COULISSE
La coulisse est une petite planche très-plate au moyen de laquelle on fait couler sur le marbre une page trop grande pour qu^on puisse sans danger Fenlever avec les doigts. Les coulisses s'enchâssent dans des galées construites à cet effet.
On se sert aussi de coulisses isolées pour placer dans des rayons des compositions que Ton conserve , lorsque leur dimension ne permet pas qu'on les pose sur des porte-pages.
TAQirOIR.
Le taquoir est un petit morceau de bob, déforme, rectangulaire, long de sept pouces sur cinq de large, épais d'un pouce et demi. On se sert de cet instrument pour mettre toutes les lettres de niveau , et abaisser celles qui ne porteraient pas sur le marbre. Voici de quelle manière on se sert du taquoir. On le tient de la main gauche, et l'on frappe légèrement dessus avec un marteau que l'on tient' de la droile. On promène aiiwi le
iga PARTIE I, CHAPITRE VI.
iaquoir sar chaque page snccessivement, et même on répète cette opération, afin que les lettres qui n'auraient été qu'ébranlées la première fois soient entièrement abaissées à la seconde, et rentrent dans leur niveau.
Il y a différentes circonstances où il est nécessaire de toquer les formes. En imposant ; Ton procède à cette opération lorsque les pages sont déliées et que, sans être serrées , elles sont seulement contenues par les coins , en observant qu'il y ait assez de jeu entre toutes les lettres pour qu'elles cèdent facilement à Timpulsiondu taquoir, parce que la moindre résistance pourrait écraser l'œil de la lettre ou fatiguer fortement les parties déliées. On doit avoir soin de réitérer cette opération toutes les fois que Ton est obligé de desserrer les formes pour corriger les épreuves. Lorsqu'on met la forme sous presse, on doit la toquer après l'avoir desserrée, et ensuite lorsqu'elle est resserrée. Dans ce dernier cas, on doit y apporter encore plus de précaution, parce que la lettre présente plus de résistance , et qu'une pression un peu forte suffirait pour la gâter entièrement. Cette opération a encore plus d'utilité au tirage, attendu qu'une forme mal tctquée occasione toujours des aspérités qui font que certaines lettres plongent dans le papier plus profondément que les autres , et que celles qui sont à o6té sont à peine visibles.
Les ouvriers soigneux s'attachent à tenir leur taquoir bien propre , afin que Tœil de la lettre ne preime aucune ordure ; on le garnit même ordinairement de papier , ce- qui ménage encore plus le caractère. On doit avoir
soàn de renouveler cet instrument dès qu^il oommenoeà devenir inégal.
Le taquoir doit être fait avec deux couches de bois différents : Tune en bois blanc pour la suxface qui doit porter sur la lettre ; l'autre en bois dur ponr résister aux coups du marteau.