COINS
Ce sont de petits morceaux de bois' taillés en bisèan , et de différentes largeurs. Placés entre le biseau et le fer du châssis , ils servent à serrer la forme. On les emploie aussi pour l'arrêter sur le marbre de la presse; dans ce cas, on les met entre le châssis et les oomières. '
l88 PARTIE I, CHAPITRE VI.
BAMG.
Le rang est une table en forme de papitre, garnie d^un épais rebord le long de la partie inférieure, et soutenue à ses deux extrémités par un tréteau. Cestsur cet échafaudage que la casse est montée. On place ordinairement au-dessous du pupitre ime, deux ou trois tablettes sur lesquelles on pose ses paquets de composition ou de distribution , les pages disposées pour l'imposition, et généralement tout ce qui est à Fusage du compositeur. Ces tablettes régnent d'un tréteau à Tantre. Il y a des rangs de deux casses; ceux-là doivent être soutenus ven le milieu par un troisième tréteau.
La table et les tréteaux d'un rtmg étant destinés à supporter des poids souvent considérables, le bois de diêne est celui qui convient le mieux à leur construction. Les tablettes peuvent être en bois blanc.
OAI.éE.
Là galée est une planche de forme rectangulaire, garnie en dessus d'un tasseau qui règne dans toute la longueur des deux côtés formant l'angle inférieur de la droite, et en dessous, de deux chevilles placées à des angles correspondants , et qui servent â la fixer. EUe a pour objet de recevoir les lignes qui sortent du composteur, et qui sont appuyées sur son rebord, jusqu'à ce que , étant en nombre sufiQsant pour former une page , on les lie ensemble pour les changer de place.
L'épaisseur de la gcdée doit être proportionnée à la
force et au poids des caractères qu'elle doit contenir; elle est , dans son minimum , de six lignes , et de dixliuit dans son maximum. Quant à sa dimension , qui éprouve des variations plus marquées, elle est déterminée ordinairement par le format des pages à l'usage desquelles elle est destinée. La galée , telle que nous venons de la décrire, est celle dont l'emploi est le plus général. Elle sert dans tous les petits formats et jusqu'à l'in-octavo inclusivement, parce que dans tous ces cas on peut facilement enlever la page avec les deux mains pour la transporter ailleurs. Mais celles dont on se sert pour les compositions in-quarto et infolio sont d'une construction différente; et vdlci ce, qui les distingue des autres, outre la supériorité de leur dimension. Le côlé de la galée qui est parallèle à sa base, c'est-à-dire celui qui concourt à former l'angle supérieur de la droite, est également bordé d'un tasseau semblable à celui des deux autres , en sorte qu'il ne reste qu'un côté découvert. La partie qui forme le oorps de la galée est à double fond ; elle se compose de deux planches , dont l'une est fixe : l'autre , en forme de tiroir , entre et sort au moyen de rainures pratiquées sous les tasseaux et d'une poignée attenant au côté ouvert. A l'aide de cette seconde planche, que l'on nomme coulisse , on enlève facilement la page que les deux mains du compositeur ne pourraient embrasser, et on la glisse rapidement sur le porte-page, ou sur le marbre si l'on doit l'imposer de suite. On place sa galée dans un sens diagonal^ sur la partie droite du haut-decasse, qui est d'un usage beaucoup moins fréquent que
igo PARTIE I, CHAPITKE VI.
le r»te^ et Ton a Boin de rarréter flolideiiient en Pac^ Clochant aux caasetins pai* les chevilles , et de lui donner une position telle que les lignes qu'elle contient ne soient pas exposées à tomber.
Les galées exigent le plus grand soin dans leur confection. Elles doivent être dressées avec une justesse extrême , surtout dans les angles , où Féquerre doit être parfait. Sans cette condition , le compositeur , qui repasse souvent dans la gcUée la justification de ses lignes , pourrait être induit en erreur par Tinégalité du coin et des côtés ; il se livrei*ait à un travail dont il reconnaîtrait ensuite rinutilité) en se voyaat obligé de rétablir les choses dans leur premier état. Il est aussi très-important qu'on emploie à leur fabrication un bois qui ne soit pas de nature à se fendre ou à se cintrer, en un mot qui soit le moins possible sujet à travailler. Les bords de la galée n'ayant d'autre objet que de maintenir les lignes , il n'est pas nécessaire qu'Us aient plus de cinq lignes de hauteur ; et même l'excédant serait nuisible et en^pêcherait l'ouvrier de manier Ubrement ou de reprendre à sa volonté les lignes qu'il a placées dans la gàUe,
Il y a une autre espèce de godée , qui con&iste simplement dans une planche à rebords placée en pente , et plus ou moins longue et large , suivant que le permet l'emplacement qui y est destiné. Elle sert aux metteurs en pages, qui ont des parties de composition à conserver, telles que les lignes de pied, titres courants , pages blanches, etc., qui peuvent redevenir nécessaires dans le cours de l'ouvi'age. Ces galées servent aussi à recevoir les gros caractères et les lettres de deux points, qui, plus
&<âl«B à endommager, se détériorent pramptement dans des casses on dans des casseaux. A cet effet, on établit , au moyen de réglettes minces , des séparations verticaleB dont rinterraUe est mesuré sui* la force de corps des letti'es; on place dans chacun de ces cassetins les différentes sortes par ordre alphabétique , en mettant Tcpil en dehors ; elles se trouvent ainsi préservées du contact des autres lettres.