‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 68 sur 128 · DISPOSITIONS PARTICULIÈRES A LA POÉSIE · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES A LA POÉSIE

Nous avons précédemment fait connaître les principes généraux de la composition; mais il nous reste à poser quelques règles relatives à celle des ouvrages en vers.

l66 PARTIE I, CHAPITRE V.

H en est de même pour certains formats de livres dont les noms peuvent sVbréger ainsi : in-f» , in-4'* y in-8».

Les ouvrages de sciences ou d^arts, qui ont leurs abréviations particulières , doivent en porter la liste en tête du livre. Tels sont les dictionnaires, pour lesquels principalement cette ressource est précieuse, à cause du grand nombre de mots qui se représentent à chaque article, el qui , réduits souvent à une seule lettre ou à une syllabe , ont en même temps Tavantage d^occnper une moindre place , et d'accélérer la lecture en simplifiant les signes des idées.

Les mots abrégés par apocope, c'est-à-dire ceux dont on retranche une partie quelconque à la terminaiscm , doivent être suivis d^un point, comme signe à'abrépia'^ tion , indépendamment des autres signes de ponctuation que la position de ces mots peut exiger après eux. Seulement on ne répéterait pas le point , si l'un de ces mots se trouvait à la fin d'une phrase, position que l'on doit gênéralement éviter.

Les mots abrégés par syncope , c'esirà-dire ceux dont on retranche une partie intérieure , et dont la terminaison est indiquée en lettres supérieures , ne prennent pas le point comme les antres. Faute à nous de pouvoir présen> ter des règles à cet égard , eu raison de la grande diversité des mots que l'on peut se trouver dans la nécessité d'abréger , nous nous bornerons à dire qu'il faut, Autant que possible , conserver le radical du mot, afin qu'il soit toujours reoQBmaissahle, et qu'on ne doit jamais, à moins d'un besoin absolu , abréger un mot de sa syllabe finale.*

. FBACTION8.

Les fractions peavent être disposées de deiix manières ; en voici rindication avec leur arrangement dans Fun et dans Fantre cas. La différence consiste dans la directfon de la barre , qui peut être diagonale ou horizontale.

Si la barre est diagonale , le numérateur se place en chiffres supérieurs et le dénominateur en chiflâres inférieurs. G>mme il arrive souvent que ces sortes de chiffres manquent dans le caractère avec lequel les^^octione se trouvent combinées , on y supplée par des chiffres d^un corps plus petit , que Ton parangonne avec des espaces, soit en dessus , soit en dessous, suivant la pontion.

Si la barre est horitontale ( et cet arrangement est préférable à Tautre , comme étant plus dair ) il fiiut nécessairement {jaoer les deux nombres l'un au-dessus de Fantre en les séparant par un filet. Cette barre doit être de la longueur du plus fort nombre, et le plus petit entre espaces égales. Cette disposition nécessite , comme on voit , des fontes de chiffres plus faibles de corps que les caractère^ connus ; mais, nonobstant les avantages qu'elle peut présenter , die ne saurait être applicable aux caractères inférieun à la Mignonne. Eu effet deux chiffres de trais (* et on ne peut pas en fondre sur un moindre corps ] font six points ; le filet qui les sépare en porte un ; ce qui donne sept points pour la totalité des pièces de ce parangonnage.

l68 PARTIE I, CHAPITRE V.

PABANOONNAGE.

Cette bpértttioai consiste à combiner dans une même ligne plnsieors caractères de différents corps, en les ramenant tous à une force commune, par le moyen d'épaisseurs complémentaires. Lorsqu'ime ligne comprend deux ou trois sortes de caractères ( et il arrive quelquefois qu'il y en entre un plus grand nombre ) , il est nécessaire , pour les consolider , de les rapporter tous à la plus grande force de corps. Ge travail donande beaucoup de précautions. D'abord il faut que les bouts d'interlignes que l'on emploie compie complémenls des caractères plus faibles soient calculés pour que l'on arrive sans la plus légère différence à la force demandée. Ensuite il faut les disposer , dans le composteur , tant en dessous qu'en dessus des lettres, de manière à ce que l'œil des caractères parangonnés ensemble soit parfaitement aligné par le bas.

"Le parangonnage est d'un fréquent usage dans la composition ; il y a même peu d'ouvrages où l'on ne soit forcé d'y recourir. Les livres de matliématiqnes sont ceux qui en présentent le plus d'exemples^ et dans lesquels on trouve les combinaisons les plus multipliées de lettres, de chiffres et de signes divers.

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