‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 9 sur 128 · FORCES DE CORPS · texte numérisé non relu

FORCES DE CORPS

EN POIMTS.

Perle 4

Parisienne ou Sédanoîse 5

I Nompareille. •• 6

Mignonne. •••• 7

Petit-Texte 7f

Gaillarde ^

Petit - Romain. . . . ' 9

Philosophie 10

Gicéro • . . • 11

Saint -Augustin 12

Gros -Texte 14

Gros -Romain 16

Petit -Parangon 18

"Gros -Tarangon 20

Palestine 22

Petit-Canon 26

Trismégiste 33

Gros-Ganon • 42

Double-Ganon ^6

Triple-Ganon » 72

Grosse -Nompareille "• . . 96

On appelle caractère romain célm dont la forme est . le plus généralement usitée dans les pays où Timprimerie est comme. CTest de lui qu'on se sert pour toute la partie courante d^un livre ; on ne recourt à d'autres que dans des cas exceptionnels. On l'appelle ainsi parce que ce fut van. imprimeur de Rome qui, vers la fin du quinzième siècle, substitua les formes de ce caractère à celles du gotluque, les seules que la typographie européenne eût adoptées jusqu'alors. Le caractère italique est couché comme l'écriture, et prend quelquefois ses formes, bien que plus ordinairement il ne soit autre chose que le romain penché. Cette dénomination lui vient de ce que, peu d'années après la découverte de l'imprimerie , Aide Manuce, célèbre imprimeur de Venise, se servit le premier de caractères de ce genre, qui reçurent alors et ont conservé jusqu'ici le nom du pays ou ils avaient été inventés. On l'emploie pour faire ressortir des mots ou des phrases que l'on veut singulariser , des expressions an des pensées sur lesquelles on veut fixer l'attention du lecteur. Chaqae caractère romain doit avoir un italique qui lui corresponde , c'est-à-dire qui soit fondu sur le même corps , dont l'œil ait la même hauteur, et dont les talus soient les mêmes, de manière à ce que l'alignement soit bien observé. Comme il arrive raremoit que dans une composition , quelle qu'elle soit , il ne se présente pas quelque occasion de l'employer ^ une casse italique est d'une nécessité rigoureuse. Un caractère romain sans italique serait aussi incomplet qu'une casse dépourvue de capitales. Seulement 1 italique, étant d'un usage beaucoup moins fréquent, doit

b PARTIE I, CHAPITRE I.

entrer, sur la police de fonte, dans une proportion bien inférieure.

Outre les deux sortes de caractères que nous venons de faire connaître comme étant d^un usage incontestablement plus général que tous les autres, il en existe plusieurs autres espèces réunies sous la dénomination générique de caractères d'écriture. Telles sont, par exem* pie, la coulée, la bâtarde, la gothique , la ronde et Vanglaise ou cursive. Les deux premières, et parliculièi'ement la seconde , se rapprochent des formes de Fitalique et sont penchées ainsi que lui •, mais elles en diffèrent totalement sous le rapport des majuscules ; quelques lettres du bas -de -casse reçoivent chacune deux et quelquefois trois formes différentes, suivant qu^elles se trouvent placées au commencement, dans rintérieur ou à la fin d^un mot. Elles n^ont pas de petites majuscules , non plus que tous les caractères d^écriture.

La gothique ne diffère de la casse ordinaire que par ce seul trait distinctif. Quant à ses formes, elles ne sont soumises à aucun type déterminé ; elles varient non-seulement suivant les temps et les pays, mais encore , indépendamment de ces conditions , suivant la diversité des goûts, qui en fait un caractère de fantaisie. Elle éprouve en cela le sort des objets inventés pour flatter nos caprices; si la mode n^y apporte de fréquentes modifications, elles perdent cette singularité qui est la base de leur existence.

La ronde et Vanglaise , s^écartant beaucoup plus que les autres caractères des conditions générales, exigent

quelques développements particuliers qui fiusent connaître les difficultés qui résultent de cette anomalie pour le travail de la composition.

U anglaise on cunive n'a aucune analogie, sous quel* que rapport que ce soit , avec le caractère romain , ni même avec la plupart des autres caractères d'écriture; le système actuel de sa gravure et de sa fonte lui assignent on rang entièrement isolé.

La cursive (c'est ainsi qu'on l'appelait d'abord) était primitivement un caractère qui , adoptant les formes de l'écriture, n'admettait point cependant la liaison deslet*tres entre elles, et en cela différait peu de l'italique. Un typographe (i), non moins célèbre comme graveur que comme imprimeur, sentit la nécessité de substituer i une méthode aussi imparfaite un système qui satisfît complètement le but d'imitation auquel il tendait. Jusque-là on s'était borné à donner à ce caractère des formes perfectionnées; mais les difficultés d'innovation n'avaient point été vaincues. On n'avait point cherché , on plutôt on n'avait pas réussi , à effectuer la réunion d'une lettre teiminée par un délié avec la suivante lorsque celle-ci commen<^t de même : cette liaison cependant est le siçie essentiel et caractéristique de l'écriture expédiée. La solution de ce grand problème typographique , qui avait été pour son inventeur lui-même l'objet de recherches nécessairement longues et pénibles, couronna ses travaux d'une réussite complète. Voici de quelle maniera il fut résolu.

(i) M. Finnia Didot.

La forme sur laquelle, depuis Torigine de Tart, les lettres avaient été^ fondues, celle d^un parallélipipède rectangulaire, se refusait à cette liaison si nécessaire à obtenir. 11 faUait faire subir à la lettre entière Tinclinaison que Ton donnait à Toeil. En conséquence, les faces supérieure et inférieure de la lettre, celles de la tête et du pied, au lieu d^élre des rectangles , derinrent des parallélogramines ; et les lignes latérales à Tceil de la lettre, celles dont la distance récipixxjue mesure son épaisseur , au lieu d^étre perpendiculaires , prirent une direction oblique. Mais , comme les lettres, ainsi fondues, n'auraient ^u se soutenir dans le composteur, on imagina de fondre , pour le cotnmencement et pour la fin de chaque ligne, des cadrats en forme d^équerre destinés à maintenir Taplomb. De plus, chacune des faces latérales de la letti^e porte un épaulement en sens contraire, dans lequel s^engrènent toutes les lettres de la ligne, de manière qu^elles semblent ne former qu'une pièce. Les espaces et les cadrais sont faits suivant cette méthode, qui donne aux lignes et aux pages plus de so^ lidité que n'en ont les compositions ordinaires.

Le genre d'écriture que la gravure a adopté pour modèle a fait donner à la cursive la dénomination spéciale à! anglaise. L'exemple suivant fera comaaitre quelquesunes des lettres , parties ou combinaisons de lettres , qui sont contenues dans la casse d'anglaise, et donnera uii£ idée de la méthode de composition particulière à ce caractère.

On remarquera que plusieurs de ces lettres sont courtes ou longues, c'est-à-dire à délié court ou long; les

premières s'emploient devant les lettres rondes, les autres devant celles qui commencent par un jambage droit.

La même lettre se compose de différents assemblages , suivant que sa position est initiale, intérieure ou finale.

EXEMFIiE:

H Nous sommes trop près encore des premiers jours de rimprimerie pour mesurer son influence ^ nous en sommes déjà trop loin pour connaître avec certitude les circonstances de son origine. » (M. Daukou.)

e^^ j O'9'j^nej ae^a âf^oA cai^t^

FOURIflER.

La ronde est un caractère droit dont pLttsieun lettres sont liées les unes aux autres suivant leur poûtion respective, réunion que la plume efifectue dans ce genre d'écriture. Pour donner une idée plus exacte et plus complète de ce système de fonte, nous allons présenter un exemple de la composition de ce caractère»

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