‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 69 sur 128 · PAQUETS · texte numérisé non relu

PAQUETS

On appelle paquets un nombre déterminé de lignes composées, liées provisoirement, et remises par les compositeurs à leur metteur en pages, pour qu'il y

COjaPOSITION. 169

joigike les lignes de tête et de pied, les tttsres,- filets, notes , et généralement tous les accessoires de Pouvrage. Ces paqueti ont ordinairement le nombre de lignes contenu dans une page pleine , moins les lignes de tête et de pied. Dans ce sens , on dit qu^une feuille se paie tel prix en paquets , cVst-à-dire non compris la mise en pages , ni les autres opérations qui s^y rattachent. .

On donne également ce nom aux pages de distribution qui , sortantr d^un ouvrage , sont désinterlignées , liées et mises en réserve pour servir à d^autres.

Les p<iquetier$ sont les compositeurs qui ne font que des paquets i ils sont ainsi nommés par opposition aux metteurs en pages , qui ont à composer toutes les parties accessoires qui peuvent se rencontrer dans une feuille et à remplir les différentes fonctions qui précèdent le tirage.

TIONETTR.

On comprend sous ce, nom générique les cadres, fleurons, cub-de-lampe, ou autres accessoiros qui ne servent qu^à Fembellissement .^^un livre. Autrefois Fusage des vignettes était beaucoup plus répandu que de nos jours. Presque tous les livres, quel qu^en fût le sujet, portaient sur leur frontispisce et en tête de leurs parties principales des ornements emblématiques. Des dessins en festons de toute la longueur des lignes traversaient fréquemment les pages, et couronnaient les titres qui marquaient les divisions du livre. Quant au fleuron placé sur le frontispice, celte habitude venait de ce qu^alom les (ibraires et les imprimeurs prenaient une

enseigne et quelquefois une devise, et que Fun ou l'antre , en revêtant le livre de celte niarque , lui donnait un caractère de propriété qui pouvait en rendre la cxmtrefaçon plus difficile. Maintenant ils y placent simplement leur chifi&e ou initiales entrelacées ; encore tous ne le font-ils pas. H arrive parfois qu^à la fin des différentes pièces contenues dans un b'vre on mette quelques ornements de ce geni'e. Il y a plus d^un écueil à éviter pour savoir les rendre agréables. On doit d^abord apporter un discernement scrupuleux dans le choix qu'on a à en faire , et s^atlacher autant que possible à ce que les sujets' qu'ils représentent soient toujours appropriés à la matière qui les précède. Si cela ne peut se faire , par une raison quelconque , il vaut mieux dans ce cas employer des vignettes insignifiantes, telles que des rosaces, des arabesques, ou auLi*es dessins empruntés à Farchitecture , et qui, si elles n'ont pas le mérite de cette conformité avec le sujet, n'ont pas du moins l'inoonvénient de choquer la vue par leur discordance. Il faut aussi avoir toujours soin de proportionner la dimension des vignettes à l'espace qui doit les recevoir. On les place au milieu de la justification , et on laisse un peu moins de blanc en tête qn'en pied.

Tous les ouvrages ne sont pas également propres à admettre des ornements; il y en a même un grand nombre dont le genre grave et sévère exclut ces frivolités qui y produiraient .une sorte de oontradictian. Dans tous les cas , et en supposant qu'ils ne-soient pas inopportuns , il faut en user sobrement , et n'employer que ceux qui puissent satisfaire tous les yeux sous

le double rapport de leur dessin et de leur giïivure.' L'asage des ornements est du reste une chose tout-> àr-fait arbitraire , et à Fégard de laquelle on ne peut établir aucune règle positive. C'est aux compositeurs , ou aux che£9 qui les dirigent dans leurs travaux , à faire, relativement à leur placement, tel choix ou telle combinaison qu'ils jugeront susceptibles de plaire par une originalité exempte de bizarrerie ou par une simplicité de bon goût.

n existe un genre de vignettes composé de dessins continus et qui servent d'encadrements. Elles sont fondues sur toutes sortes de corps, depuis la Nompareille jusqu'au Triple-Canon , et même au-delà.

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