‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 57 sur 128 · COLONNE · texte numérisé non relu

COLONNE

Lorsque dans une page la justification est divisée en plusieurs parties y il en résulte autant de séries de lignes , placées l'une à côté de l'autre à tm certain intervalle , auxquelles on donne le nom de colonnes.

U y a dans les tableaux des colonnes de toutes les justifications; ce sont ordinairement des filets qui les séparent.

Certains labeurs de format in-octavo on au-dessus se font à deux ou à trois colonnes , et quelquefois davantage. Elles sont toutes de même justification , et séparées , soit par un filet , soit par un blanc. Des tables de matières , lorsqu'elles ont une certaine étendue , se composent aussi à deux colonnes , quoique le texte de l'ouvrage le soit à longues lignes. On dispose aussi quelquefois de la même manière des notes qui accompagnent lé texte en bas des pages.

Voici qneb sont en général les avantages de ce genre d'arrangement.

1°. Dans certains ouvrages, tels que dictionnaires, vocabulaires , index , ou autres de ce genre , il arrive iréquemment qu'un article ne fasse qu'une ligne , ou même qu'une partie de ligne. Or , comme chacun d'eux se met nécessairement en alinéa , les blancs que laisserait la Composition à longues lignes auraient le double inconvénient de "faire perdre un: espace précieux, et de découper les pages de manière à les rendre toutes irrégultères«

29, Un caractère fin, comme le sont ordinairement

l48 PARTIE I, CHAPITRE IV.

plus ou moins ceux que Ton emploie dans les ouvrages à colonnes , est plus facile à manier pour le compositeur , et pour le lecteur moins fatigant à suivre , lorsque la portée de la justification est moindre.

3<». Cette disposition , en outre , autorise , par la raison que nous venons de donner, Temploi d^un caractère plus menu que celui dont on se servirait avec la justification entière. Elle a pour résultat une économie qu'on doit d'autant moins négliger qu'elle est très-supportable pour les parties de volume moins susceptibles d'être lues de suite.

n arrive souvent que Ton mette à deux colonnes deux textes que Ton veut comparer , ou bien un texte et sa traduction. Dans ce dernier cas le texte doit toujours occuper la première colonne j celle de gauche, et le bon goût demande qu'elles soient, l'une et rauti'e , de même justification : seulement si Tune des deux par^ ties est moins abondajite que l'autre , il faut employer pour sa composition un caractère plus gros , ou bien le même plus interligné. Si la teneur est à peu près équivalente , il faut les différencier de l'italique au romain. Un soin important à observer c'est que les lignes se correspondent , sinon parfaitement, du moins le plds exactement possible , et que les alinéas soient en regai'd l'un de l'autre.

On doit toujours éviter de faire une colonne boiteuse, c^est'-à-dire courte d'une ligne, en regard d'une colonne pleine. Il vaut mieux faire quelques remaniements pour remédier à ce défaut, lorsqu'on n'a pu le prévenir.

COMPOSITION* i49

Dans les dictionnaires à plusieurs colonnes chacune d^elles porte son titre courant.

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