace , un caractère plus fin qu'à Pordinaire , on les met à deux colonnes : on peut alors se disp^iser de les séparer du texte par un filet ; elles s'en distinguent facilement. Cet usage ne peut guère avoir lien que pour les grands formats.

Les notes rejetées à la fin commencent en page ou même en belle- page; et, dans ce dernier cas, elles sont qn^uefois précédées . d'un faux-titre. Cette disposition dent avoir pour base l'étendue et l'importance des notes , et en même temps être assujettie à la marche adoptée pour le volume relativement au besoin de diminuer ou de multiplier les blancs.

BENVOI.

Ou appelle renvoi un signe placé dans le texte pour correspondre à une note précédée du même signe.

' On peut se servir, pour exprimer les renvois , de chif&es , de lettres , ou d'astérisques. Les chiffres ou les lettres sont plus généralement usités. Les astérisques ne peuvent s'employer que pour des renvois très-rares ; et si, par exemple, il doit y en avoir plus de quatre , ce qui force à placer cinq astérisques de front, jcette disposition est de nature à occasioner des erreurs ; elle est en outre d'un mauvais effet , si les notes ne font qu'une ligne. Quelques ouvrages, portant des notes de différents genres , admettent différentes séries de renvois.

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Ces signes, pour ne pas opérer de confiuioii dans le discours, sont^ ou renfermés entre parenthèses , ou placés en supérieures. Le premier de ces arrangements est préférable lorsque les notes sont reportées à la fin , parce que , n^étant pas lues immédiatement , leurs renvois doivent se présenter facilement à Toeil qui parcourt rapidement les pages. Uautre disposition est préférable quand les notes sont an bas , en ce quelle interrompt moins la lecture. Elle est particulièrement convenable pour les vers , où respac« est précieux et doit toujours être ménagé.

Le renuoi doit suivre la phrase ,.la partie de phrase ou le mot auquel s'applique là note. Cette position est nécessaii'ement invariable.

Le renvoi peut précéder ou suivre la ponctuation; mais ou \e place plus ordinairement avant elle. Nous remarquerons seulement que la méthode adoptée d^abord doit toujours servir de règle pour la suite.

On ne rejette jamais un renvoi au commencement d'une ligne. Il tient à ce qui le précède , comme la ponctuation.

Les séries de renvoie pour les notes du bas recommencent ordinairement à chaque page.

On ne doit jamais transporter une note hors de la page dans laquelle est placé son renvoi» Ce rejet n'est admissible que dans un ouvrage à deux textes en regard l'un de l'antre, dont un seul porte des notes; dans ce cas il peut arriver que l'on soit forcé de contrevenir à l'usage. Ce sont les dernières notes qu'il faut chasser et toujours sur la page correspondante.

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