FOUR5IER
Si le caractère n^est pas interligné, si le format est plein, le papier doit éti*e trempé un peu davantage; et pour quUl s^mboive également dans toutes ses parties , il est nécessaire qu'il reste plus long-temps dans cet état de moiteur.
Le papier se trempe de plusieurs façons , suivant sa coUe et son épaisseur. La plus usitée est la trempe au balai. C'est de cette manière que se trempent tousies papiers non collés; et ils entrent pour les trab quarts auip.oins dans ce genre de consommation.
L'ouvrier qui procède à cette opération se place à gauche de la bassine et devant une table placée de niveau , afin que l'eau ne se porte pas plus d'un côté que de l'autre. Il met une maculature sur la table , ouvre successivement chaque main de papier , et l'asperge le plus également possible avec un balai de fougère qu'il a plongé dans la bassine. 11 fait de cinq en cinq mains à la feuille de dessus, et du même côté, un pli qui fait déborder le coin de cette feuille. Les marques , c'est ainsi que s'appellent ces points de repère , suppléent pour l'ouvrier aux indications numériques qui lui manquent après que les mains ont été confondues.
Lorsque le papier se trempe à la main , on prend de la droite la main de papier du côté de la côte, et de la gauche on maintient l'extrémité des feuiUes , afin qu'elles restent serrées l'une contre l'autre. On la fait entrer dans la bassine du côté du dos , on la passe rapidement dans l'eau , on la laisse égoutter pendant quelques secondes, et on l'ouvre en mettant toujonn en dessous la partie trempée.
La trempe à la réglette est en usage pour les papiers collés et ouverts. On se sert de deux réglettes pour maintenir les feuilles que la main seule ne pourrait pas embrasser dans toute leur dimension. Le procédé du reste est le même que celui dont nous venons de parler précédemment.
Nous avons dit que le papier se trempait une fois par main. Il arrive souvent qu'en raison de sa nature ou de sa destination on le trempe deux fois , ou même davantage. Il faut , dans tous les cas , faire en sorte de prendre des paities égales , pour que cette régularité se reproduise à Pimpression.
Lorsque le papier est trempé, on le met en presse , soit entre deux ais et chargé, soit dans un pressoir. Cette dernière méthode est incontestablement préférable. La pression pouvant être beaucoup plus forte, le papier s'imbibe plus facilement; et comme elle porte également sur toutes les parties de la feuille , le d^ré d'himiidité est toujours identique.
Le papier se l'emanie après quelques heures de presse. Cette opération consiste à retourner alternativement des parties à peu près égales de feuilles dans un sens opposé, pour déplacer celles qui pourraient être plus sèches ou plus humides. Le papier doit toujours être remanié au moins deux fois, in-douze et in-octavo, et quelquefois davantage , selon sa trempe et sa lenteur à s'apprêter. En général , le papier ne saurait être remanié trop souvent, excepté dans un temps où le hâle pourrait lé sécher. Il faut toujours avoir soin, dans cette disposition de température , de le rafraîchir
sur les bords. Si au contraire il est trop trempé , il fiaut Texposer à Pair pendant quelques minutes , et le remanier de nouveau.
lorsque le papier est resté trempé plusieurs jours , l'ouvrier doit se tenir sur ses gardes, et examiner fréquemm^t sUl ne court pas le risque de s'avarier. Cet accident est ordinairement annoncé par une odeur particulière qui s'exhale du papier. En pareil cas on doit rétendre promptement et très-mincç ; c'^tla seule chance possible de conservation.
L^ouvrier reçoit ordinairement une main de plus par rame. Ce surplus s'appelle ]a. passe ou le chaperofif Il est destiné à parer aux défectuosités qui surviennent pendant le tirage , indépendamment de celles que rendent inévitables la marge et la mise en train.