LAVAGE DE LA FORME
Lorsqu'une feuille est prête à être tirée , et qu'il ne doit plus en être fait aucune épreuve, l'imprimeur lave les formes , les rince , et les reporte an metteur en pages pour que celui-ci exécute les corrections du bon à tirer. Cet intervalle laisse aux formes le temps de se sécher; précaution nécessaire, car l'humidité de la forme a le double inconvénient d'oxider le marbre de la presse et d'empiêcher que l'encre ne couvre entièrement le caractère.
Les formes sont également lavées et rincées après le tirage. Souvent même lorsqu'un tirage est considérable , on lave la forme sans attendre qu'il soit terminé. On ne
doit pas tirer plus de trois mille sans recommencer cette opération, ni en général continuer le tirage lorsque le caractère devient gras.
La lessive dont on se sert pour laver les formes est une dissolution de potasse. La foime est mise à plat dans le baquet , et Van verse la lessive jusqu'à la hauteur de Tceil de la lettre. Puis on prend une forte brosse de soie de sanglier confectionnée pour cet usage , on la trempe dans la lessive, et on la promène sur la forme, jusqu'à ce qu'elle ne conserve plus à sa surface aucune trace d'encre. Après cela , on laisse écouler la lessive. Cette même lessive sert à laver d'autres formes, et ne se renouvelle qu'en raison de la diminution inévitable qu'elle subit. On relève la forme , et on la rince avec un seau d'eau , pour enlever la lessive qui y a pénétré* Cette dernière opération a pour but de faciliter au compositeur la distribution des lettres.
On se sert quelquefois d'essence de térébentliine pour nettoyer des lettres. Mais on ne doit recourir à ce corrosif que pour un lavage partiel et pour éviter le relevage de la forme.