‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 84 sur 128 · PRESSE EN BOIS · texte numérisé non relu

PRESSE EN BOIS

La presse qui pendant près de quatre sièdes a senle été en usage dans Pimprimerie, qui a coopéré aux célèbres produits des Estienne et des Elzevir , et qxii , à quelques amélioratioi^s près, avait résisté jusqu^à nos jours &u torrent des innovations , mérite une mentioa dans cet ouvrage, malgré sa barbarie originelle et sa prochaine décadence. Nous consacrerons donc quelques pages à sa description , plutôt à cause du rôle qu'elle remplit dans Thistoire de la typographie ^ que dans un but d'utilité future. '

PABTIE8 DE ïiA PRESSE EN BOIS.

Abbhb. 12 arbre de la presse est uite pîède de fer qui descend perpendiculairement du milieu du somnûer supérieur sur ie sommet de la platine. Elle change trais fois, de forme et de nom durant son trajet La première partie est la vis, celle du milieu est V arbre proprement dit , la troisième est le pivot.

Uarbre proprement dit est un morceau de fer de forme cubique , percé d'outre en onti^ et horizontalement sur les quatre faces latérales pour recevoir Fextrémité du barreau , qui s'y ÛX9 et qu'il retient.

Arrêts DU RKBCRAU. Lies aniU du hetcecu sont deux ^battements j^Lacés de chaque c6té de la table , et qui la tiennent dans son arrêt. Ces battements doirent être de ^épaisseur d'un demi>-pouce , et il ne doit y avoir que la force d'un cadrât de Gros-Romain de distance entre les arrêts et le bois du coffre , afin que celui-ci ne frappe point contre les battements, lorsque les crampons viennent à s'user.

Bandes. Les bandes régnent sur toute la longueur ei dans le milieu des poutrelles. C'est sur elles, comme sur une coulisse , que roule le train de la presse , armé à cet effet, au-dessus du coffre, de crampons qui servent à le maintenir et à empêcher qu'il ne dévie. Les bandes excédent les poutrelles d'un pouce au moins; cette saillie est nécessaire pour le jeu des crampons.

BASBBAtr. Le. barreau est une barre de fer , reoourbée i l'une de ses extrémités, celle par laquelle il est fixé à l'arbre , et portant à l'autre im long manche de bois. C'est le levier qui met en mouvement d'abord la vis, ensuite la platine , en un mot toute la poiiion de la presse qui produit le foulage. Il pai*t de l'arbre , auquel il est attaché par une vis et un écrou , foi*me un coude, prend ensuite une direction horizontale, et est retenu , à l'extrémité de son manche . par le chevalet contre la jumelle ultérieure ; c'est là son état de repos. L'ouvrier qui tire le barreau lui fait parcourir une portion plus ou moins grande de la distanco

^ui sépare les deux jumelles ; suivant le degré de pression qu'il veut obtenir. Pour les formats un peu lourds ^ on le fait toucher à Fautre jumelle.

Berceait. Le berceau est cette partie de la presse sur laquelle roule le coffre. Il se compose de deux longues pièces de bois qui régnent dans une direction parallèle et dans toute l'étendue de la presse;, elles s'appellent poutrelles» Chacune d'elles porte une bande de fer qui sert de coulisse, et sur laquelle glisse le co£Ere , lorsqu'il est mis en mouvement par la manivelle. Le hercecai porte sur le sommier inférieur : il aboutit d'un côté sur une des traverses du train de derrière, et de l'autre sur la table.

Blanchkt. Le blanchet est une pièce de drap , de Casimir , ou de soie ^ dont on garnit le tympan pour amortir le coup de la platine. Pour les impressions or? dinaires on emploie un double blanchet de casimir; pour les tirages soignés , on remplace l'im' de oes blanchets par deux épaisseurs de soie, que l'on place immédiatement sur le tympan.

Chapeau. Le chapeau , ou chapiteau, est cette forte traverse à laquelle aboutissent les deux jun^elles , et qui couronne l'ensemble de la presse. Il est , comme l'indique son nom, uni à la partie supérieure et bordé par une espèce de corniche sur les quatre faces latérales.

Ghbyalet. n y a deux sortes de chevalets, celui de )a presse et celui du tympan.

Le chepalet d& la presse est un petit flior<ieatt de bois taillé en biseau , placé le long de la fumelle nltérienre , * à laquelle il tient par une vis , et qui sert à arrêter le biffreau loi'sque la platine est relevée.

Le chepalet du tympan est une barre de bois de la laideur du tjrmpan, élevée horizontalement sur deu:< autres barres placées à chacune de ses extrémités dans une direction perpendiculaire , et enchâssées dans la table de la presse. C^est lui qui, lorsque le tympan est relevé, le soutient dans une position inclinée en forme de pupitre , position nécessaire à la fois pour le maintien de la frisquette et celui de la feuille de pa-* pier, qui ne pourrait se tenir seule dans une direction perpendiculaire.

Chevilubs. Les chepilles sont deux baiTes de bois courtes, fixées sur une planchette^ et formant ensembleune espèce de fourche. La planchette à laquelle elles tiennent est clouée en dehors de la jumelle citérieure, et à la hauteur de l'encrier. L'emploi du rouleau en place des balles, rend inutile l'usage de cette pièce.

GoFFBE. Le cojfre est un assemblage de quati'e pièce» de bois dans lequel est enchâssé le marbre. Sa largeur •dans les presses ordinaires est telle qu'il, puisse contenir des formes de grand-raisin; au reste elle est déterminée par la distance d'une jumeUe à l'autre, parce que le coffre doit passer facilement entre elles. U est posé sur la table de la presse, et garni à la partie supé* rieure de quatre cornières.

20k4 PARTIE II, CHAPITRE I.

CoilDB DU BOUIiBAU. La cordè du rouleau sert à faire avancer et •ceculer toar4rtoiir le train de la presse* Elle se pose de deux manières, i» Quand la corde est d'une seule pièce, on prend le bout qui est attaché au petit rouleau du chevalet , on le passe par un trou &it à la table , derrière la gouttière du tympan, et ensuite par-dessus le rouleau du côté oii il vient, en faisant cinq ou six tours. Après avoir examiné si la maniyelle est bien posée , on lixe un bout au crampon attaché sur le devant du oofifref et Ton arrête l'autre bout avec une cheville de fer placée dans le trou du petit rouleau. 7fi Dans le cas où la corde est de deux pièces , on fait un nœud à la première, et on le fait entrer à moitié dans le trou qui est an borddu grand rouleau, dans lequel on doit insérer la corde ^ ensuite on passe le bout de cette corde par-dessus le rouleau, en commençant du sommier inférieur, et en continuant trois fois de suite ; après quoi on fait passer la corde par le trou de la table , et on Farréte au petit rouleau du 1;hevalet. On opère de la même manière , mais en sens invei'se , pour placer la seconde corde , et on la fixe sur le devant du coffre. On doit toujours examiner , en fiûsant cette opération , si la position de la manivelle est bonne.

Cornières. Les cornières, ou cantonnières , sont qua- " tre morceaux de fer , composés chacun de deux bandes égales , soudées en angle droit , qui se fixent aux quatre coins du coffre , et qui excèdent sa superficie d'uli demipouce environ. Cette élévation ne doit jamais surpasser répaisseur du châssis, pour que la presse ait assez de

TIRAGE. 30â

passage. Elles servent à maintenir la forme sur le marbre , au moyen de coins que Ton place entre elles et le châssis, hes cornières, étant fixées dans le bois du coffre par des vis, se reculent au besoin y lorsque le coffre est trop petit pour la forme ; ce qui se fait en remplissant rintervalle par des réglettes.

Couplets. Les couplets se composent de deux pièces de fer formant charnière, comme celles des portes ou des fenêtres; elles sont ainsi nommées parce qu'elles sont prises Time dans l'autre et qu'elles s'aooouplent ensemble. Il y en a de deux espèces dans la presse : ceux de la frisquette et ceux du tympan,

hes couplets de la frisquette servent à fixer la frisquette au tympan ; ils sont placés dans le bas de Tune et dans le haut de l'autre. Ils tiennent ensemble au moyen d'une brochette qui se place et se retire à volonté , suivant la nécessité d'attacber la frisquette au tympan ou de l'en détacher. Us sont au nombre de deux.

Les couplets du tympan fixent le grand tympan au coffre, c'est-à-dire aux cornières postérieures, llstien- ' nent l'un à l'autre par des vis dont les têtes tont placées en dehors de la presse.

. Crampons. Les crampons sont des morceaux de fer ou de cuivre , long^ d^vn pouce et demi', larges de sept lignes et épais de six , lesquels sont entaillés dans la longueur pour recevoir les bandes et faire glisser le coffre dessus. Us sont ordinairement au nombre de douze 9 savoir , six de chaque côté , et à égale dislance l'un

2o€ PARTIE II, CHAPITRE I.

de Tautre. Us sont fixés ayec d«s vis à la tabLe de la presse.

Grapaudine. La crapcutdine est une espèce de boite, ronde ou cai*rée à rextérîeur, mais arrondie dans Pin térieur, laquelle sert à recevoir la grenouille et à maintenir dans cette pièce Textrémité du pivot. Elle est également en fer.

EcROn. Uécrou est une pièce de cuivre qui traverse perpendiculairement le milieu du sommier supérieur , et dans laquelle s^emboite la vis. Uécrou doit avoir été fondu' sur la vis même , afin qu^il n^y ait d^autre jeu que celui des filets de Tune dans les cannelures de Tautre. LVc/vu est arrêté dans le haut du sommier par de petites vis au moyen desquelles il se démonte à volonté.

Il y a plusieurs écrous employés dans la construction de la presse , notamment ceux du chapeau, dea pointures , du tympan, etc.

Encrier. \J encrier se compose d^une planche de seize à dix-huit j)ouces carrés , et d^un rebord de six pouces dans le fond, et taillé en pente sur les côtés; c^est dedans que se placent Fencre, la palette et le broyon. \2 encrier est fixé à côté de la jumelle citérîeure à la hauteur de l'arbre, sur une planche qui recouvre le train de derrière de la presse. H est quelquefois garni d'un couvercle , soit en bois , soit en carton , pour garantir l'encre de la poussière pendant la nuit et les heures de repos.

C^ette pièce est inutile lonqu'on em^ie poor la tonche le ronleaa au lieu des balles.

ÉtaNÇONS. Les étançoiu sont des pièces de bois qui servent à oansolider la presse en la maintenant par le haut. Ils se placent sur le chapeau de la presse et se fixent au plafond suivant une direction oblique. Cette manière d'^étançonner convient aux presses isolées , mais quand il y en a plusieurs sur un i*ang, on emploie un autre moyen. Lorsque les presses sont bien alignées , on fait régner deux fortes barres de fer , en travers des chapiteaux et à Palignement des jumelles , sur toute Tétendoe . de la rangée. Les deux barres de fer sont fixées dans les murailles , et elles arrêtent chaque presse en portant sur leur sommet.

Frisquette. 1a frisquette est un cadre formé par quatre bandes de fer minces,^ et rempli par plusieurs feuilles de papier collées l'une sur Tautre , dont la réunion compose un carton de peu d'épaisseur et égal dans toute son étendue. Son wage est d'empêcher que les parties de la feuille de papier qui ne doivent pas porter d'impression, telles que les marges , et les pages blanches s'il doit y en avoir, ne reçmvent le frottement immédiat de la forme, qui est partout également imprégnée d'encre. A cet effet , les parties de la frisquette correspondant k celles de la forme qui doivent marquer an tirage sont découpées sur le papier' collé; et, les intervalles et le pourtour des pages demeurant toujours pleins à Isifris^ quette, le reste de la feuille se trouve ainsi masqué et à l'abri de toute maculation. La frisquette est quelquefois

aoa PARTIE ]^I, CHAPITRE I,

tendue en parcUemiiii ce quà loi dcnme^ plus de solidîté et prévient ainsi les accid^U qui pourraient arriTer. pendant le tirage. Une presse doit être munie de deux , trois ou quatre frisquettes, eu égsurd aux changements de formats. La. 'frisquette est fixée, au moyen d'une chaiTiière et de deux brochettes , à Textrémité supérieure du grand tympan , sur lequel elle s'abat après que la feuille de papier y a été placée. Une dés bandes latérales àe là frisquette, celle qui est du côté des chevilles de la presse , est coudée en forme de poignée a peu prés vers le tiers. C'est par cette partie que l'ouvrier la saisit lorsqu'il fait le moulinet ; on l'appelle Voreilie de la frisquette.

Godet. Le godet est une espèce, d'entonnoir , incrusté dans le haut du sommier supérieur, et qui sert à introduire de l'huile entre les filets de la vis. Ce godet est quelquefois garni d'un couvercle. Cette précaution est bonne, parce que les ordures qui pourraient se mêler à l'huile empêcheraient le jeu libre de la vis dans l'écroa.

Grain. Le grain de la grenouille est un dé d'acier creux sur lequel tourne l'extrémité du pivot.

Le grain du pipot est un petit morceau d'acier, incrusté dans la pointe du pivot , et qui tourne sur celui de la grenouille*

Ces deux grains sont faits du même acier et s'engrènent par£ûtement l'un dans l'autre , pour éviter qu'ils ne portent à faux , ce qui multiplierait encore les fréquents accidents résultant de ce qu'ils s'usent promptement et sont sujets à se casser.

Gbenouille. La grenouille est un uoroeau d'acier creux enchâssé dans la crapandîne , dans lequel toorne le pivot 81» un dé d'acier appelé grain, dont nous venons de parler.

Jumelles. Lca jumelles sont deux longues pièces de bois , pamllèles entre elles et perpendiculaires au sol , qui s'élèvent des deux côtés de la presse et qui soutieiment les sommiers. Elles s'assemblent par le haut dans une forte pièce de bois qu'on appelle le chapeau, et par le bas dans deux patins unis par une traverse. Elles s'appelaient autrefois les montante de la presse.

Manivelle. La manivelle sert à faire tourner le rouleau , soit pour rouler, soit pour dérouler le train de la presse. C'est un morceau de fer de la forme d'un demicercle, dont l'une des extrémités est fixée à la broche du rouleau , et l'autre porte un manche de bois par lequel l'ouvrier met le train en mouvement. La manivelle , dans sa position de repos , doit offrir l'image du c retourné.

Mabbre. Le marbre de la presse est la pierre ou le morceau de fonte qui est enchâssé dans le creux du cofire. Cest lui qui porte la forme que l'on veut tirer. U est placé sur une couche de son qu'on a soin d'étendre dans le fond du coffre, et il est fixé sur les côtés avec des réglettes qui remplissent exactement les vides, afin qu'il ne puisse pas se déplacer.

Maaghe-pied. Le marche ^ pied est une espèce de pupitre , doué sur le plancher à l'endroit ou les pieds

de rimprimeur s'arrêtent lorsqa^il tire le barreau. En l'exhaussant, il lui donne de la facilité pour arriver an coup, et en même temps il lui présente un point d'appui pour la position inclinée qu'il perdrait sur le niveau du sol.

Patins. Les patins sont deux morceaux de bois , unis par deux traverses, qui servent à assembler par en bas les deux jumelles. Us sont fixés dans le plancher par des boulons en fer.

Pivot. Le pivot est Textrémité inférieure de l'arbre de la presse. Il se termine par une pointe qui entre dans la grenouille.

Fi.kTiSE. hsipJatine est une pièce de fer fondu et bien uni, qui, étant abaissée sur le coffre de la presse par le moyen du barreau qui fait descendre la vis et la fait presser sur son sommet , opère , par le foulage qui en résulte , l'impression de la forme sur le papier. La platine e^t fixée aux quatre coins par quatre vis retenues par deux doubles branches appelées crémaillères, qui sont suspendues à l'arbre et descendent perpendiculairement. La platine d'une presse à un coup est de la grandeur du tympan , à deux oU trois lignes près dans tous les sens ; celle de la presse à deux coups n'est que de la moitié dans . la longueur , mais sa largeur est la même.

■ Pointures. Les pointures sont deux languettes de fer minces et plus on moins longues, terminées d'un bout par une double branche en forme de fourchette , et de l'autre par une pointe , ou ardillon , de trois à quatre

lignes de hauteur, et qui s'élève perpendieiilaiTeinent sur cette extrémité. Elles se placent vis-à-vis Vune deTautre sur les bords du tympan , dans le sens de sa longueur ; elles y sont fixées par des vis dont les rivures maintiennent leurs fourchettes ; les deux exti-émités armées de Tardillon s^avanoent en ligne droite vers le milieu du tympan. Les pointures pour Tin-douze se placent aux deux tiers du tympan , en allant de bas en haut; pour tous les autres formats, elles se mettent à égale distance de ses deux extrémités, inférieure et supérieure. Quelquefois, mais dans des cas très-rares, au lieu de les placer sur les bandes latérales du tympan, on les place perpendiculairement, c'est-à-dire sur les barres infénenre et

supérieure.

Leur usage est de percer les feuilles de papier de deux trous qui servent de points de repète à la retiration , afin que les deux pages de chaque Feuillet coïncident avec une exactitude parfaite. Elles tombent dans les crénures du

châssis.

11 y a des pointures à ressort, qui ne laissent passer Tardillon que de la longueur nécessaire pour éviter de déchirer le papier ou d'y fàdre des trous trop fortement marqués.

Rouleau. Le rouleau est un cylindre de bois, placé entre les poutrelles, qui , au moyen d'une corde roulée à l'entour et de la manivelle qui le fait tourner, opère le double mouvement qui fait avancer et rétrograder le train de la presse. Il est traversé horizontalement dans son centre par une broche en fer qui sort jusqu'au

aX9.: PARTIE II, CHAPITRE I.

mv«aa extérieur du berceau , et à laquelle a^adapte la manivelle* Le rouleau doit avoir sept pouces de diamètre. Souvent on lui en donne moins; mais il arrive alors que Touvrier a un demi-toui* de manivelle de plus à faire, d^où il résulte une double perte de travail et de temps.' Quand on emploie deux cordes au lieu d'une , le rouleau doit avoir dans le milieu un rebord semblaUe à ceux des extrémités , pour éviter qu'elles ne se mêlent.

Le rouleau du chevàUt sert à maintenir celui de la manivelle , au moyen de la corde qui part du second et se fixe sur la première avec une cheville de fer qui s^arrête sur la table.

Servante. La servante est un petit morceau de bois , placé dans la direction de Pexti'émité du train, et fixé, soit au plafond de la pièce , soit aux étançons de la presse, sur lequel porterie haut de la frisquette lors» qu'elle est déployée.

SoBCMiER. Le sommier est une pièce de bois épaisse et forte qui traverse d'une jumelle â l'autre , et qui s'y enchâsse au moyen de deux tenons pratiqués à ses deux extrémités , et de deux mortaises taillées dans les jumelles, n y a deux sommiers dans la presse : l'un supérieur, et l'autre inférieur. Le sommier supérieur est percé dans son milieu , et reçoit l'écrou de la vis , qui le traverse dans la direction verticale. Le sommier infi" rieur est celui sur lequel porte tout le train de la presse , lorsqu'il est roulé , et dans le moment du tirage. Il est encore plus épais que le premier , p^rce .que c'est lui

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qui suppprte tout le poi<U de la pression. L'un et l'au^ tre sont bombes àe& deux côtés , ce qui les consolide dans le milieu.

Les mortaiseff dans lesquelles sont enclavés les tenons du sommier supérieur ont deux pouces de jeu dans le liant et dans le bas , tant pour le mettre d'à - plomb que pour donner ou ôter du foulage. A cet effet on remplit l'excédant , de chaque côté , avec des cales de bois et de feutre , qu'on ajoute ou qu'on retranche suivant la nécessité. ^

Tablé. La table est une planche de chénè attachée sous le coffre , et de la même largeur ; elle a un pied de plus dans la longueur , du côté où elle porte le chevalet du tympan.

Tablette. La tablette est une planche composée de deux pièces, qui se joignent dans leur longueur , et se fixent , l'une et l'autre , dans les jlunelles au moyen de deux clefs en queue-d'aronde. Elles sont entaillées dans le milieu , pour laisser passer l'arbre de la presse, et sur les 6ôtés , pour les crémaillères. Cet^ pièce est maintenant d'un usage presque nul , et souvent même on la supprime.

Tbain. Le train est cette partie de la presse mise en mouvement à l'aide dé la manivelle , qui roule le coffre sous la platine et le déroule ensuite. Il se compose du coffre et du marbre, des deux tympans, de la frisquette et du chevalet. On peut , au besoin , changer le train d'une presse et le remplacer par un autre plus

3]4 PARTIE li, CHAPITRE I.

petit 0» plu» grand, lonque la natare de ToaTTage et la dimenfliaii des formes nécessitent ce changement. Le train de derrière est TassembLage formé par deux montants et deux Irayerses, qui soutient Textrémité des poutrelles et le corps entier de la presse. Il est surmonté d^une tablette sur laquelle est posé Pencrier. Il est important que 'toutes les parties en soient fortes et parfaitement jointes, puisque c^est de lui que dépend la solidité de toute la macliine.

Tybcpans. n y a dans la presse deux tympan», le grand et le petit.

Le grand tympan est un châssis de bois sur lequel est tendu \m morceau d^étoffe de soie. C'est sur lui que se placent les pointures, la marge, et successivement chacune des feuilles à imprimer. La bande à laquelle tient la frisquette est en fer. Le grand tymp€mlient au coffire dans sa partie postérieure, c'est- â- dire à rextrémité' de droite de la presse pi y est fixé par une double charnière qu'on appelle les couplets du tympan, ainsi que nous l'avons dit précédemment. Il est ordinairement de la même largeur que le coffre. Le grand tympan est percé , à chacune des barres qui mesurent sa longueur, de deux trous , placés l'un au milieu , l'autre aux deux tiers en montant, et destinés à recevoir les vis des pointures.

Le petit tympan est un cadre foimé par quatre bandes de fer assez minces, au-dessous duquel est collée une feuille de parchemin , ou de toile , rabattue sur les quatre côtés de ce châssis. Il est enclavé dans le grand tympan, auquel il tient dans le liautpar deux dents-

TIRAGE. ai5

dé'4oap minces et pointaes, qui pénètrent entre le bois et la soie, dans le bas par un crochet, et sur lés côtés par des tenons en queue-d'aronde. C'est sur lui que porte iqunédiatement la platine , quand elle est abattue par le> barreau.

Entre la soie du grand tympan et le parchemin du* petit sont placés les étoffes, le carton, et la mise eu train.

Vis. L^ vis a trois ou quatre filets ; mais le nombre de quatre est préférable , en ce que la pente est plus douce et indique par des nuances encore mieux marquées la gradation en foulage.

On appelle pas^de-vis les inten^alles creusés qui se trouvent entre les filets de la vis. Ils sont oi'diiiairement de la même largeur* que ces filets, comme correspondant à ceux de Técrou.

Il y a beaucoup d'autres vis employées dans la construction de la presse ; mais celle-ci est la vis de la presse proprement dite : par conséquent il ne sera question des autres que par occasion , et Ton ne croit pas nécessaire d'y consacrer des articles particuliers.

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