‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 67 sur 128 · EMPLOI DE L' ITALIQUE · texte numérisé non relu

EMPLOI DE L' ITALIQUE

Nous avons dit, en parlant des di£Férents genres de caractères, que tout romain devait avoir un italique correspondant , c'est-à-dire qui lui fût égal pour la force de corps et Falignement. Notre but maintenant est de faire connaître les principales circonstances qui déterminent remploi de V italique, et les limites qui doivent le circonscrire.

Uitalique est au romain ce que Texception est à la règle ; il faut donc généralement en réduire Tusage anx: cas de stricte nécessité. C'est aux imprimeurs à veiller à l'application de ce précepte , et à y ramener autant que possible les ouvrages qui tendraient à s'en écarter.

Il arrive que des auteurs, attachant à certains mots une importance paiiiculière, pensent, en les soulignant , les recommander à l'attention spéciale des lecteurs. Cet expédient, qui n'est quelquefois qu'un stratagème grossier dont le but est de suppléer à ce qui manque à un ouvrage, et qui trahit toujours la prétention qui l'a suggéré , produit infailliblement le contraire de l'effet qu'on en attend. Si une expression ^ si une phrase est

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saillante par elle-même , elle n'a. pas besoîn , pour paraltre telle, d'éti*e présentée matériellement sous des formes distinctes ; en pareQ cas , le témoignage des yeux înflne peu sur le jugement de l'esprit. D faut d'ail* leurs , pour disposer le lecteur à la bienveillance , laisser quelque prise à sa sagacité.

L'emploi de Vitalique doit donc se borner, en général, à certains mots qui forment l'objet principal d'un texte, ou à d'autres dont on modifie la valeur et auxquels on donne ime acception inusitée , et ensuite aux citations peu étendues , et qui font corps avec le discours dans lequel elles sont rapportées. Quant à celles qui forment à elles seules une ou plusieurs phrases détachées du texte , elles se mettent maintenant en romain avec guillemets. Les sommaires se faisaient autrefois en italique d'un corps supérieur ; maintenant on emploie plus fréquemment pour leur composition des petites capitales lorsqu'ils n'excèdent pas une ligne , et dans les antres cas du bas-de-casse d'un corps inférieur.

En résumé, il est à remarquer, comme un des résultats du bon goût qui préside actuellement aux travaux de la typographie, que l'on tend à simplifier Vitalique, et à le restreindre dans les attributions exceptionnelles auxquelles il est naturellement destiné.

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