‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 8 sur 128 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE LA COMPOSmOif.

GABAGTÈBE.

LiE8 personnes qui ne connaissent pas le langage de la typographie, une partie même de celles qui sont initiées aux secrets de cet art, font le mot ccurcLctère synonyme du mot lettre. Cette erreur, si toutefois Ton peut qualifier ainsi leur opinion , pose sur des bases assez naturelles , et serait facile à justifier. En effet le mot caractère, appliqué à Vécriture , désignait originairement un signe quelconque ayant pour but de matérialiser une pensée , et de la rendre perceptible aux yeux , soit que ce signe représentât une lettre , un jnot, ou même une phrase* Mais ce teime, pris ici dans son acception didactique, veut dire, par extension,- l'ensemble de toutes les dÎTerses sortes de lettres qui composent la casse , et conséquemment qui sont fondues avec identité d'œil et

de corps. Les caractères , étant faits pour être combinés ensemble, doivent tous avoir la même hauteur; c^est seulement par la force de corps et par une épaisseur proportionneUe qu^ils varient entre eux. La première de ces conditions, ainsi quVn va le voir, est ce qui détermine la dénomination de chacun.

Les noms primitifs des caractères d'impiimerie étaient purement conventionnels. La plupai*t étaient empruntés du titre des ouvrages ou du nom des auteurs dont rimpressîon avait donné lieu au premier emploi de ces caractères f les autres venaient d'origines aujourd'hui inconnues. Ces dénominations, qui remontent en partie à la découverte de Part, ont été, malgré leur barbarie, perpétuellement transmises par la force de Tusage, et se sont maintenues jusqu'à nos jours. Un habile typographe a senti la nécessité de substituer à ces appellations arbitraires ime nomenclature expressive , régulière et durable. Il a imaginé d'affecter à leurs ncmis les mêmes proportions qui existent entre leurs formes matéiielles; et pour cela il s'est servi d'une mesure commune, qu'il a appelée poin^ typographique, et qui est la sixième partie d'une ligne. La force de corps étant une condition particulière à chaque caractère , et de plus la seule dimension conunune à toutes ses lettres, le nombre de prâits qui y était contenu a servi à désigner chacun d'eux. Ensuite y comme on a reconnu que l'œil n'était pas toujours dans un rapport exact avec le corps conformément aux proportions ordinaires des talus, on y a ajouté dans ces cas-là les qualifications de groi-ceil cfa de petit^œiL

Nous avons réuni dans le tableau suivant les espèces de caractères les plus connues.

n indique , !<> l'ancienne nomenclature , a» le nom^ bre de poinls contenu dans chacun, ce qui constitue, comme nous Tavons dit précédemment , les nouvelles dénominations. Seulement , comme auti*efois les caractères n'avaient point de mesure commune, qu'ils étaient fondus sur des corps arbitraires, et que , d'après le nouveau système, il a fallu les déduire en général à un nombre entier de points typographiques , il existe nécessairement encore de légères varia lions entre les forces de corps des anciens et celles des nouveaux qui leur correspondent.

Nous n'avons pas jugé à propos de présenter à la suite de ces indications des modèles des différents caractères énumérés dans le tableau , convaincu d'avance que notre t^che n'aurait pu élre qu'imparfaitement remplie. Les fonderies ne s'étant point toutes assujetties à cette mesure identique , ni sous le rapport de l'œil , ni sous celui de la force de corps elle-même, il en résulte une diversité doublement marquée entre les caractères de même degré. Une telle considération nous a arrêté dans l'exécution de eette partie de notre travail, à laquelle naas désespérions de pouvoir donner une exactitude théorique.

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